En salles 30/06/2026

Une grande vague de mélancolie et d’émotion : In Waves

Sélectionné à Cannes lors de la dernière Semaine de la critique, le premier long métrage de Phuong Mai Nguyen fait partie des sorties du premier mercredi du mois de juillet, entre deux “vagues” de chaleur.

Après plusieurs courts métrages, dont Chez moi, disponible actuellement sur notre plateforme (et qui fut pré-sélectionné aux César et shortlisté aux Oscars en 2016), Phuong Mai Nguyen voit son premier long métrage, In Waves, gagner les salles ce mercredi 1er juillet, juste après avoir été projeté en compétition à Annecy.

Comme cela a déjà beaucoup été dit et commenté, il s’agit d’une adaptation du roman graphique éponyme de l’Américain Aj Dungo, dont le personnage principal du film porte logiquement le prénom. Et celles et ceux qui connaissent l’ouvrage ne seront pas étonnés par le développement narratif de cette histoire autobiographique, délibérément mélodramatique.

AJ, qui vit à Los Angeles, où il finit le lycée, rencontre Kristen, dont il tombe raide dingue at first sight, et comme le sentiment est bientôt réciproque, une véritable idylle naît entre les deux jeunes gens. Kristen initie même AJ à la discipline qui la passionne et où elle excelle : le surf.

La romcom est rayonnante, tout est au beau fixe, mais tout d’un coup, patatras : une nuit, Kristen ne sent plus ses jambes en tentant de se lever après un cauchemar ; une tumeur maligne lui est diagnostiquée et la tonalité lumineuse du film bascule dans une ambiance forcément différente, en lointain écho au Love Story d’Arthur Hiller et à son effet Kleenex obligé.

Il semble inutile de mentionner le charme graphique de l’entreprise, qui intègre en partie un aspect important de l’ouvrage initial, autour de l’histoire du surf depuis plusieurs siècles. AJ mène un projet d’études autour de la thématique, avant de se tourner vers le récit de son histoire avec Kristen, à un moment donné de la tragique évolution des choses. Le voyage vers le nord que demande à effectuer Kristen en guise d’au revoir à ceux qu’elle aime est un moment particulièrement touchant, évitant toutefois le pathos dans les décors hivernaux gelés, aux teintes se faisant bleutées, de la région de Seattle.

Signalons enfin que l’interprétation des personnages est particulièrement soignée, avec en tête du casting des voix celles de Lyna Khoudri et de Rio Vega, un comédien qu’on a pas mal vu ces dernières années dans des courts métrages (tels Safety Matches de Pauline Bailay et Tout rime avec chaos de Baptiste Petit-Gats, actuellement disponible sur Brefcinema).

Christophe Chauville

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