Extrait

L’heure bleue

Antoine Bonnet, Mathilde Loubes

2023 - 5 minutes

France - Animation

Production : Les Films Pelléas

synopsis

Un orchestre s’accorde sur une plage. Au loin, une tempête se prépare…

Antoine Bonnet

Originaire d'Ardèche, Antoine Bonnet a étudié le concept-art et la pré-production à Bellecour, école d'arts lyonnaise, puis aux Gobelins, à Paris, où il participa à plusieurs projets en tant que co-réalisateur, animateur, color et background artist.

Passionné par l'illustration, le cinéma et la mode, il réalisait en 2019 son premier film en duo avec Mathilde Loubes : Un diable dans la poche. Le film fut notamment présenté au Festival Premiers plans d'Angers et à la Berlinale, dans la section “Generation Kplus”.

Le duo se reformait en 2023 sur L'heure bleue, dans le cadre de la 3e Scène de l'Opéra national de Paris, en coproduction avec les Films Pelléas.

Mathilde Loubes

Passionnée par le cinéma et l'illustration, Mathilde Loubes a commencé ses études d'animation à l'ECV, à Bordeaux, avant d'intégrer l'Atelier de Sèvres, à Paris. En 2015, elle entrait aux Gobelins et participait à diverses productions en tant que co-réalisatrice, animatrice 2D et stop-motion, et character designer. Elle y rencontrait Antoine Bonnet, avec qui elle se lançait en duo pour leur premier film, Un diable dans la poche (2019). Le film, dont elle assura en outre la voix de la narratrice, fut notamment présenté au Festival Premiers plans d'Angers et à la Berlinale, dans la section “Generation Kplus”.

Le duo se reformait en 2023 sur L'heure bleue, dans le cadre de la 3e Scène de l'Opéra national de Paris, en coproduction avec les Films Pelléas.

On a pu apercevoir Mathilde Loubes en tant qu'interprète dans le long métrage de Baptiste Drapeau Messe basse en 2021.

Critique

L’heure bleue était déjà en 1986 le titre de l’un des quatre segments de Quatre aventures de Reinette et Mirabelle d’Éric Rohmer. Il désigne ce moment éphémère, juste avant le lever du soleil, où les oiseaux nocturnes se sont tus tandis que leurs homologues diurnes ne chantent pas encore, pour un silence se faisant total durant quelques instants.

La petite histoire ne dit pas si les jeunes Antoine Bonnet et Mathilde Loubes, tout juste émoulus de l’école des Gobelins, connaissaient ce court métrage au moment de contribuer à la collection initiée par la 3e Scène de l’Opéra de Paris et les Films Pelléas, avec le concours du studio d’animation Remembers d’Ugo Bienvenu et Félix de Givry.

Le duo avait auparavant fait ses premières armes (avec quatre congénères d’école) sur une bande-annonce d’une minute pour le Festival d’Annecy 2017, Le serpent blanc, puis sur un court métrage présenté dans l’une des sections de la Berlinale et à Premiers plans, à Angers : Le diable dans la poche. De quoi commencer à poser un style et une esthétique, perpétués avec L’heure bleue, où les aplats de couleurs, élégants, font écho à la présence de la musique – classique – au cœur du récit. Le morceau choisi est signé Gustav Holst ; intitulé Les planètes, il apparaît comme un poème symphonique aux accents volontiers métaphysiques et le film de Bonnet et Loubes se profile en élégie du vivant, placé néanmoins sous la menace permanente d’une possible disparition.

L’orchestre qui se lance dans son interprétation n’est pas situé sur la scène que l’on pouvait croire a priori, mais en plein air, sur une île. Survolé par le vol de mouettes, perturbé par l’intrépidité des crabes, côtoyant les profondeurs d’un océan où évoluent toutes sortes d’espèces. Il n’y a cependant pas que des animaux marins qui pointent le bout du bec ou des nageoires dans cette ode à la nature, mais aussi ceux des forêts – grenouilles, lapins, écureuils, renards, etc. Un univers fragile, dont la destruction peut survenir vite, lorsque se déchaîne une danse macabre. Ici une tempête funeste, qui peut bien sûr symboliser n’importe quelle catastrophe climatique liée à notre temps. L’immense squelette qui s’éveille et s’étire a un seul et mille visages à la fois. À l’aube, après que les éléments se soient déchaînés, il ne restera plus que les instruments disloqués trempant dans le reflux des vagues sur la grève, paysage désolé d’où l’humain s’est complètement effacé. Comme un instantané hélas prémonitoire ?

Christophe Chauville

Réalisation et scénario : Antoine Bonnet et Mathilde Loubes. Son : Tristan Lhomme. Animation : Antoine Bonnet, Baptiste Boutin, Jocelyn Charles et Mathilde Loubes. Production : Les Films Pelléas.

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