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I Want Pluto to Be a Planet Again

Marie Amachoukeli, Vladimir Mavounia-Kouka

2016 - 12 minutes

France - Animation

Production : Autour de Minuit Productions

synopsis

Une romance transhumaniste dans un futur proche. Celle d’un jeune garçon aux origines modestes, Marcus, un H- tombé éperdument amoureux d’une H+.

Marie Amachoukeli

Après un DEA d'histoire des religions à la Sorbonne, Marie Amachoukeli intègre le département scénario de la Fémis. À l’issue de sa formation, elle réalise avec Claire Burger le court métrage Forbach qui remporte le Grand prix au Festival de Clermont-Ferrand et le second prix de la Cinéfondation au Festival de Cannes en 2008, puis C’est gratuit pour les filles reçoit le César du meilleur court métrage 2010, et Demolition Party en 2013.

En 2014, Marie Amachoukeli et Claire Burger tournent avec Samuel Theis leur premier long métrage : Party Girl. Deux ans plus tard, Marie Amachoukeli réalise avec Vladimir Mavounia-Kouka le court métrage d’animation, I Want Pluto to Be a Planet Again. Marie Amachoukeli a également travaillé comme scénariste sur le film de Vincent Mariette Les fauves (2018). Elle termine en 2022 son premier long métrage en solo : Ama Gloria. Le film sortira dans les mois à venir. 

En 2022 également, elle retrouve Vladimir Mavounia-Kouka sur un projet de long métrage d'animation, Happy End, produit par Miyu Productions. Le film est actuellement en cours de développement.  

Vladimir Mavounia-Kouka

Vladimir Mavounia-Kouka est graphiste, directeur artistique et réalisateur de films d’animation. Il a suivi une formation en cinéma d’animation à l’ENSAD (École nationale supérieure des Arts décoratifs) à Paris. En 2006, son film de fin d’études À feu reçoit le Prix du meilleur film d’animation au Festival de Clermont-Ferrand.

En 2010, il réalise La femme à cordes, co-écrit avec Marie Amachoukeli. La bête suit en 2013. Ces deux courts métrages ont été sélectionnés et récompensés dans de nombreux festivals en France et à travers le monde (avec une présélection au César du meilleur film d’animation en 2012 et en 2014).

En 2017, il retrouve Marie Amachoukeli et ils réalisent tous deux I Want Pluto to Be a Planet Again.

En 2022, le duo collabore de nouveau sur un projet de long métrage d'animation, Happy End, produit par Miyu Productions. Le film est actuellement en cours de développement.  

 

Critique

Quand le personnage féminin est victime d'un accident de voiture, son corps se fige. On la croit morte. Elle se délite, son dessin fond, se liquéfie, s'évanouit dans le blanc. On lui paye à prix d'or une opération pour devenir une H+. Elle se reconstitue alors, renaît dans une magie où chaque membre du corps se rassemble dans un même mouvement. Dans cette augmentation de l'Humain, se joue une romance transhumaniste qui prend corps dans un conte punk et désabusé.

I Want Pluto to be a Planet Again, film d'animation réalisé par le duo hyper-talentueux Marie Amachoukeli et Vladimir Mavounia Kouka, nous emmène avec Marcus (voix parfaite de Grégory Gadebois), un H- tombé éperdument amoureux d'une H+, ironiquement baptisée Pacemaker.  Marcus travaille dans une déchetterie, là où il envoie chaque jour sur Pluton des tonnes d'organes non-désirés par les humains transformés. Pour devenir H+, il faut être riche, très riche. Marcus le dira : “Je suis né à l'âge de trente-trois ans, un soir de grande loterie”. Heureux élu, il devient l'unique gagnant du peuple suspendu aux non-lèvres d'une tête de pyramide qui harangue les foules. “Vos déchets expédiés toujours plus loin”, dit une affiche fière d'envoyer ses poubelles humaines sur orbite. Toujours plus loin, oui, mais de quoi ? Que reste-t-il dans les villes, sinon des badauds sentimentalement cadenassés, à siroter des cocktails par le front. De longs travellings dans les villes aux ellipses fluidifiées par un trait noir impeccable, le film se déverse alors comme une longue pluie acide. Elle se répand, accompagnée de nappes électroniques qui fortifient un mystère insondable. Celui des âmes en peine dans le cosmos. Des échos se créent entre les planètes et l'on file bien vite se décharger hors-Terre. À éliminer les imperfections, l'homme augmenté trouve une existence réorganisée qui ne demande plus qu'une seule chose : à quoi bon l'amour ? Un frisson parcours l'échine de Marcus qui réalise à quelle conclusion il doit faire face. Au cœur du film, une courte séquence vient mêler diverses images en prise de vue réelles et s'insèrent dans le flux animé. C'est une sorte de condensé de science, de micro-histoire qui entremêlent les expériences sur animaux, les avancées robotiques et les cerveaux en fusion. L'image malmenée décrit en quelques secondes les étrangetés sous-terraines de l'Humanité tour à tour géniale, dangereuse, immense et terrible. Vision de rapace, super bras et méga jambes, l'humain augmenté est prêt. Le plus augmenté et le plus heureux des Hommes ?

Arnaud Hallet

Réalisation et scénario : Marie Amachoukeli et Vladimir Mavounia-Kouka. Animation : Laurent Box, Gustavo Almenara, Vladimir Mavounia-Kouka, Clément Ducarteron et Manuel Rais. Son : Fanny Martin et Vincent Cosson. Musique originale : Rone. Voix : Grégory Gadebois et Stéphan Castang. Production : Autour de Minuit Productions.

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