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Naissance d’une étoile

James Bort

2017 - 19 minutes

France - Fiction

Production : FullDawa Films

synopsis

Emma est sur le point d’être nommée danseuse étoile à l’Opéra de Paris. La jeune femme, pourtant, semble soucieuse. Car si le succès l’attend désormais, un autre événement pourrait bien remettre en cause son rêve de toujours.

James Bort

Né en 1982, James Bort est photographe et réalisateur. Il produit et réalise des campagnes, des films publicitaires et des contenus digitaux dans les univers de la mode, du luxe et du lifestyle.

Diplômé des Beaux-Arts de Paris, James Bort réalise de nombreux portraits de célébrités et de danseurs. En 2011, Orange lui donne carte blanche et il y répond avec la vidéo Danse(s) qui réunit 10 danseurs et tout autant de styles de danse différents.

En 2017, Bort signe le court métrage Naissance d'une étoile, avec Catherine Deneuve, Dorothée Gilbert et Pierre Deladonchamps. Le film est pré-sélectionné aux Oscars 2018 et sélectionné au Festival du film de Tribeca, à New York (créé par Robert De Niro). En France, il fait partie de la sélection d'Off-courts, à Trouville.

Critique

Bienvenue à l’Opéra de Paris, dans le monde poudré et tendre du tulle, du rose des collants et des chaussons, de la pâleur de la peau des danseurs et des danseuses comme on se les imagine en images d’Épinal. Emma est la favorite pour pouvoir aller danser au Bolchoï à la faveur d’une tournée à venir, mais elle est enceinte de trois mois. Un scandale potentiel pour une danseuse… Le générique précise que l’institution a apporté son soutien à ce court métrage, qui ne le met pourtant pas forcément en valeur. Si la directrice de l’école apparaît comme une figure forte, l’image du professeur est peu gratifiante et l’ambiance entre les danseuses laisse à désirer. James Bort montre les coulisses pesantes, sinon écrasantes, d’un art si délicat en contraste. Tout le travail du film, de celui de la lumière à celui du son, est traversé par un grincement dissonant. Les notes pourtant si belles du Boléro de Ravel n’y échappent pas, lorsqu’elles ne sont jouées qu’à moitié pour accorder les instruments. 

Éclat, légèreté et grâce sont à l’image, mais quelque chose dénote cependant ; le rose poudré déjà évoqué se change en cendre, laissant un goût amer en bouche. Les danseuses et quelques danseurs sont soumis au regard acerbe et impitoyable d’un Pierre Deladonchamps détestable à souhait. Pas de pitié non plus entre consœurs lorsqu’il s’agit d’avoir le premier rôle. Pourtant Emma danse, et mieux que tout le monde. Elle trouve la force de sourire, au-delà du dilemme qui se pose à elle, et ce sont les autres qui la priveraient volontiers de son objectif. 

Dans ce monde d’incompréhensions et de luttes malsaines, il ne faut rien de moins que Catherine Deneuve et toute sa superbe, dans le rôle de directrice de l’Opéra, pour relever le niveau. Cette femme forte se bat pour la respectabilité de la discipline et ne se laisse pas marcher sur les pieds, connaissant les difficultés de son milieu et ayant décidé de ne plus leur permettre de l’entacher. Une femme qui comprend et qui fait, tout bonnement, preuve d’humanité. Par sa parole, c’est tout le film qui nous dit : “Soyez mère, soyez danseuse, soyez femme.” 

Anne-Capucine Blot 

Réalisation : James Bort. Scénario : Stéphane Landowski. Image : Mahdi Lepart. Montage : Guillaume Lauras. Son : François Meynot, Lionel Guenoun. Interprétation : Dorothée Gilbert, Catherine Deneuve, Pierre Deladonchamps et Antonia Desplat. Production : FullDawa Films.

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