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Sous la lame de l’épée

Hélier Cisterne

2011 - 13 minutes

France - Fiction

Production : Les Films du Bélier

synopsis

Tom a 16 ans. Effacé et secret, il a fait de son invisibilité un refuge, une ligne de fuite.

Hélier Cisterne

Né en 1981, Hélier Cisterne a grandi dans le Lot. Après un bac option cinéma à Brive-la-Gaillarde, il poursuit des études de philosophie à l'université Paris 8 de Saint-Denis et réalise en 2002 son premier court métrage, produit par le Grec et qu'il interprète en compagnie de membres de sa famille : Dehors.

Après trois autres courts ou moyens métrages trouvant un large écho dans les festivals, il réalise son premier long métrage, Vandal, qui reçoit le Prix Louis-Delluc du premier film en 2013. L’année suivante, le réalisateur rejoint l’équipe d’Éric Rochant et réalise sous sa direction neuf épisodes sur les trois premières saisons du Bureau des légendes.

De nos frères blessés, écrit avec Katell Quillévéré, est son deuxième long métrage. Tous deux sont les cocréateurs d’une mini-série sur la naissance du groupe NTM et l’arrivée du hip-hop en France, pour Arte et Netflix, actuellement en préparation.

Hélier Cisterne est membre de la SRF, œuvrant pour la défense des libertés artistiques et l’indépendance du cinéma français, et du Collectif 50/50, qui milite pour l’égalité et la diversité.

Critique

La maison cinéma d’Hélier Cisterne a pour puits une région, le Limousin, où il vécut et où il tourna ses premiers films ; pour piliers un groupe d’amis que l’on retrouve de films en films (Nicolas Journet, Tom Harari, Justin Taurand, Katell Quillévéré). Cette maison ne cesse depuis ses débuts d’accueillir en son sein des personnages exclus ou marginaux : l’ouvrier paysan (incarné par le père de Cisterne) ou le fugitif que le réalisateur interprète lui-même dans Dehors, son premier court métrage. Elle abrite aussi les adolescents au sang chaud qui vont vivre l’épreuve de feu du dessillement, (la mort dans Les deux vies du serpent, l’accident de voiture dans Les paradis perdus).

Dernier court métrage depuis le passage au long de Cisterne, Sous la lame de l’épée est le plus court de l’auteur-réalisateur et, selon nous – pour cette raison même – le plus beau. Moins naturaliste, plus léger et plus désenchanté à la fois, en un mot plus lyrique, Sous la lame de l’épée peut s’entendre et se voir comme une espèce de chant du cygne dans lequel le réalisateur met en scène son double lointain, réel ou fantasmé, image fantôme d’un artiste intègre qui a un pied en dehors (de la société, mais qui en connaît bien ses rouages) ; artiste au cœur pur, caché mais pugnace sous sa capuche. Depuis ses débuts Cisterne revendique une crédibilité façonnée par de nobles références, entre Bresson et Pialat.

Avec Sous la lame de l’épée, son Ghost Dog à lui, il trace et trouve sa voie – sa voix – à travers la mise en scène non pas d’un documentaire sur le street art, mais d’une romance aussi furtive que l’est l’art de la rue. La forme courte est à elle seule un petit miracle, laissant le spectateur sur la lame, entre ce moment d’indécision et de la révélation, entre le dit et le non-dit, le montré-suggéré et tout ce que l’on construit à partir de là. Le miracle a lieu, c’est presque magique ; c’est tout simplement ça, l’art du cinéma. 

Donald James 

­Réalisation : Hélier Cisterne. Scénario : Hélier Cisterne et Nicolas Journet. Image : Claire Burnoud. Montage : Thomas Marchand. Son : Florent Klockenbring et Benjamin Viau. Interprétation : Yangfan Xiang et Léa Rougeron. Production : Les Films du Bélier.

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