Festivals 21/01/2026

Et vogue “Le Court” 2026 !

Il fallait bien un paquebot fellinien sur son affiche pour annoncer le retour du plus grand festival de courts métrages de la planète ! Depuis peu rebaptisé “Le Court”, il prendra place à Clermont-Ferrand, dans ses lieux habituels, entre le 30 janvier et le 7 février, avec ses trois compétitions et ses multiples séances spéciales et rétrospectives. La ruche du Marché du film bourdonnera, quant à elle, entre le 2 et le 5.

C’est quasiment l’Everest du court, toujours impressionnant à appréhender, donc l’une des solutions est peut-être de se donner dix pistes pour se tailler un chemin au cœur de l’imposante proposition livrée aux fans du format durant une bonne semaine (et pour feuilleter le catalogue en ligne, c’est par ici !).

1. La compétition nationale, entre habitué(e)s et néophytes :

Comme chaque année, on retrouvera parmi la cinquantaine de films sélectionnés certains qui sont signés de cinéastes aux noms familiers, tels Sébastien Betbeder (L’éternité), Arthur Cahn (Rives), Sandra Desmazières (Fille de l’eau), Adrian Moyse Dullin et Jawahine Zentar (Soleil pâle), Pierre-Luc Granjon (Les bottes de la nuit, réalisé sur écran d’épingles), Agnès Patron (Une fugue) ou encore Guillaume Senez (Ce qui n’existe pas n’existe pas, co-réalisé avec Franck Morand et Lazare Gousseau).

On suivra aussi la suite du parcours d’autres personnalités déjà remarquées à telle ou telle occasion, comme Nicolas Giuliani (Seule la tendresse), Joséphine Ha (La cure thermale, photo ci-dessus), Joachim Hérissé (La robe peau), Emma Séméria (Quand tu joues), Frank Ternier (L’étrange humeur adolescente) ou encore Aude Thuries (Saillie).

Plusieurs incontournables du circuit festivalier des derniers mois ou semaines répondront eux aussi à l’appel : le docu Au bain des dames de Margaux Fournier, Fanny à la plage de Raphaëlle Petit-Gille, Samba infinie de Leonardo Martinelli (photo ci-dessous), Suleimani de Vinnie Ann Bose (en animation de volumes), Vultures de Dian Weys.

2. Côté XR, ça va (encore se bousculer au portillon) :

C’est l’un des spots les plus courus du festival désormais, les créneaux sont chers pour découvrir les œuvres en compétition. Elles sont cinq cette année, aux durées comprises entre 20 et 40 minutes, à savoir Impulse : Playing with Reality de May Abdalla et Barry Gene Murphy (Royaume-Uni/France), La maison de poupée de Dominic Desjardins et Charlotte Bruneau (Canada/Luxembourg), La fille qui explose de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (la version “flat” du film était présenté au festival l’an dernier), Si tu vois un chat d’Atsushi Wada (Japon), Un long adieu de Victor Maes et Kate Voet (Belgique/Luxembourg, Pays-Bas).

Il y aura aussi d’autres expériences à effectuer en la matière dans le cadre d’un panorama réunissant six titres supplémentaires, dont 5 grammes de safran de l’Iranienne Négar Motevalymeidanshah (également au sommaire de Bref 131).

3. Il est beau, il est beau, le Labo :

24 titres, de l’expé, de la fiction hybride, du documentaire, et de nombreux pays de productions. Et les présences à noter du duo Axel Danielson/Maximilien Van Aertryck avec Death of a Fantastic Machine, de Jocelyn Charles avec Dieu est timide, de Nicolas Gourault avec Their Eyes et de Randa Maroufi avec L’mina. Olivier Smolders présentera sa dernière création, Souvenirs d’un ami, tout comme, dans un genre forcément très différent, Nieto (avec Um, visuel ci-dessus).

4. L’internationale sera le genre humain :

12 programmes, 62 films, tous les continents représentés. De nombreuses coproductions entre la France et beaucoup d’autres pays – par exemple Haïti (Cœur bleu de Samuel Suffren), les Philippines (Agapito, vu à Cannes en première mondiale en 2025) ou l’Ukraine (Unaivalable de Kyrylo Zemlyanyi et L’œuf de Pâques de Mykola Zaseiev). Deux Sud-Coréens (Le coing de Baek So-hye et L’aube des indésirables de Park Hae-Oh), trois Espagnols (dont Casi septiembre de Lucía G. Romero et Folle de toi de Greta Díaz Moreau – photo ci-dessus) et des cinématographies moins systématiquement représentées (le Nigéria avec Obi est un garçon, la Jordanie avec Kentucky Gaza).

