Extrait
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Sous l’écorce

Ève-Chems de Brouwer

2019 - 20 minutes

France - Fiction

Production : Piano Sano Films

synopsis

C’est l’été, au bord de la Méditerranée. Garance rejoint sa sœur pour garder ses enfants. Mais depuis quelques mois, quelque chose bouleverse son apparence. C’est là, proche de l’eau et des vagues, qu’elle revoit un homme qu’elle a connu.

Ève-Chems de Brouwer

Née en 1980, Ève-Chems de Brouwer est comédienne, metteur en scène et réalisatrice. Elle a fait ses classes à l’École supérieure du Théâtre national de Strasbourg et a tourné, entre autres, pour les séries Reporters (sur Canal +) et Les invincibles (sur Arte).

En 2010, elle donne un atelier de théâtre à l’École de danse Rezodanse d’Alexandrie en Égypte, puis écrit et met en scène sa première pièce, Le gène de l’amour fou, sur la transmission héréditaire du comportement amoureux, au Théâtre 71 de Malakoff.

 En 2011, Ève-Chems de Brouwer participe aux Rencontres internationales des jeunes créateurs de la scène dans le cadre du FTA à Montréal, où elle vit jusqu’en 2015. Dans la foulée, elle réalise J’entends les murs, une vidéo documentaire sur son travail avec des personnes aveugles et met en scène un spectacle du même nom en 2013. Docteur B., en collaboration avec Charles Behr, neurologue spécialiste de l’épilepsie, est présentée en 2015 au Festival TransAmériques de Montréal.

Elle se forme alors à l’écriture documentaire auprès de l’Agence culturelle d’Alsace en 2016 et suit une formation de sensibilisation au montage à la Maison du film court en 2017. En 2018, elle réalise Montréal, son premier court métrage, qui se voit sélectionné aux Rencontres européennes de Lille de 2018 et sera en compétition nationale du Festival européen du film court de Brest en 2019.

Sous l’écorce (2019), son deuxième court métrage, est montré dans de nombreux festivals et primé à Nice, Namur, Moulins et Cabourg. Elle écrit actuellement son premier long métrage.

Critique

Sous l’écorce des arbres se trouve le bois à nu, tout doux. Aussi doux que ce court métrage d’Ève-Chems de Brouwer mettant en scène une jeune femme qui souffre de pelade. Comme dans son premier film, la réalisatrice aborde un bouleversement dans la vie de ses personnages (dans Montréal, Marie est enceinte tandis que sa mère est en train de mourir), sans jamais les brusquer. Elle crée un monde où l’on peut vivre les choses calmement. Le format en cinémascope étire l’image et le temps. Il fait beau, les corps s’allongent, languissants. Il fait évidemment chaud, mais à aucun moment le soleil n’écrase les corps ; au contraire, il semble les caresser. Les peaux sont dorées, l’eau brille. Ce cadre permet à Garance de mieux accepter la perte de ses cheveux. De retirer le côté honteux qui y est souvent associé. 

Sous l’écorce rappelle l’importance d’être à l’aise avec soi-même. Et Garance finit par avouer qu’elle est chauve au jeune homme qui l’attire (joué par Benjamin Siksou, vu dans Les vies de Lenny Wilson d'Aurélien Vernhes-Lermusiaux), “Je perds mes cheveux depuis quelques mois, voilà.” Tout est dans ce “voilà”, il n’y a rien à redire, c’est un fait, pas un drame. La jeune fille décide de raser son crâne pour l’uniformiser. Prendre cette décision est aussi un moyen de reprendre possession de son corps, de ne pas laisser une pathologie déterminer son apparence. Elle confie la tâche à son neveu et sa nièce. Des enfants peuvent s’occuper de ce problème, voilà à quel point ça n’est pas grave. Et sous les touffes tombant à terre, on devine la douceur de cette tête à nu. 

Anne-Capucine Blot 

Réalisation et scénario : Ève-Chems de Brouwer. Image : Jean-Louis Vialard. Montage : Julien Leloup et Noémie Fy. Son : Colin Favre-Bulle, Alexis Meynet et Victor Praud. Interprétation : Garance Eltejaye, Benjamin Siksou, Louise Massin, Mona Behr et Leïl Behr. Production : Piano Sano Films.