Extrait

The Wandering Ghost

Félix de Givry

2023 - 14 minutes

France - Fiction

Production : Remembers

synopsis

Il y a une chose que vous devez savoir : tous les fantômes, pour pouvoir traverser vers l’autre rive, doivent repasser au moins une fois par l’endroit où ils sont nés. Sauf que lui, ne se souvient de rien. Jusqu’à ce soir là...

Félix de Givry

Né en 1991 et passé par Sciences Po Paris, Félix de Givry est un réalisateur et producteur français, qui a débuté comme acteur, au cinéma, au début des années 2010, dans les longs métrages Après mai d'Olivier Assayas et Eden de Mia Hansen-Løve.

Il a franchi le pas de la réalisation avec le court métrage Journée blanche, récompensé en 2017 au Festival de Cabourg, avant de fonder avec Ugo Bienvenu la société de production Remembers, qui est également un studio de cinéma d'animation, en 2018. Les deux associés co-réalisent l'année suivante un court métrage pour la 3ème Scène de l'Opéra de Paris : L'entretien

Félix de Givry signe un autre court, The Wandering Ghost, en 2023, avant de se tourner vers un premier long métrage, Adieu monde cruel, présenté en 2026 au Festival de Cannes, en clôture de la Semaine de la critique.

Il est aussi à la fois le coscénariste et l'un des producteurs d'Arco, premier long métrage de son complice Ugo Bienvenu auréolé d'un ample succès festivalier, critique et public en 2025.

Critique

Produit par Ugo Bienvenu, The Wandering Ghost, troisième court métrage de l’acteur-réalisateur Félix de Givry (1), est à la fois un film “à la manière de” et une rêverie romantique où affleurent déjà les univers de Bienvenu (Arco) et donc Givry lui-même (Adieu monde cruel).

The Wandering Ghost – littéralement “le fantôme vagabond” – est un conte spectral raconté par une voix off (celle du metteur en scène britannique Dan Jemmett). Pour passer de l’autre côté, ces derniers doivent retrouver le lieu de leur naissance… L’histoire est ici celle d’un fantôme amnésique. The Wandering Ghost se présente alors comme un road movie sans voiture, porté par un personnage sans visage : une âme anonyme condamnée à errer dans un monde désert et solitaire. Le film devient une rêverie sur des paysages à la fois vides et habités : un littoral chahuté, des plaines sans relief, les plis arides des sommets, puis un mas, une maison où les images semblent peu à peu revenir.

Avec ce film tourné dans un élégant noir et blanc, bercé par les Nocturnes de Debussy – compositeur fétiche du cinéma fantastique et horrifique –, Félix de Givry rend hommage aux productions de la RKO d’hier. Schoedsack, Siodmak, Tourneur ou peut-être encore Wise semblent avoir nourri le moodboard de ce film où même les effets spéciaux – un fantôme en 3D incrusté sur des prises de vue réelles – paraissent venus d’un autre âge.

Derrière son apparente légèreté et sa mièvrerie assumée, cette histoire de fantôme errant relève pleinement des univers de Bienvenu et de Givry : un cinéma hanté par l’absence, le vide, la solitude et la mort, où la mémoire constitue l’un des motifs essentiels.

On rappellera que Bienvenu et Givry ont fondé ensemble une société de production dont le nom même – Remembers – est placé sous le signe du souvenir. Avant The Wandering Ghost, ils avaient déjà cosigné L’entretien, un court métrage produit par les Films Pelléas pour la 3ème Scène de l’Opéra de Paris, dans lequel un robot – une animation 3D intégrée sur des prises de vues réelles – s’installe dans l’Opéra Garnier désert et lance la projection d’un spectacle de danse où apparaît, spectrale, la danseuse étoile Amandine Albisson.

Enfin, rappelons qu’à la Semaine de la critique de Cannes, Félix de Givry présentait cette année son premier long métrage, Adieu monde cruel. Tourné en 16 mm et nourri du cinéma français des années 1975-1985, ce film qui a divisé la critique constitue lui aussi une histoire de fantômes où se croisent mémoire intime et mémoire collective, comme si le passé ne cessait, chez Givry, de revenir hanter le présent.

Donald James

1. Félix de Givry a débuté comme comédien dans Après mai d’Olivier Assayas (2012) et Eden de Mia Hansen-Løve (2014), dont il tenait le rôle principal.

Réalisation et scénario : Félix de Givry. Image : Tara-Jay Bangalter et Félix de Givry. Montage : Sanabel Cherqaoui. Son : Arnaud Toulon. Animation : Simon Cadilhac et Axel Mechin. Interprétation : Paul de Givry et Alma Jodorowsky. Voix off : Benoît Allemane. Production : Remembers.

À retrouver dans