Web et TV 21/05/2017

Alice au pays des merveilles du Cinématographe

Cannes oblige, "Libre court", sur France 3, diffuse dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 mai, à partir de 0h20, le documentaire d’Emmanuelle Gaume "Elle s’appelle Alice Guy”, consacré, bien entendu, à la première femme cinéaste de l’Histoire.

Légitimement diffusé dans de nombreux festivals depuis quelques mois (Bruxelles, Paris Courts devant, Femmes en cinéma, etc.), ce documentaire flirtant avec l'heure de projection retrace l'itinéraire d'Alice Guy, devenue Guy-Blaché après son mariage avec Herbert Blaché, un opérateur du bureau londonien de Gaumont qui avait été présenté par le big boss lui-même, Léon Gaumont, à celle qui avait été sa secrétaire.

Née en 1873 à Saint-Mandé, Alice Guy avait, comme la légende l'a désormais établi, assisté en compagnie de son patron à la séance de mars 1895 proposée par les frères Lumières aux professionnels du secteur photographique, donc six mois avant l'événement public du Salon indien du Grand café. Sa vocation était née alors et elle était vite devenue réalisatrice, tournant La fée aux choux dès 1896, même si cette datation a fait l'objet de contradictions, avant de s'adonner à une productivité inouïe.

Le film d'Emmanuelle Gaume, qui fut notamment jeune animatrice sur l'antenne de Canal+ au débt des années 2000, fait suite à un livre qu'elle avait consacré en 2015 à la figure d'Alice Guy (paru chez Plon) et prend le parti de faire dire, ou même jouer, des extraits des mémoires de la cinéaste, publiés post-mortem en 1976, par une comédienne populaire par excellence, Alexandra Lamy. Souvent en regard caméra, elle donne une incarnation indirecte à celle qui occupe une place particulière dans l'imaginaire de la place de la femme au sein de l'industrie cinématographique, elle qui fut durant dix-sept ans la seule à réaliser et qui fondit en 1910 et dirigea son propre studio, une fois partie aux États-Unis : la Solax.

On retrouve dans le montage, naturellement, de multiples extraits de films signés de cette personnalité exceptionnelle, parmi les centaines qu'elle compte à son actif, en admirant au passage la grande beauté de certains plans tournés en extérieur (voir cette automobile que l'on suit, roulant sur une route poussiéreuse, dans l'une de ses œuvres américaines). À la fin, on voit aussi, dans un extrait d'émission de l'ORTF, la vraie Alice Guy alors âgée (elle mourut en 1968 à l'âge de 94 ans), avec une véritable émotion, ce que ne contrediront pas toutes celles à qui, heureusement, elle aura en toute simplicité ouvert la voie.

Christophe Chauville

Pour plus de précisions et le replay sur la semaine suivant la diffusion de l'émission, voir la page de Libre court ici.