Festivals 08/04/2026

On ne se Brive jamais de rien avec le moyen métrage !

Le Festival du cinéma de Brive se profile, avec une 23e édition qui se tiendra dans la cité corrézienne entre le 20 et le 25 avril. 26 moyens métrages récents seront en compétition, tandis que le reste de la programmation promet, comme toujours, son lot de raretés.

C’est un film d’Abel Gance, Au secours !, qui illustre directement l’affiche très “munchienne” de l’édition 2026 du festival, sera diffusé en “ciné-concert dansé” et s’avance en nouvelle preuve du constant intérêt de l’équipe organisatrice, réunie autour de Giulio Casadei, envers le cinéma de patrimoine, en plus de la production contemporaine liée à ces formats spécifiques compris entre la demi-heure et l’heure de projection.

De fait, on pourra suivre à Brive une cérémonie d’ouverture placée sous le signe éternel de Marylin, au moment où la Cinémathèque française lui rend hommage, avec l’un des premiers films de la star, datant de 1948 : Les reines du music-hall de Phil Karlson, qui rentre dans une durée de 60 minutes.

La rétro “À l’aventure”, ensuite, comprendra de nombreux films rares, venus de tous les coins de la planète et si le Kwaidan de Masaki Kobayashi, prochainement réédité chez Carlotta Films, photo ci-dessous et qui réunit en vérité quatre moyens métrages, est très célèbre, des productions venues d’Iran (Safar de Bahram Beizai, 1972), du Niger (Le retour d’un aventurier de Moustapha Alassane, 1966) ou du Kirghizistan (White Mountains de Melis Ubukeyev, 1964) le sont beaucoup moins…

À suivre aussi, une séance réunissant deux “Histoires insolites” de Claude Chabrol, période années 1970 – La boucle d’oreille et Une invitation à la chasse, qui durent respectivement 55 et 52 minutes – et le traditionnel créneau de partenariat liant L’Agence du court métrage à la manifestation, dans lequel La république de Nicolas Pariser (2010) répondra à Tous à table d’Ursula Meier (2001), soit deux films diffusés par le passé sur Brefcinema.

Le moment spécial dédié aux films régionaux mettra en lumière À marée haute de Camille Fleury (photo ci-dessus) et Le jour où j’étais perdu de Soufiane Adel, tandis que le cinéma d’animation ne sera pas oublié – à travers le traditionnel volet jeune public, mais aussi un focus autour de Beethoven Wars d’Antonin Baudry et Arthur Qwak.

Bien sûr, la compétition représente toujours le cœur battant du festival, on y vient, en soulignant d’abord la présence toujours forte de la France au sein de la sélection (une quinzaine de titres sont produits dans l’hexagone ou co-produits par une société française, soit plus de la moitié). Et si Seule la tendresse de Nicolas Giuliani (photo de bandeau) a déjà été apprécié cette année à Clermont-Ferrand et alors que le dernier film de Jérôme Reybaud Un balcon à Limoges s’apprête à sortir en salles (le 29 avril), beaucoup de nouveautés seront projetées en première mondiale ou quasiment…

On verra ainsi des films tous neufs et sans doute tous beaux signés, entre autres, Bijan Anquetil (Mouton noir, cheval blanc), Frédéric Bayer Azem (Ambroise), Jeanne Delafosse (Mona et ses voix), Christelle Lheureux (Myrtille la nuit, photo ci-dessus), Bertrand Mandico (Tableaux d’une exposition), Juliette Marrécau (Chère Marcelle) ou encore Éléonore Saintagnan (Ver-Vert).


Notons qu’un grand nom du cinéma international sera présent, en l’occurrence l’Iranien Mohammad Rasoulof, avec Sense of Water. Bien identifié des publics cinéphiles lui aussi, l’Islandais Hlynur Pálmason – à qui l’on doit notamment, côté longs métrages, Godland et L’amour qu’il nous reste – présentera sur 60 minutes sa propre Joan of Arc (photo ci-dessus). Voilà qui est pour le moins alléchant !

Christophe Chauville

À lire aussi :

- Le palmarès du Festival du cinéma de Brive 2025.

- Sur Le diable n’existe pas de Mohammad Rasoulof, sorti en décembre 2021.