“Déjà demain” fait ce qui lui plaît !
Au mois de mai, le rendez-vous mensuel proposé par L’Agence du court métrage au MK2 Odéon, côté Saint-Michel, sera placé sous le signe du rire. Cinq courts métrages qui n’engendrent pas la mélancolie seront ainsi présentés, en présence de plusieurs cinéastes, le lundi 4 mai à 20h.
Pour répondre parfaitement au proverbe caractérisant ce mois printanier par excellence, la séance prévue de “Déjà demain” témoignera d’une belle liberté de ton et, dans le même temps, d’une drôlerie affirmée, et ce sur plusieurs registre de comédie. Tout débutera avec un ovni anglais sacrément inventif et inattendu, Camera Test (King Cadbury) de Charlie Shackleton (photo ci-dessous), qui est tout à la fois éminemment british et totalement universel, qui mérite d’être savouré jusqu’au bout du bout du générique. Un film sur une obsession liée à l’enfance comme on en a toutes et tous, initié sur un hasard, ou presque, et aboutissant à un petit miracle…

Produit par Ecce Films, Limoges de Ferdinand Niquet-Rioux et Manuel Sévéri (photo de bandeau) suivra, avec son loser magnifique, Fabien Gaillard, un wannabe metteur en scène de théâtre qui débarque en Limousin pour monter une pièce et se heurte, au sein de la troupe de jeunes gens concernés, avec une forte tête lui opposant une sérieuse résistance…
Manuel Sévéri tient le rôle principal du film, qui est co-réalisé par un autre comédien que l’on voit de plus en plus dans des courts métrages ces dernières années, de Mimi de Douarnenez de Sébastien Betbeder jusqu’au récent Du pain et des jeux de Judith Longuet-Marx et Léa Tarral.

L’autre fiction du programme, Dr. Poppers d’Arthur Morard (photo ci-dessus), est aussi original qu’hilarant, dans son postulat de scénario, ses personnages, ses situations et les punchlines qui fusent, entraînant dans la ville emblématique par excellence du court métrage : Clermont-Ferrand !
On se moque gentiment du côté province des lieux, mais en trouvant un plan-cul sur une appli de rencontres en arrivant de Paris, Antoine ne se doute pas dans quelle folle nuit il va vite plonger… Une comédie queer très colorée avec ses roses et des verts saturés, dans les pas de protagonistes plutôt mémorables, dont l’un porte le merveilleux patronyme de… Balladur !

Débordant aussi d’humour et d’énergie, Quelqu’un de spécial d’Alice Gervat, pensionnaire de l’EnsAD, où il est aussi question d’appli et de date : puisque Lisa a matché avec Xuân en lui faisant croire qu’elle parlait le vietnamien, comment va-t-elle se tirer de la perspective de la rencontrer pour de vrai au restaurant ?
Hyper actuel, échevelé et tendre, ce film d’école constitue l’une des meilleures surprises de l’année en matière de cinéma d’animation frenchy.

Belle découverte aussi que le film de la Fémis Max, signé Émilien Buisson (visuel ci-dessus), qui lorgne avec délectation vers le fantastique en suivant son jeune héros éponyme lorsqu’il emménage dans un vieil immeuble (inquiétant) avec son père (dépressif) et découvre une série de phénomènes surprenants liés à une voisine énigmatique. Les œuvres animées sont plutôt rares au sein de la Fémis – même si la tendance évolue – et celle-ci témoigne à la fois d’une indéniable maîtrise de mise en scène et d’une créativité probante dans la forme, avec un décor soigneusement posé pour accueillir ses attachants petits personnages en dessin animé.
La projection aura lieu à 20h (l’événement Facebook est à checker ici) et une discussion suivra avec les réalisateurs/trices ayant fait le déplacement.
À lire aussi :
- Du pain et des jeux primé au Festival de Clermont-Ferrand 2026.


