Extrait
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Walking on the Wild Side

Dominique Abel, Fiona Gordon

2000 - 13 minutes

Fiction

Production : Courage mon Amour

synopsis

Un matin, un célibataire timide entre en collision avec une grande rousse. C’est le coup de foudre. Comment revoir cette femme que le destin a mise sur sa route ?

Dominique Abel

Nés tous deux en 1957, Dominique Abel et Fiona Gordon travaillent ensemble depuis leur rencontre à Paris à l’école Jacques-Lecoq, au début des années 1980. Abel est originaire de Belgique et Gordon est canadienne, née en Australie.

Installés par la suite à Bruxelles, ils fondent ensemble la société de production Courage mon amour avec laquelle ils produisent, écrivent, mettent en scène et interprètent quatre spectacles burlesques, prenant pour modèles le comique clownesque et des acteurs tels que Buster Keaton, Laurel et Hardy ou encore Jacques Tati.

À partir de 1985, avec La danse des poules, ils se lancent dans des tournées à l’échelle internationale. Suit la réalisation de trois courts métrages, parmi lesquels Merci Cupidon en 1994 et Walking on the Wild Side en 2000, avant un passage au long métrage (en collaboration avec Bruno Romy) avec L’iceberg en 2005, bientôt suivi de Rumba en 2007 et de La fée en 2011.

Paris pieds nus, leur quatrième long, est sorti en France en mars 2017.

 

Fiona Gordon

Nés tous deux en 1957, Dominique Abel et Fiona Gordon travaillent ensemble depuis leur rencontre à Paris, à l’école Jacques-Lecoq, au début des années 1980. Abel est originaire de Belgique et Gordon est canadienne, née en Australie.

Installés par la suite à Bruxelles, ils fondent ensemble la société de production Courage mon amour avec laquelle ils produisent, écrivent, mettent en scène et interprètent quatre spectacles burlesques, prenant pour modèles le comique clownesque et des acteurs tels que Buster Keaton, Laurel et Hardy ou encore Jacques Tati.

À partir de 1985, avec La danse des poules, ils se lancent dans des tournées à l’échelle internationale. Suit la réalisation de trois courts métrages, parmi lesquels Merci Cupidon en 1994 et Walking on the Wild Side en 2000, avant un passage au long métrage (en collaboration avec Bruno Romy) avec L’iceberg en 2005, bientôt suivi de Rumba en 2007 et de La fée en 2011.

Paris pieds nus, leur quatrième long, est sorti en France en mars 2017.

 

Critique

Repérés dans le très kitsch Merci Cupidon de Bruno Romy, passés à la réalisation avec Rosita en 1996, Abel et Gordon sont depuis ces deux films courts les attachants ambassadeurs d'un burlesque à la sauce belge particulièrement réjouissant.

Dans Walking on the Wild Side, de loin la plus intéressante de leurs prestations, les deux comédiens font d'une rencontre fortuite le cœur d'une mécanique comique à toute épreuve en reprenant les rôles d'ahuris qui ont fait connaître leurs drôles de bouilles. La rencontre incongrue de deux personnages lunaires, un coup de foudre improbable était déjà au centre de Merci Cupidon. Ici, c'est le fantasme qui sert de détonateur à une nouvelle histoire d'amour. Timide et gauche, perpétuellement dans la lune, le personnage incarné par Dominique Abel s'éprend d'une jeune femme qu'il prend pour ce qu'elle n'est pas. Le malentendu, le quiproquo, n'est ici jamais verbal, mais toujours fondé sur l'image, sur des impressions fausses et trompeuses. En cela, la manière d'envisager le cadrage, les plans, les gestes et les postures est au cœur du dispositif comique comme il l'est bien sûr dans les meilleurs burlesques. Simple femme de ménage sur le lieu de travail-vitrine de prostituées d'une rue chaude, la femme dégingandée à laquelle Fiona Gordon prête son corps élastique est prise pour l'une d'entre elles par un doux rêveur finalement plus attiré par la possibilité de trouver l'âme-sœur que par les choses du sexe.

Le coup de foudre dont il a été victime, comme dans Merci Cupidon, guide dès lors tous les gestes du personnage principal. Jusqu'au moment où, à poil et au lit, il comprend son erreur. Si la jeune femme naïve est venue chez lui, c'est bien pour nettoyer son intérieur de vieux garçon célibataire, pas pour la gaudriole. Au quiproquo amusant succède alors une escalade de gags admirablement gérés, le malheureux Don Juan se retrouvant soudainement dans une position des plus inconfortables et tentant par tous les moyens (les pires surtout !) d'effacer son erreur d'appréciation, ses efforts pour se rattraper, pour dissiper le malentendu, dans une logique comique classique, ne faisant en fait que l'enfoncer encore un peu plus.

Irréprochable dans sa mise en scène, sachant toujours trouver la juste distance, Walking on the Wild Side évite toujours la trivialité à laquelle son sujet aurait pu mener. Cela évidemment grâce au jeu légèrement décalé de deux acteurs-clowns qui ont compris que, pour faire rire, leurs personnages devaient aussi être émouvants. Refusant le cynisme de bien des comédies, le recours parfois abusif aux dialogues et aux mots d'auteur, le deuxième court métrage d'Abel et Gordon est de ces films dont les effets millimétrés rateraient leur cible si leurs auteurs n'étaient de vrais cinéastes. Une constatation qui s'impose avec évidence quand on repense à d'autres tentatives burlesques aussi scolaires que stériles. Une qualité suffisamment rare pour être saluée.

Stéphane Kahn

Article paru dans Bref n°47, 2000.

Scénario et réalisation : Dominique Abel et Fiona Gordon. Image : Claire Childéric. Son : Fred Meert. Montage : Sandrine Deegen. Musique : David Goffin. Interprétation : Fiona Gordon et Dominique Abel. Production : Courage mon Amour.

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