Une anthologie d’Alice Guy chez Gaumont
On ne répètera jamais assez que cette pionnière parmi les pionniers, désormais remise à sa juste place, a ouvert la voie aux femmes cinéastes dès les premiers temps du cinéma, il y a 130 ans. Un DVD récemment édité, proposant une cinquantaine de minutes d’œuvres d’Alice Guy, l’illustre à point nommé.
Un prix porte depuis quelques années son nom (décliné en outre régulièrement sur le versant du court métrage à travers certains festivals comme Brest ou Paris Courts Devant) et un roman graphique devenu un best-seller retrace son itinéraire, tant et si bien qu’on connaît désormais parfaitement la carrière de l’ancienne secrétaire de Léon Gaumont s’étant proposée d’écrire et réaliser des films pour le compte de la firme à la marguerite avant même l’entrée dans le XXe siècle.
Ce DVD propose ainsi une sélection de 17 titres signés Alice Guy – ou qui lui sont attribués – datant d’une période courant de 1899 à 1910, restaurés et mis en musique, pour une première approche idéale de cette filmographie aussi importante que celles de ses congénères masculins de cette époque du muet.

En 51 minutes, on passe d’une Danse serpentine visuellement imparable (non pas celle de Loïe Fuller, mais de mademoiselle Bob Walter, en 1899) à des fictions narrativement plus élaborées, comme La marâtre (1906) ou le burlesque et efficace Matelas alcoolique (1906 également).
Les effets spéciaux n’étaient pas réservés à Méliès, le tranchant Chirurgie fin de siècle (photo de bandeau) le prouve dès 1900, tandis que le fameux mélo Sur la barricade (photo ci-dessus) illustre un épisode de la Commune de Paris, datant de 1907, donc 36 ans seulement après les faits.

Le Coucher d’une parisienne (photo ci-dessus) apparaît gentiment fripon, avant qu’on retrouve Félix Mayol, vedette dont la notoriété était alors considérable, capté en train d’interpréter l’un de ses “tubes”, Questions indiscrètes, – un ancêtre du scopitone ? – et la dresseuse Miss Dundee ordonnant les cabrioles de sa troupe canine dans Les chiens savants.

La fée aux choux, célèbre fantaisie potagère, est évidemment incluse, puisque souvent considéré comme le premier film de fiction avec scénario de toute l’histoire. Et l’on peut voir, ce qui est fort émouvant, la réalisatrice à chignon en train de diriger ses acteurs sur son plateau, dans un extrait de primitif “making of” placé en fin de programme.

“Alice Guy, une pionnière du cinéma”, DVD, collection “Gaumont découverte”, 12,99 euros.
Disponible depuis le 30 septembre 2026.
À lire aussi :
- À propos du documentaire d’Emmanuelle Gaume Elle s’appelle Alice Guy (2017).


