Les César 2026 en 5 points
Ça s’est passé un jeudi soir, pour une fois, et les César ont rendu leur verdict, pour une 51e édition placée sous le signe du partage, selon le terme de l’une de ses lauréates majeures. Nous avons voulu en retenir principalement cinq choses.
Avant tout, le César du meilleur film reçu par L’attachement n’a pas permis à sa réalisatrice Carine Tardieu – celle-là même qui a, dans son discours, mis en avant la répartition des statuettes au cours de la soirée – de recevoir le trophée de la meilleure réalisation, échu à l’Américain Richard Linklater. Dans l’absolu, il n’y a toujours que deux femmes cinéastes à l’avoir emporté dans cette catégorie, à savoir Tonie Marshall (en 2000) et Justine Triet (en 2024), sur 51 année de remises de prix (!). Soit moins de 4% (!!!). Est-il besoin d’épiloguer sur une aussi ubuesque anomalie ?

Heureusement, deuxio, Pauline Loquès a gagné le César du meilleur premier film (toujours pas rebaptisé César du meilleur premier long métrage, on radote…) grâce à son très beau Nino. C’est parfaitement mérité, et confirmé par le César du meilleur espoir masculin attribué à Théodore Pellerin (photo ci-dessus).
Soulignons que 2025 a, dans cette catégorie des premiers longs, été particulièrement riche concernant les réalisatrices, avec les œuvres d’Amélie Bonnin, Valentine Cadic, Alice Douard, Louise Hémon, Alexe Poukine, etc. Certaines n’étaient pas nommées, vu la concurrence, et il est finalement encourageant de relever de nouveau le statut de vivier permanent que constitue, sans jamais faiblir, le court métrage dans notre pays.

On y vient, avec les trois films récompensés sur ce volet : Au bain des dames de Margaux Fournier en documentaire (photo ci-dessus), Fille de l’eau en animation (visuel ci-dessous) et Mort d’un acteur d’Ambroise Rateau (photo de bandeau) en fiction. Deux femmes et un homme, pour trois gros succès de festivals, cet espace de diffusion insurpassable, dont l’excellent et toujours pertinent Karim Leklou, l’un des remettants, a souligné l’importance, en citant nommément quelques-uns dans un hommage pas si fréquent que cela sur cette scène de gala.
Au passage, rappelons aussi que les trois films figurent au sommaire de Bref 131, paru au mois de janvier, au sein du cahier critique ou via un “dialogue de cinéastes”. On peut se le procurer en un clic sur notre boutique en ligne.

Pour ce qui est des longs métrages d’animation, Arco d’Ugo Bienvenu (visuel ci-dessous) a “tué le match”, comme on pouvait le pressentir, en décrochant aussi le Graal pour sa musique originale, ce qui n’est pas un mince exploit (J’ai perdu mon corps de Jérémie Clapin l’avait conclu il y a quelques années). On attend de pied ferme le 15 mars et les Oscars, désormais, pour une autre éventuelle prouesse.

Enfin, il convient de saluer le travail, plébiscité par le public avec plus d’un million et demi d’entrées en salles pour l’heure, de Paprika Films à travers Le chant des forêts de Vincent Munier, vainqueur du César du meilleur film documentaire.
Paprika est aussi actif sur le versant de la fiction, évidemment, et s’apprête à sortir en salles, à partir du 25 mars, le premier long métrage de Bérangère McNeese, Les filles du ciel. On se reportera à ce propos à la rubrique “Du court au long” du dernier Bref, consacrée au film et à sa réalisatrice, que l’on espère retrouver l’an prochain sur la scène de l’Olympia pour la 52e édition de la cérémonie, peut-être de retour un vendredi soir ?
À voir aussi :
- Notre interview filmée de Sandra Desmazières.
- Notre interview filmée de Pauline Loquès.
À lire aussi :
- Un entretien avec Ugo Bienvenu à propos d’Arco, Cristal d’or à Annecy.
- L’attachement de Carine Tardieu, disponible en DVD.


