Extrait
Partager sur facebook Partager sur twitter

Marcher dans la nuit

Ann Sirot, Raphaël Balboni 

2018 - 5 minutes

France, Belgique - Fiction

Production : L’Œil-tambour / Origine Films

synopsis

Pour trouver le sommeil, il faut fermer les yeux, et au bout de quelques minutes, ça vient tout seul. Ou pas du tout. Alors, que faut-il faire ? Se frotter les orteils ? Penser à des glaces ? Défier les monstres ? Partir en quête du sommeil ? Arpenter la nuit à sa recherche avec des lampes frontales ?

Ann Sirot

Ann Sirot et Raphaël Balboni forment un tandem d’auteurs-réalisateurs de fiction. 

Le duo se forme en 2007 autour d’un premier court métrage : Dernière Partie, un thriller décalé. Ce premier film, plutôt expérimental, pose les bases de l’univers que les deux réalisateurs vont développer. Ils enchaînent très vite avec un autre court métrage Juste la Lettre T (2009).

En 2010, le tandem lance de nouveaux projets de courts métrages. Tout d’abord, La Version du loup (2011) ; une adaptation du conte du petit chaperon rouge.

Début 2012, ils terminent Fable domestique, un court métrage évocant le parcours initiatique dans les méandres de la jalousie. En 2014, ils réalisent Lucha Libre, une comédie qui singe la guerre amoureuse et qui tente de mettre l’accent sur ce curieux mélange de haine et de tendresse qui habite les couples. 

En 2017, Ann Sirot et Raphaël Balboni rencontrent un ample succès avec leur court métrage Avec Thelma, récompensé du Prix de la compétition francophone au Festival Fenêtres sur courts de Dijon, du Prix du jury jeune au Festival européen du film court de Brest et du Prix France 3 au Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence. Il remporte dans la foulée le Magritte du meilleur court métrage de fiction 2018 à Bruxelles. 

Un autre court de 5 minutes, Marcher dans la nuit, suit en 2018 et tandis que leur premier long métrage, Une vie démente, débarque dans les salles de cinéma à la fin de l'année 2021, un nouveau film court, Des choses en commun, poursuit sa carrière dans les festivals, recevant notamment le Prix du court métrage au Festival du film de Sarlat.

 

Raphaël Balboni 

Raphaël Balboni et Ann Sirot forment un tandem d’auteurs-réalisateurs de fiction. 

Le duo se forme en 2007 autour d’un premier court métrage : Dernière Partie, un thriller décalé. Ce premier film, plutôt expérimental, pose les bases de l’univers que les deux réalisateurs vont développer. Ils enchaînent très vite avec un autre court métrage Juste la Lettre T (2009).

En 2010, le tandem lance de nouveaux projets de courts métrages. Tout d’abord, La Version du loup (2011) ; une adaptation du conte du petit chaperon rouge.

Début 2012, ils terminent Fable domestique, un court métrage évocant le parcours initiatique dans les méandres de la jalousie. En 2014, ils réalisent Lucha Libre, une comédie qui singe la guerre amoureuse et qui tente de mettre l’accent sur ce curieux mélange de haine et de tendresse qui habite les couples. 

En 2017, Ann Sirot et Raphaël Balboni rencontrent un ample succès avec leur court métrage Avec Thelma, récompensé du Prix de la compétition francophone au Festival Fenêtres sur courts de Dijon, du Prix du jury jeune au Festival européen du film court de Brest et du Prix France 3 au Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence. Il remporte dans la foulée le Magritte du meilleur court métrage de fiction 2018 à Bruxelles.

Un autre court de 5 minutes, Marcher dans la nuit, suit en 2018 et tandis que leur premier long métrage, Une vie démente, débarque dans les salles de cinéma à la fin de l'année 2021, un nouveau film court, Des choses en commun, poursuit sa carrière dans les festivals, recevant notamment le Prix du court métrage au Festival du film de Sarlat.

 

Critique

­Le problème, c’est la lumière.” C’est ce qu’énonce l’une des deux voix nous accompagnant dans cette échappée déambulative. Le film y répond littéralement : à l’image, les deux fillettes ont le crâne affublé d’une lampe frontale. Cet “artifice” place aussi Marcher dans la nuit sous le signe de l’exploration, de l’aventure. Et la lumière en soi est constitutive du cinéma, elle permet de contester et découper son contraire : l’ombre.

Marcher dans la nuit est entièrement structuré selon un double régime ; les mots et les voix d’une part, les images – dont on ne perçoit les sons qu’étouffés, comme dans un demi-sommeil – de la flânerie du duo de fillettes dans les rues plongées dans l’obscurité d’autre part. Ann Sirot et Raphaël Balboni se fondent sur le principe de la comptine. Au timbre de l’enfance, à leurs mots à la fois attendrissants, étonnants et lucides – une fois pour toute : la vérité sort de la bouche des enfants ! – répond dans les premières images une mélodie naïve qui semble émaner d’un clavier-jouet. Les cinéastes “jouent” avec le registre (vocal, visuel, musical, thématique) de l’enfance, avec son irrésistible mignonnerie, mais ils prennent avant très au sérieux ses questions, ses peurs. D’abord parce qu’elles sont à la fois universelles, archaïques et éternelles, restant enfouies chez les adultes qui ont, au mieux, appris à les domestiquer. Le monde de la nuit est fait de frayeurs voire de terreurs, le noir bien sûr, mais aussi le sommeil : cette extinction de la conscience laissant place au monde de l’inconscient, du rêve, mais aussi du cauchemar.

Le titre formule explicitement ce que le film met en évidence : la nuit est un déplacement, un voyage. On y vit des aventures – et tout est aventure, y compris de commander et réceptionner un cornet de frites. Si Le miroir de Jafar Panahi (1997) appartient au domaine diurne, on pense aux aventures de la petite Mina, qui vit un parcours initiatique dans les rues de Téhéran, monstre à l’échelle disproportionnée qui menace d’engloutir sa valeureuse, mais frêle silhouette. Marcher dans la nuit fonctionne sur un tel schéma initiatique, qui fait naître une tension avec ces corps enfantins lâchés dans la nuit, les rues sombres. Mais quelque chose nous dit qu’ils ne risquent rien, puisqu’ils sont pris en charge par le cinéma.

Arnaud Hée

Réalisation et scénario : Ann Sirot et Raphaël Balboni. Image et montage : Raphaël Balboni. Son : Julien Mizac. Musique : Airtone, Night Rain. Interprétation : Augusta Bodson et Thelma Balboni. Production : L'Œil-tambour et Origine Films.

À retrouver dans

Autour des sorties