La tête à Gaza au palmarès de Clermont 2026
La remise des prix du 48e Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, qui s’est conclu samedi 7 février, a notamment vu le film documentaire Intersecting Memory décrocher le Grand prix de la compétition nationale.
Il est toujours précieux pour une production de se voir récompensée à Clermont-Ferrand, lors du dernier samedi du festival, et pour ce qui est de la compétition nationale de cette année, le jury a fait porter sion choix sur un film empoignant frontalement un motif politique, à savoir Intersecting Memory de Shayma’ Awawdeh (photo de bandeau).
Produit par le Grec, ce film ne se concentre pas sur les événements dramatiques actuels, mais d’autres les ayant précédés, à travers des images d’archives – parfois quasiment insoutenables – de la période de la seconde Intifada. La collision entre les époques est évidemment forte et bouleversante.

Une mention du jury étudiant a aussi été attribuée à Intersecting Memory, tandis que le dit jury choisissait pour son prix principal Murs de Basile Charpentier, avec Franc Bruneau dans le rôle principal, celui d’un quadragénaire en proie à de sordides pulsions, qu’il affronte coûte que coûte (photo ci-dessus).
Du côté de l’interprétation, justement, c’est la comédienne wallonne Marie Denys, qu’en toute franchise on ne connaissait pas jusqu’alors, qui a été distinguée pour sa belle prestation dans Fanny à la plage de Raphaëlle Petit-Gille.

Loin de la tragédie palestiniene, le reste du palmarès est d’ailleurs placé sous le signe du sourire et de plus de légèreté, avec le doublé Prix spécial du jury et Prix du rire Fernand-Raynaud réalisé par le curieux Du pain et des jeux de Léa Tarral et Judith Longuet-Marx (photo ci-dessous), qui s’inscrit dans le cadre particulier du Paris des J.O. de 2024, comme avant lui No Skate! de Guil Sela ou le long métrage de Valentine Cadic Le rendez-vous de l’été.
Autre comédie primée, Veuillez patienter de Solal Bouloudnine a obtenu à la fois le très convoité Prix du public – toujours présent en nombre dans les salles clermontoises (près de 168 000 entrées annoncées en termes de bilan de fréquentation – et celui de Canal+. On n’omettra pas non plus de mentionner le Prix SACEM de la meilleure musique originale décerné à Amélie Beaufils pour la partition de l’hypnotique Curiosity on Planet Mars de Tommy Baron (photo ci-dessous).

La 25e compétition Labo a vu triompher deux films découverts à Cannes en 2025 : Dieu est timide de Jocelyn Charles (Grand prix) et L’Mina de Randa Maroufi (Prix spécial du jury). Soixante-sept millisecondes de fleuryfontaine, lui aussi éminemment politique, a reçu le Prix du public et le Prix Festival Connexions.

En Internationale, le grand vainqueur de l’année est haïtien : co-produit par la France (en l’occurrence par Gogogo Films) Cœur bleu de Samuel Suffren, Grand prix 2026, avait lui aussi fait sa première à Cannes en mai 2025 – c’était à la Quinzaine des cinéastes. Précisons qu’il ne dure qu’un quart d’heure, ce qui fait aussi sa puissance formelle (le film, entre autres partis pris, comprend peu de dialogues dans ses deux premiers tiers)…
On renvoie au site de l’événement pour trouver le détail de toutes les autres lignes de palmarès, en précisant toutefois que le docu Buda de Raphaël Kaddour (Belgique, photo ci-dessus) est reparti d’Auvergne avec le Prix du meilleur film européen, ce qui n’est pas rien…
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