Nos soirées 27/02/2026

Le Grand prix de Clermont à “Déjà demain”

Pour cause de vacances scolaires de l’Académie de Paris, c’est exceptionnellement le deuxième lundi du mois, donc le 9 et non le 2 mars, à partir de 20h, que “Déjà demain” vous attend au MK2 Odéon, côté Saint-Michel.

Intersecting Memory de Shayma’ Awawdeh, documentaire de 21 minutes produit par le Grec (photo de bandeau), a reçu le Grand prix de la compétition nationale au dernier Festival de Clermont-Ferrand. Tourné à Hébron, en Cisjordanie, il intègre des images d’archives datant de la période de la seconde Intifada, qui prennent une profondeur spécifique dans le contexte actuel que l’on sait…

Il était précisé dans le catalogue clermontois que certaines images étaient susceptibles de heurter la sensibilité de certains spectateurs et certaines spectatrices, c’est absolument exact, leur frontalité étant parfois éprouvante. Mais comme les événements corollaires le sont, et avant tout pour ceux qui les subissent, il est impératif de s’y confronter, sans manichéisme ni angélisme.

Également présenté lors du grand rendez-vous du court métrage en Auvergne il y a une poignée de semaines, Tondeuz de Simon Bonanni (photo ci-dessus) et L’étrange humeur adolescente de Frank Ternier (visuel ci-dessous) apparaissent évidemment fort différents.

Le premier est une comédie décalée, s’appuyant sur l’argument d’une obsession absurde d’un jeune type, zonard et pas très bon en orthographe, pour une tondeuse à gazon que sa propriétaire initiale lui reprend sans prévenir. Il est à noter que c’est Jérôme Boivin, réalisateur du mordant Baxter il y a trente-cinq ans, qui a co-écrit le film. Quant au film d’animation de Frank Ternier, produit par Ikki Films, son mystère et sa poésie révoltée en font un étrange objet, qui confirme la singularité des univers explorés par l’artiste, une décennie après 8 balles

Autre œuvre d’animation présentée, un peu plus ancienne, Shadows de Rant Beiruty est une magnifique réussite, basée sur une histoire vraie, celle d’une toute jeune fille ayant fui son pays, l’Irak, en même temps que l’époux âgé qu’on lui avait imposé et qui l’avait mise enceinte. Une quête de liberté et un combat pour la survie qui trouve de superbes traductions visuelles et chromatiques, dans l’espace symbolique d’un aéroport, lieu de transit par excellence.

Présenté à la Mostra de Venise en 2024, le film a voyagé l’année suivante dans tous les festivals importants de la catégorie (Annecy, Bruxelles, Genève, Rennes, Stuttgart, etc.).

La fiction Araucaria de Cosme Castro et Jeanne Frenkel (photo ci-dessus), renferme également sa part de mystères et jouant avec la présence de fantômes, dans la psyché perturbée d’une jeune femme d’origine chilienne à la croisée des chemins, alors qu’elle s’apprête à s’installer avec son compagnon dans une campagne française. L’actrice Isabel Aimé Gonzalez Sola, qui apporte beaucoup de nuance et de sensibilité à son personnage en pleins troubles, tiendra prochainement le rôle principal d’un long métrage à voir en salles à partir du 18 mars : Los corrientes de la réalisatrice helvéto-argentine Milagros Mumenthaler.

Une rencontre avec les cinéastes concerné(e)s suivra la projection et sera animée par Nathalie Lebel, de L’Agence du court métrage, qui a conçu cette stimulante programmation (plus de détails ici).

Christophe Chauville

À lire aussi :

- La séance de janvier 2026 de “Déjà demain”

- Le palmarès du Festival de Clermont-Ferrand 2026.