Festivals 18/03/2026

Des courts et des moyens métrages à Cinéma du Réel, à Nouveaux regards et au PCMMO

Événements habituels de la deuxième quinzaine de mars, la 48e édition de Cinéma du Réel, à Paris (du 21 au 28), et la 9e de Nouveaux regards, en Guadeloupe (du 25 au 29), mettent les formats de moins d’une heure à l’honneur. On en trouvera quelques-uns aussi dans le programme du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (25 mars au 12 avril).

C’est toujours privé de son écrin habituel, à savoir le Centre Pompidou, que le Festival international du film documentaire Cinéma du Réel va de nouveau se dérouler en cette année 2026, investissant d’autres lieux de la capitale fort recommandables également : l’Arlequin, le Clef, le Reflet-Médicis, le Saint-André-des-Arts et le Théâtre de l’Alliance française, qui se situe boulevard Raspail.

Le menu est sans surprises pantagruélique, entre les rétrospectives (consacrées à l’Écossais Luke Fowler et la Palestinienne Jumana Manna), les séances spéciales et avant-premières (où apparaissent les dernières œuvres de Patrick Chiha, Alain Gomis, Lucrecia Martel, Ross McElwee, Rithy Panh, Ben Rivers, etc.), accompagnant les compétitions, au sein desquels la section “Première fenêtre” comporte toujours exclusivement des films courts.

Côté français concourront notamment In a Manner of Speaking de Rose Hirgorom (réalisé à l’Ensad, photo ci-dessus), Pourquoi vis-tu dans ce pays qui m’a tué ? d’Hugo Mourard ou encore Shadow Boxing de Luna Fernandez.

Autres productions hexagonales retenues, Another Earth de Ben Russell, The Longest Night de Phuong Thao Nguyen, Maria a piedi nudi de Rebecca Digne (photo de bandeau), Rebelote de Skander Mestiri et With Love and Rage de Bojina Panayotova (photo ci-dessus) seront en lice en compétition, sur des durées et des tonalités très variées, poétiques ou politiques.

Beaucoup de découvertes seront à effectuer en “internationale” dont, parmi bien d’autres, Baisanos d’Andrés et Francisca Khamis Giacoman (photo ci-dessus), Looking at You Looking at me de Max Bowens et Shot Reverse Shot de Radu Jude et Adrian Cioflâncă, qui revient sur les années 1980 de la Roumanie de Ceaucescu. La section suppose beaucoup de provenances géographiques différentes et de présentations en première mondiale ou française, comme c’est l’habitude pour ce rendez-vous immanquable du secteur du documentaire de création.

Organisé par l’association Cinémas d’ici et d’ailleurs, le Nouveaux Regards Film Festival, en Guadeloupe, est lui aussi incontournable dans l’aire caribéenne et pendant cinq jours, une série de projections et de rencontres mettra un coup de projecteur sur toute cette production mal connue et pleine de vitalité, avec une compétition de films courts venus des Antilles, de Guyane, d’Haïti, de Cuba, de Curaçao, du Suriname, de la Barbade, de la Jamaïque et des Bahamas !

Deux programmes et treize courts métrages, parmi lesquels le dernier Grand prix international de Clermont-Ferrand, Cœur bleu de Samuel Suffren, cinéaste haïtien, mais aussi Gloria de Marvin Yamb (Guyane), Night Shift de Lynda D’Alexis (Guadeloupe), Steven de Lavado Stubbs (Canada/Bahamas), etc.

Une VR Room (Immersive Lab) permettra de s’adonner à des œuvres immersives en réalité virtuelle, en présence des spécialistes Gala Frécon et Thomas Bouillon (cf. Bref n°131), tandis que la séance insolite, signature du festival, invitera à une Caribbean Block Party (le samedi 28 à 19h).

En métropole, le 21e Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient prendra place à Saint-Denis, Paris et la Seine-Saint-Denis. Le long métrage domine la programmation de 2026, mais on pourra voir tut de même le film primé en compétition nationale à Clermont-Ferrand en février, en l’occurrence Intersecting Memory, réalisé par Shayma’ Awawdeh et produit par le Grec (photo ci-dessus), en plus de documentaires d’une cinquantaine de minutes tels que La part du gâteau et Voyage dans la mémoire d’Hala Mohammad (Syrie), Un nid dans la chaleur d’Hakim Belabbes (Maroc), Walid Chmait, une vie au cœur du cinéma de Salim Saab (Liban).

De nombreuses avant-premières (À voix basse de Leyla Bouzid – photo ci-dessus, Et les poissons volent au-dessus de nos têtes de Dima El-Horr, Seuls les rebelles de Danielle Arbid, etc.) et projections d’œuvres inédites seront aussi à suivre, dans le contexte général régnant comme on sait au Proche et Moyen-Orient actuellement.

Christophe Chauville

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