Extrait
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¿ Dónde está Kim Basinger ?

Édouard Deluc

2009 - 29 minutes

Fiction

Production : Bizibi Productions

synopsis

Marcus et son frère Antoine atterrissent en Argentine. Ils viennent y passer quelques jours pour le mariage de leur cousin et comptent bien en profiter. Marcus est joyeux comme un pinson alors qu’Antoine vient de se faire quitter. Marcus va se battre comme un beau diable pour remonter le moral de son petit frère.

Édouard Deluc

Édouard Deluc obtient le diplôme des Beaux-Arts en 1993. Membre d’un groupe de rock, il s’intéresse au cinéma et à la photographie. Son premier court métrage, Petits enfers, avec Vincent Elbaz sorti en 1997, raconte le samedi soir d’une bande d'amis qui s’ennuie. En 1999, il commence à réaliser des vidéoclips ; il collabore ainsi avec Louise Attaque, Tété, Mickey 3D, Anis ou encore Jean-Louis Murat. En 2002, son deuxième court métrage Je n'ai jamais tué personne avec Jean-Jacques Vanier et Elina Löwenshon, concourt dans plusieurs festivals. Deluc travaille pour la publicité à partir de 2004 pour  le Secours Populaire, Decathlon, Gaz de France… Il tourne son troisième court métrage ¿ Dónde está Kim Basinger ? avec Philippe Rebbot et Yvon Martin en 2009. Né du désir de filmer l’Argentine et du souvenir fraternel d’une aventure pékinoise, le film gagne le Grand prix à Clermont-Ferrand ainsi le prix de la meilleure fiction, du meilleur acteur pour Philippe Rebbot, du meilleur scénario et de la meilleure réalisation aux Lutins 2010 et finalement nommé aux César 2010. Édouard Deluc réalise Bye Bye à la suite d’une commande de Canal + en 2011, avec Nathalie Baye. Il sort en salles son premier long métrage Mariage à Mendoza en 2012, dans la continuité argentine de ¿ Dónde está Kim Basinger ? Cette fois-ci, Philippe Rebbot joue face à Nicolas Duvauchelle dans un road movie qui traite toujours avec humour la relation entre frères. Son second long métrage, Gauguin, voyage de Tahiti, sur l’exil du peintre français en 1891 en Polynésie sort en septembre 2017.

Critique

Voici un film qui pourrait bien venir s’installer sur le podium des meilleures comédies 2009 et se situer en première place ou au moins, et sans mal, juste à côté du décapant Slitage du Suédois Patrik Eklund et du balado free-jazz Paris Monopole d’Antonin Peretjatko. Le premier court métrage d’Édouard Deluc, tourné en 16 mm, nous transporte dans un ailleurs fictionnel à l’humour fraternel, un Buenos Aires de cinéma bercé par la folk intemporelle d’Herman Dune. Qui dit comédie ne veut pas dire lignes de rire et claques dans les mains. Quoique rire et autodérision ne soient jamais véritablement exclus ici. Avec une légèreté et une sincérité assez risquées, Édouard Deluc tire le lait de la tendresse humaine. Toucher juste en la matière n’est pas chose aisée.

Argentine, aéroport de Buenos Aires, deux frères, Marcus et Antoine, ce dernier fraîchement largué par sa copine, comptent se rendre au mariage de leur cousin. Avant cela, ils ont deux jours devant eux, du temps à tuer dans la capitale argentine où selon les guides touristiques : “La séduction et les jeux de l’amour sont des passions aussi essentielles que le tango et le foot.” Alors ils vont, chacun à leur manière, se mettre en quête de leur Kim Basinger. Entre objets fantasmés et principe de réalité, leur cœur balance.

Fiction humaniste équilibriste à ne pas mettre entre toutes les mains, film pas sérieux sélectionné aux César, Dónde está… est une comédie de réconciliation (à la vie et fraternelle) où l’écriture de chaque scène, ainsi que les surprises qu’elles nous réservent, importent autant que leur interprétation. Tout en retenue, les acteurs Philippe Rebbot (le barbu) et Yvon Martin (le déprimé) impriment la pellicule de leur jeu juste et de leur présence vivante à chaque étape de cette comédie en forme de road movie. Incarnant des personnages antithétiques, ils coexistent dans le même cadre pour le meilleur effet. Édouard Deluc met en scène avec tact un Guignol moderne autour de la figure du loser, triste tropisme du frenchy trentenaire. La ville de Buenos Aires contrastée, illuminée et rugueuse constitue une sorte de background sensuel et théâtral pour ces deux figures archétypales de l’éternel geek mâle. Vont-ils rester célibataires ? La réponse se trouve derrière le rideau d’un hôtel de passe aux côtés de Kim Basinger. L’illusion a aussi ce pouvoir, celui de nous ouvrir les yeux.

Donald James

Article paru dans Bref n°91, 2010.

Réalisation : Édouard Deluc. Scénario : Édouard Deluc, David Roux et Olivier De Plas. Image : Leandro Negro Filloy. Montage : Marie-Jo Audiard. Musique : Édouard Deluc. Son : Damian Montes Calabro, Laurent d'Herbecourt et Gildas Mercier. Interprétation : Philippe Rebbot, Yvon Martin, Gustavo Kamenetsky et Candela Reynoso. Production : Bizibi Productions.

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