Festivals 10/06/2021

Le moyen métrage de retour en son fief

Le Cinéma Rex de Brive s’apprête à accueillir de nouveau les Rencontres internationales du moyen métrage sous leur forme habituelle, entre le lundi 28 juin et le samedi 3 juillet.

Après le départ de sa directrice artistique Elsa Charbit en 2019, son successeur Paolo Casadei à la tête du Festival du cinéma de Brive n’avait pas été en veine, l’édition 2020 de la manifestation s’évanouissant dans les soubresauts du premier et brutal confinement. Cette fois, après un report des dates initialement prévues en avril, l’événement revient sur sa configuration idéale sur place à Brive, entre le 28 juin et le 3 juillet.

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Des sections hors compétition prévues en 2020 et non programmées lors d’un mini-rattrapage organisé en septembre dernier pourront enfin être proposées au public, en l’occurrence plusieurs focus dédiés à des cinéastes – assez pointus, puisqu’il s’agit d’Omar Amiralay, Nelson Yu Lik-wai et Shin’ya Tsukamoto – et des raretés comme une mini-série italienne des années 1980, I minestrone de Sergio Citti, avec un débutant nommé Roberto Benigni.

À suivre aussi plusieurs films hollywoodiens de l’époque du pré-Code, donc ce fameux Code Hays instauré en 1934, productions qui dépassent parfois un peu la limite des 60 minutes de durée et élargissent donc logiquement la notion de moyen métrage. Female de Michael Curtiz, Le chat noir d’Edgar G. Ulmer (où apparaissent Bela Lugosi et Boris Karloff tout à la fois) et Heat Lightning de Mervyn LeRoy sont de ce (beau) lot.

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En ouverture s’avancera encore une œuvre peu diffusée : Nul n’est parfait, film TV de Claude Chabrol. Ce 52 minutes de 1974 fut réalisé dans le cadre des “Histoires insolites”, au cœur d’une grande période de la filmo du cinéaste. Citons aussi la séance organisée en partenariat avec L’Agence du court métrage autour des moyens métrages de Guillaume Brac (Un monde sans femmes, Le repos des braves et les deux Contes de juillet), un intrigant ciné-concert autour d’un film de 1926 de Lewis Seiler (avec Arnaud Fleurent-Didier et Dorothée de Koon aux platines) et un dialogue de cinéastes réunissant Nicolas Pariser et Mikhaël Hers, deux personnalités appréciées depuis toujours en nos pages, faut-il le préciser.

Quant à la compétition, toujours le cœur du festival, elle aura toujours la même ampleur, à la faveur de 20 titres souvent présentés en première française ou internationale. Parmi les œuvres déjà connues, on reverra avec grand plaisir Palma d’Alexe Poukine et Pyrale de Roxanne Gaucherand (qui sera du reste diffusé à l’attention des abonnés de Brefcinema dès le 30 juin), tout en faisant le plein de découvertes.

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La production hexagonale continue de se tailler, en matière de moyen métrage, la part du lion (à travers par exemple Le Roi David de Lila Pinell, Groupe Merle noir d’Anton Bialas ou Delenda Carthago de Guillaume Orignac), mais la sélection 2021 accueillera aussi des films venus d’Espagne (Aloma i Mila de Tuixén Benet, photo ci-dessus n°3), d’Allemagne (Das Massaker von Anröchte d’Hannah Dörr, photo ci-dessus n°2), du Portugal (Um fio de baba escarlate de Carlos Conceição), d’Australie (The Plastic House d’Allison Chhorn), de Belgique (Nuits sans sommeil de Jérémy van der Haegen, photo de bandeau) et même de Biélorussie (The Last Day of this Summer de Yuliya Shatun et Nikita Alexandrov, photo ci-dessus ,n°1) de Thaïlande (Aninsri Daeng de Ratchapoom Boonbunchachoke) ou de Hong-kong (Taking Back the Legislature, signé d’un collectif de réalisation).

Un mot du jury, pour finir, qui sera composé cette année de la productrice (et réalisatrice) Françoise Etchegaray, de la comédienne et humoriste Audrey Vernon, de Nine Antico, de Guillaume Senez et du déjà évoque Guillaume Brac. On reviendra sur les choix de ces cinq-là à l’issue de la clôture du festival, fixée au premier week-end de juillet.

Christophe Chauville

À voir aussi :

- Un monde sans femmes de Guillaume Brac et Dernier round de Nine Antico et Julie Conte, disponibles actuellement sur Brefcinema.

- Un entretien vidéo avec Paolo Casadei, réalisé début mars 2020.

À lire aussi :

- Nos critiques des Contes de juillet de Guillaume Brac : L’amie du dimanche et Hanne et la fête nationale.