Festivals 11/02/2026

Des Regards satellites en orbite dans le ciel du 93

Pour sa 4e édition, le Festival Regards Satellites – qui fait suite aux Journées cinématographiques dionysiennes – déploiera entre le 13 et le 22 février, à Saint-Denis et ses environs, une programmation placée sous le signe du thème générique “Écrans libres et constellation militante”. Beaucoup de courts métrages seront au menu pour l’occasion.

Le rendez-vous est toujours prometteur de qualité dans la proposition. Regards satellites #4 ne faillira pas à la règle, avec sa kyrielle de séances liées avec ses différents volets, à commencer par sa compétition de premiers ou seconds longs métrages, où seront à découvrir entre autres le dernier film du duo Alexia Walther/Maxime Mathay, Affection affection, mais aussi Forastera de Lucía Aleñar Iglesias (photo ci-dessous) et Une année italienne de Laura Samani (qui sortira en France en juin).

Il y aura aussi beaucoup de courts métrages, au sein des rétrospectives en premier lieu. Ainsi, la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid – dont on pourra bientôt voir en salles le nouveau film, À voix basse – présentera deux de ses films courts : Soubresauts (2011) et Zakaria (2013), que l’on a pu voir sur Brefcinema par le passé.

Le Portugais Pedro Pinho, remarqué l’an dernier avec son film Le rire et le couteau, montrera pour sa part un programme de courts métrages qu’il a produits : Quando a terra foge de Frederico Lobo (photo de bandeau), Altas cidades de Ossadas, de João Salaviza, Tudo o que imagino de Leonor Noivo ou encore le magnifique Maria do mar de João Rosas (photo ci-dessous).

Et puis, on pourra découvrir deux courts métrages de la théoricienne du “male gaze”, la Britannique Laura Mulvey : Amy! (1980) et Frida Kahlo and Tina Modotti (1983).

Un hommage rendu à son compatriote Peter Watkins, disparu à l’automne 2025, permettra de se tourner vers les films amateurs de ses débuts, avec le documentaire Peter Watkins and the Playcraft Film Unit de Tim Jones (2017, 29 min), en plus de la projection de quatre de ses œuvres courtes, dont le très rare The Web (1956), mais également Les visages oubliés, Journal d’un soldat inconnu et La bombe, lauréat de l’Oscar 1967 du meilleur documentaire.

Autres séances à cocher dans son agenda, celle que propose la réalisatrice et chercheuse Amandine Gay dans le cadre de l’“Écran libre” qui lui est confié en avant-première de sa contribution à la Cinémathèque idéale des banlieues du monde. Elle mettra en regard le méconnu Les princes noirs de Saint-Germain-des-Prés de Ben Diogaye Beye (1975) et Un dessert pour Constance de Sarah Maldoror (1979), une cinéaste à qui la manifestation avait rendu hommage l’année dernière.

Quant à Pierre Mazoyer, qui est directrice de la photographie et étalonneuse, le programme de courts métrages issus de sa filmographie qui sera projeté (le samedi 14 à 15h30) comprendra S’il-vous-plaît arrêtez tous de disparaître de Laura Thomassaint (2022, photo ci-dessus) et Conte cruel de Bordeaux de Claire Maugendre (2021).

Last but not least, un cycle consacré aux nouveaux regards documentaires intégrera deux programmes de courts, l’un accompagnés par le Collectif 50/50 autour du motif “Repenser le rapport entre personne filmant et personne(s) filmée(s)”, avec Grands garçons de Chriss Itoua (actuellement disponible sur notre plateforme), Au bain des dames de Margaux Fournier et frágil como una bomba de Tomas Cali (photo ci-dessous), en présence des trois cinéastes.

Trois autres courts métrages documentaires tout aussi remarquables illustreront la problématique suivante : “Quelle place dans la narration ?”. On y retrouvera Berthe is Dead But It’s OK, de Sacha Trilles, +10k de Gala Hernández López et Chaos et café froid de Joséphine Reboh.

Une Nuit qui fera se succéder des films “ferroviaires” (dont le Compartiment n°6 de Juho Kosmanen et le cultissime polar urbain de Walter Hill Les guerriers de la nuit) est aussi en vue, en plus d’un copieux volet jeune public. Au sein de celui-ci seront entre autres présentés en avant-première Planètes de Momoko Seto et La danse des renards de Valéry Carnoy. 

Christophe Chauville

À lire aussi :

- Sur l’édition 2025 de Regards satellites.

- Au bain des dames nommé aux César 2026.