Les courts français à Locarno
Au cœur de l’été, le Festival du film de Locarno est un rendez-vous international majeur (sur les rives du lac suisse dont c’est précisément le nom…) et nombre de films français de tous formats, dont plusieurs courts métrages, feront leur grande première dans le cadre de la 79e édition de la manifestation, qui se déroulera du 5 au 15 août.
Se retrouver dans la listes des films sélectionnés en concours “Courts d’auteurs” des Pardi di domani, au Festival de Locarno, est toujours valorisant et sur les dix titres retenus cette années, sept sont liés – pour tout ou partie – à des sociétés de productions de l’Hexagone, ce qui est énorme. De grands noms émergent ainsi, tels Antonin Peretjatko et le duo Caroline Poggi/Jonathan Vinel.
Le premier est retourné avec sa caméra en Ukraine, le pays de ses ancêtres, et en a rapporté un film d’un peu moins de 25 minutes : Quelque part dans un pays libre (photo ci-dessous). Les seconds ont de nouveau goûté aux plaisirs du format court à travers The Blessing (photo de bandeau), dont le titre renvoie à l’enseigne d’un bar où gravitent plusieurs personnages, entre sommeil et éveil, ivresse, séduction et danses.

On verra aussi dans la sélection le nouveau film de l’iconoclaste auteur de Fantôme utile (2024), le Thaïlandais Ratchapoom Boonbunchachoke. Ce court, intitulé The Bovine Comedy, réserve d’audacieuses surprises narratives, alors qu’un virus a éliminé 99,99% des bovins de la planète.
Moins drôle, mais plus poétique et contemplatif, le dernier essai de Ben Rivers, The Wind, One Brillant Day, dure seulement sept minutes, plutôt denses. Il s’agit d’une coproduction entre Royaume-Uni et Chine, avec l’actrice Tian Weng, remarquée notamment ces dernières années dans Un grand voyage vers la nuit de Bi Gan et Decision to Leave de Park Chan-wook.

En concours international, Dans les rêves quand on ne dort pas, de Rachel Gutgarts (visuel ci-dessus), fera sans aucun doute parler de lui sur les bords du lac, interrogeant la psyché de tout un pays à travers les confessions d’un sniper de l’armée israélienne. Un postulat incendiaire à première vue, mais que la réalisatrice entend mettre à une nécessaire distance par une approche expérimentale appliquée jusque dans l’image. D’elle, on se souvient le court métrage Via dolorosa, vu à la Semaine de la critique en 2023.

Las damas de Camille Zéhenne (Orphée Films) et le moyen métrage Drift de Jérémie Danon et Kiddy Smile (Pazma Films) porteront aussi les couleurs de l’Hexagone dans la section, tandis que Premier feu (photo ci-dessus), le nouveau film de Blanca Camell Galí – après Castells (2022), actuellement disponible sur notre plateforme – est co-produit entre la France – via Barberousse Films – et l’Espagne. Le film se concentre sur le motif de la dépression post-partum de son héroïne.
Par ailleurs, les productions helvétiques ont leur propre compétition et Marjolaine Perreten y dévoilera son dernier né, Singularity, adapté de la BD Sabre d’Eric Feres (parue chez Dargaud) et très différent des travaux précédents de la réalisatrice vaudoise (Novembre, Vent de fête, etc.).

Signalons également la projection hors compétition d’un nouveau film court signé F. J. Ossang, cinéaste culte s’il en est : intitulé Tombe des rêves, il sera présenté en première mondiale (photo ci-dessus). Parmi les longs, Roma elastica de Bertrand Mandico et Seize moments de ma vie d’Albert Serra seront également à découvrir, tandis que Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach fermera le copieux volet de projections à l’attention des plus jeunes.

À voir aussi :
- Ultra pulpe, moyen métrage de Bertrand Mandico disponible actuellement sur Brefcinema.
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