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Un cinéma dans la ville

Jérémy Leroux 

2018 - 8 minutes

France - Documentaire

Production : LaToileBlanche

synopsis

Une journée dans la vie du cinéma Le Trianon à Romainville. Nous découvrons son histoire, ceux qui y travaillent, les liens avec son territoire.

Jérémy Leroux 

Jérémy Leroux est monteur et réalisateur.

Il a monté de nombreux opus de la collection Filmer la ville, créée par Audrey Lespinasse et Sami Lorentz pour la société de production francilienne LaToileBlanche. Avec le désir – selon leurs propres mots – de “reconstruire, à bras le corps, le récit de territoires trop souvent déclassés”, en mettant en valeur le patrimoine des quartiers populaires. Leur catalogue compte plus de soixante films, qui ont permis la participation d’habitants, de spécialistes ou de jeunes.

Jérémy Leroux a aussi réalisé pour LaToileBlanche Chanel et moi (2019), plongée dans les nouveaux ateliers de couture de Jean-Luc François à Pantin, et Une ferme à Saint-Denis (2019), sur les pas du dernier agriculteur de la ville.

Pour Un cinéma dans la ville (2019), il s’est tourné vers la salle classée Art et Essai du Trianon, basée à Romainville, ville du département de la Seine-Saint-Denis, et limitrophe de Montreuil, Bagnolet, Noisy-le-Sec, Pantin et Les Lilas. Un cinéma qui repose sur une architecture de style Art déco lui ayant valu d’intégrer la liste des Monuments historiques de France en 1997, et qui connut ses premières projections dès 1910, même si son ouverture officielle date de 1929.

En 2020, Jérémy Leroux a également réalisé un podcast pour Arte Radio : L’écho du Bataclan, retraçant les évènements du 13 novembre 2015 en interrogeant notre rapport au son. 

Critique

Dans le cadre de la collection “Filmer la ville” créée par Audrey Lespinasse et Sami Lorentz afin de mettre en lumière le patrimoine des quartiers populaires, Jérémy Leroux nous présente le Trianon, cinéma de Romainville, connu notamment pour avoir par le passé accueilli l’émission La dernière séance. Sans cesse, le caractère spectaculaire du lieu se confronte à sa sobriété, inattendu mélange à l’origine de son charme si singulier. À l’intérieur du cinéma, le réalisateur dévoile chaque espace sous un regard attentif qui souligne leur importance individuelle et pourtant indivisible de l’ensemble, en passant d’une pièce à l’autre avec une grande fluidité. Dans la salle de projection, on a gardé les rideaux pour l’ouverture de la séance. Les éléments qui décorent la pièce évoquent instantanément l’histoire du lieu et consolident la fidélisation des spectateurs en renforçant la magie propre à cet univers. Des photos bordées de mots aux significations intimes se mêlent aux factures et listes techniques à la billetterie. Près du projecteur, les différentes machines donnent vie aux histoires. Au fur et à mesure des témoignages des acteurs du lieu, on constate l’attachement fort de chacun d’entre eux, autant au septième art qu’au bâtiment lui-même. Une relation sensorielle souvent née d’un souvenir cinématographique, d’une démarche ou bien par le désir d’une rencontre. 

Classé “Art et essai”, le Trianon défend la diversité, de sa programmation à son public qu’il va chercher et introduire à cet art en plus de l’impliquer dans la réalisation de projets (ciné-clubs, festivals) et dans son fonctionnement interne. Ainsi, des groupes scolaires, des familles, des personnages âgées, tous plus ou moins familiers du cinéma s’abonnent et participent à la vie culturelle de la ville. Si le cinéma naît d’abord d’une idée, puis d’un scénario développé et porté par un réalisateur et toute une équipe technique, il existe aussi et surtout grâce aux acteurs de l’ombre : ceux qui guident l’œuvre achevée et l’accompagne dans toutes ses modifications. Sans le ticket, on n’entre pas dans la salle pour accéder à cet arrêt du temps tapis dans l’ombre, blotti dans un fauteuil rouge. Sans le projecteur, le récit reste secret, le voyage vers l’ailleurs également. Sans les évènements, on ne permet pas la transformation de l’œuvre par ses récepteurs et spectateurs. Mis bouts à bouts, ce sont tous ces paramètres qui font venir la culture à nous et la rende si essentielle, si complémentaire à nos vies. 

Aliénor Lecomte 

Réalisation et montage : Jérémy Leroux. Son : Aurélie Valentin. Production : LaToileBlanche.

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