Extrait
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La vie sans truc

Léo Marchand, Anne-Laure Daffis

2013 - 27 minutes

France - Animation

Production : Lardux Films

synopsis

Lors de son grand numéro de la femme coupée en deux, Popolo, magicien plein d’entrain d’un petit cirque minable, perd les jambes d’Amabilé, son assistante chérie. Évidemment, elle lui en veut à mort, d’autant qu’ils se font virer ! Pour se faire pardonner, Popolo lui promet de lui payer des vacances de princesse en retrouvant un travail, n’importe lequel.

Léo Marchand

Anne-Laure Daffis, née à Montreuil en 1974, et Léo Marchand, né à Saint-Maur en 1973, sont diplômés de l’Université Panthéon-Sorbonne en arts plastiques. Le second a participé à la production de courts métrages en tant qu’assistant-son et assistant-réalisateur et ils ont en duo exposé leurs peintures et publié un livre d’art intitulé Un bon peu, aux éditions de la Triplette infernale.

Toujours à quatre mains, ils coréalisent en 1999 deux très courts métrages, Surtout il pleut et Jambes en l’air, ainsi qu’un documentaire de 26 minutes, Mon voisin Christian déménage (2000), avant de toucher à l’animation avec On a beau être bête, on a faim quand même (2001), puis La Saint-Festin grand succès dans les festivals de 2007-2008, qui remporte notamment le Prix du meilleur film d’animation à Clermont-Ferrand.

Après Les cowboys n’ont pas peur de mourir (2009), mélange de western spaghetti et d’animation intitulé distingué pour son scénario à Pantin et à Villeurbanne, le tandem poursuit son parcours avec La vie sans truc (2013) et Y’a pas que des histoires de cucu (2017), mélange entre fiction et animation où l’on retrouve le comédien Cosme Castro. Rue des ravissantes, en 2014, s’était intercalé, s’inscrivant dans une collection de courts métrages centrée autour de l’œuvre de Boris Vian.

À partir de 2018, ils développent avec leur fidèle producteur, Lardux Films, un premier long métrage intitulé Les voisins de mes voisins sont mes voisins, dont l'histoire intègre La Saint-Festin et La vie sans trucLe film est sorti en février 2022. 

Anne-Laure Daffis

Anne-Laure Daffis, née à Montreuil en 1974, et Léo Marchand, né à Saint-Maur en 1973, sont diplômés de l’Université Panthéon-Sorbonne en arts plastiques. Le second a participé à la production de courts métrages en tant qu’assistant-son et assistant-réalisateur et ils ont en duo exposé leurs peintures et publié un livre d’art intitulé Un bon peu, aux éditions de la Triplette infernale.

Toujours à quatre mains, ils coréalisent en 1999 deux très courts métrages, Surtout il pleut et Jambes en l’air, ainsi qu’un documentaire de 26 minutes, Mon voisin Christian déménage (2000), avant de toucher à l’animation avec On a beau être bête, on a faim quand même (2001), puis La Saint-Festin grand succès dans les festivals de 2007-2008, qui remporte notamment le Prix du meilleur film d’animation à Clermont-Ferrand.

Après Les cowboys n’ont pas peur de mourir (2009), mélange de western spaghetti et d’animation intitulé distingué pour son scénario à Pantin et à Villeurbanne, le tandem poursuit son parcours avec La vie sans truc (2013) et Y’a pas que des histoires de cucu (2017), mélange entre fiction et animation où l’on retrouve le comédien Cosme Castro. Rue des ravissantes, en 2014, s’était intercalé, s’inscrivant dans une collection de courts métrages centrée autour de l’œuvre de Boris Vian.

À partir de 2018, ils développent avec leur fidèle producteur, Lardux Films, un premier long métrage intitulé Les voisins de mes voisins sont mes voisins, dont l'histoire intègre La Saint-Festin et La vie sans trucLe film est sorti en février 2022. 

Critique

En 2011, nous avions rencontré Anne-Laure Daffis et Léo Marchand pour leur nouveau projet : La vie sans truc. Une histoire de cirque et de magicien, des ateliers avec le public et un work in progress sur un blog dédié. On avait un peu perdu de vue le film, alors que les deux réalisateurs signaient Fatigués d'être beaux, un film de cow-boys. Finalement, le blog s'est éteint, mais le film, difficile à financer, a pu être terminé grâce aux cent trente-deux contributeurs du site de crowfounding Touscoprod et au soutien de leur producteur de toujours, Lardux Films. C'est donc avec excitation que l'on a pu découvrir La vie sans truc à la rentrée, juste avant la Fête du cinéma d'animation.

Dans la lignée de La Saint-Festin (voir Bref n° 83), La vie sans truc suit un moment de vie d'un personnage pas comme les autres, un personnage merveilleux, qui nourrit l'imaginaire : le magicien Popolo. Un peu Charlot, un peu Tati, ce magnifique loser vit sa vie de magicien à fond, oubliant son existence minable, la caravane dans un terrain vague. Il vit pour et par la magie avec son assistante Amabile, jusqu'à ce qu'il commette l'irréparable en perdant les jambes de cette dernière. Devenue cul-de-jatte, Amabile le chasse de sa caravane, alors que Popolo est prêt à tout pour réparer son erreur.

Décalé, La vie sans truc l'est sur tous les plans : scénario abracadabrant, personnages charismatiques, techniques multiples... L'esprit de collage exploré avec La Saint-Festin est radicalisé avec ce film où images d'archives, dessins, images de synthèse, et décors réels se mêlent dans une cohérence étonnante, tout comme les jeux de mots et autres contrepèteries. Le Paul-Emploie est traité en 3D, où l'aspect futuriste et glacé est à cent lieues de nos agences nationales, mais tout aussi absurde.

Avec La vie sans truc, Anne-Laure Daffis et Léo Marchand sont passés à la vitesse supérieure, tout comme le chauffeur de Lady Di (on ne vous en dit pas plus...), et vont loin. On se souvient de la phrase choc de La Saint-Festin (“Si vous n'aimez pas... allez vous faire foutre !”), en forme d'hommage et de détournement (et encore une fois détournée dans La vie sans truc), qui faisait basculer le conte dans l'irrévérencieux. Ici, l'irrévérence est partout et permet au film, bien que désargenté, un peu de bric et de broc, d'être un conte joyeux et critique.

Cécile Giraud

Article paru dans Bref n°110, 2014.

Réalisation, scénario et animation : Anne-Laure Daffis et Léo Marchand. Image : Pierre-Yves Fave. Montage : Marianka Baude-Dehayes. Son : Adam Wolny. Musique originale : Mathieu Boogerts. Voix : Carlo Boso, Valérie Mairesse et Élise Larnicol. Production : Lardux Films.

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