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Do You Believe in Rapture ?

Émilie Aussel

2013 - 44 minutes

France - Fiction

Production : Shellac Sud

synopsis

Quatre jeunes de vingt ans, Louise, Sara, Luc et Nicolas, traversent les derniers instants de leur adolescence, entre histoires d’amour et d’amitié, skateboard, musique et fête. Ils trainent, se lient, s’affrontent, existent dans leur rapport à l’autre. Réunis sous un ciel étoilé, le groupe vit cette dernière nuit comme le passage vers un nouveau cycle.

Émilie Aussel

Émilie Aussel est née en 1980 à Montpellier. C'est là qu'elle suit un cursus aux Beaux-Arts, avant d'intégrer la Villa Arson à Nice et dd'achever sa formation en cinéma au Fresnoy.

Elle réalise plusieurs vidéos, dont Edenville ou Pris au souffle, et des installations multi-écrans comme Blade Affection. Depuis 2009, elle a tourné plusieurs courts métrages de fiction sur la jeunesse et l’expression de ses sentiments : L’ignorance invincible (2009), Do You Believe in Rapture ? (2013) et Petite blonde (2013). Son dernier court métrage, Ta bouche mon paradis (2016), a reçu le Prix de la meilleure musique originale au Festival Côté Court 2017.

En 2020, Émilie Aussel réalise à Marseille, où elle s'est installée, son premier long métrage, L'été, l'éternité. Présenté au Festival de Locarno en 2021, le film accède aux écrans de l'Hexagone au début du mois de mai de l'année suivante.

Critique

Do You Believe in Rapture ? s’ouvre avec l’image d’une cabane en bois, qui sera rappelée plus tard par un amas de branches servant à allumer un feu. Ce simple foyer, à la fois ardent et protecteur, semble alors résumer les élans contradictoires d’une jeunesse qui fait l’expérience de l’amour en même temps que de ses premières blessures. À vingt ans, Louise, Sara, Luc et Nicolas vivent en effet autant de rapprochements que de déchirures, et semblent partagés entre leur besoin de solitude et celui d’appartenir au groupe, entre la nostalgie du passé et le souci du futur. Cette ambivalence des sentiments, particulièrement exacerbés à cet âge, Émilie Aussel continue de l’ausculter de film en film. 

En se concentrant sur un groupe d’adolescents de Marseille, la cinéaste retrouve son univers habituel mais, pour la première fois, à travers une forme documentaire. Si elle parvient à établir une grande proximité avec les personnes qu’elle filme, sa présence reste pourtant très discrète. Tandis que les adultes sont relégués hors champ, elle se met ainsi pleinement à l’écoute des jeunes, qui se confient tour à tour dans de longs plans fixes sur leur rapport au monde et plus particulièrement aux autres. À l’inverse, la caméra à l’épaule accompagne leurs mouvements imprévisibles lors d’une soirée, ou figure les tensions entre deux amis à travers des panoramiques suivant leurs déplacements chaotiques dans un skate-park.  

Vers la fin, l’image se teinte d’onirisme lorsque la bande consomme de la drogue au cours d’une soirée en bord de mer. La plongée zénithale sur les visages comme vus du ciel, les très gros plans sur les mains enlacées ou les yeux grands ouverts ou encore les effets spéciaux (le reflet des astres dans les pupilles, la reconstitution d’un ciel étoilé) traduisent alors autant le voyage sensoriel des personnages qu’un moment de communion entre les êtres et l’univers. Au petit matin, un lent panoramique met en avant la continuité entre les corps enchevêtrés les uns aux autres. Jusqu’à ce que Sara ne brise l’équilibre en se levant, les adolescents semblent encore unis par ce “ravissement” qu’évoque le titre, inspiré d’une chanson de Sonic Youth : un goût d’absolu, le temps d’une nuit, juste avant d’entrer dans l’âge adulte. 

Chloé Cavillier 

­Réalisation : Émilie Aussel. Image : Thomas Ozoux. Montage : Enrica Gattolini-Ordonneau. Son : Florent Klockenbring, Jocelyn Robert. Participation : Louise Pascal, Sara Gomez, Luc de la Basserue, Nicolas Lavenu. Production : Shellac Sud.

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