Et sinon, un film associant France, Égypte et Qatar (dont le réalisateur est Khaled Moeit) s’appelle Zizou, en cette année de Coupe du monde et vingt ans après le célèbre coup de boule (photo ci-dessous).

5. Déjà la tête aux vacances !

La rétro de l’année aura un goût estival. Sous-titrée “Voyage, voyage”, because le tube planétairement connu de qui vous savez, elle inclura des classiques qui n’auraient pas pu être ignorés – Jeux de plage de Laurent Cantet, Une robe d’été de François Ozon – avec de belles copies restaurées, parfois très fraîchement comme pour Quinze août de Nicole Garcia (à qui la rubrique “Histoire d’un court” du nouveau numéro de la revue Bref est consacré) et Les vacances d’Emmanuelle Bercot, avec Isild Le Besco gamine.

Pas mal de films programmés l’ont aussi été sur notre plateforme, les critiques y sont donc disponibles à la lecture : All Inclusive de Corina Schwingriber Ilic (qui siégera au jury internationale), Blind Sex de Sarah Santamaria-Mertens, La bouche en cœur de Manon Tacconi, Les grandes vacances de Valentine Cadic, Ibiza d’Hélène et Marie Rosselet-Ruiz et Lila de Broadcast Club. 

De l’anim’ sur la thématique aussi, à travers les césarisés Été 96 de Mathilde Bédouet et Beurk ! de Loïc Espuche. 

6. La prod’ en vue : Don Quichotte Films.

Lauréate du Prix Procirep en 2025, la société de production s’est vue proposer la carte blanche qui va avec l’année suivante et a choisi de montrer La guerre des centimes de Nader S. Ayache (produit par le Grec), Après le soleil de Rayane Mcirdi, qui sera très prochainement disponible sur Brefcinema, et Malabar de Maximilian Badier-Rosenthal (photo ci-dessus), soit une prod’ de la maison, tout de même…

7. Entre Asie du Sud-Est et Afrique

Le cycle dédié à une cinématographie nationale en particulier englobera cette fois plusieurs nations d’une même aire géographique, à savoir l’Asie du Sud-Est, en 25 films et 4 programmes. Donc le voyage filmique entraînera vers le Cambodge, l’Indonésie, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le Vietnam. Les spécialistes de ces cinémas souvent méconnus connaissent sûrement néanmoins les noms de Ratchapoom Boonbunchachoke et d’Amanda Nell Eu, passés au long métrage ces derniers temps avec, respectivement, Fantôme utile et Tiger Stripes. La seconde avait déjà œuvré dans le fantastique avec Indomptables, en 2017 (photo ci-dessus).

Par ailleurs, les amateurs de la traditionnelle section “Regards d’Afrique” se régaleront comme il se doit, notamment via un court métrage de Rachid Bouchareb, le documentaire Boomerang Atomic, ou une réalisation de l’excellent comédien Cyril Gueï, Celui qui pleure (photo ci-dessous).

8. Court d’histoire : le regard tourné vers la Palestine

Une séance unique, sur réservation, qui a ses fidèles. Avec des films et une conférence d’un intervenant, souvent universitaire. Cette année, les archives cinéma de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) seront mises en lumière, avec l’expertise d’Hugo Darroman.

À voir aussi, sur la thématique du conflit au Proche-Orient, la collection Ground Zero II, composée de quatre courts documentaires récents. 

9. Deux séances de genre pour le fun

Parmi les programmes spéciaux, certain(e)s les cochent tout spécialement dans leur agenda de la semaine, que ce soit sur le volet du polar (à travers six exemples, dont Avec l’humanité qui convient de Kasper Checinski et The Last Ferry from Grass Island de Linhan Zhang, déjà apprécié sur Brefcinema) ou lors de la “Bloody Night” du vendredi soir, spécialement dédiée à l’Asie du Sud-Est, avec notamment le sanglant Quai Sisowath de Stéphanie Lansaque et François Leroy.

10. Des rencontres tous azimuts, dont la rituelle table ronde dominicale de Brefcinema :

Impossible de lister tout ce qui déroulera à la Maison de la culture, au marché du film et dans les environs entre le 30 janvier et le 7 février. Sachez seulement que nous vous attendons, le dimanche 1er à 14h30, en salle Traversée centrale de la Comédie, pour une rencontre ouverte à tout le monde. Intitulée “Cinéastes européen(ne)s pour courts métrages français”, elle permettra de converser avec Róisín Burns, dont le film Wonderwall connaît un très beau succès depuis sa sélection à la Semaine de la critique en mai 2025, et avec Dorian Jespers, réalisateur de Loynes, présenté en compétition internationale. Au plaisir de vous y voir !

Christophe Chauville

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