Extrait
Partager sur facebook Partager sur twitter

Ces p’tites heures

Julien Cortey, Léa-Caroline Larcher, Inès Brini, Judith Herbeth

2017 - 4 minutes

France - Animation

Production : École Georges-Méliès

synopsis

À Paris, une nuit d’été, une femme à sa fenêtre rêve les activités nocturnes de son voisinage.

Julien Cortey

Julien Cortey, Judith Herbeth, Léa-Caroline Larcher et Inès Brini se rencontrent lors de leur cursus à l'École Georges-Méliès. Ensemble, le quatuor signe Ces p’tites heures en 2017.

Léa-Caroline Larcher

Léa-Caroline Larcher, Julien Cortey, Judith Herbeth et Inès Brini se rencontrent lors de leur cursus à l'École Georges-Méliès. Ensemble, le quatuor signe Ces p’tites heures en 2017.

Inès Brini

Inès Brini, Julien Cortey, Judith Herbeth et Léa-Caroline Larcher se rencontrent lors de leur cursus à l'École Georges-Méliès. Ensemble, le quatuor signe Ces p’tites heures en 2017.

Judith Herbeth

Judith Herbeth, Julien Cortey, Léa-Caroline Larcher et Inès Brini se rencontrent lors de leur cursus à l'École Georges-Méliès. Ensemble, le quatuor signe Ces p’tites heures en 2017.

Critique

Dans un univers aux tons chauds baigné des couleurs rouges-orangées de l’été, Ces p’tites heures aborde la distorsion du temps propre aux longues nuits tièdes qui rythment la saison. Celui-ci semble s’allonger à l’arrivée du crépuscule, laissant ainsi libre cours à la contemplation et à l’imagination. Adossée à la fenêtre de son appartement, l’héroïne du court métrage observe discrètement ses voisins rentrer chez eux, répondre au téléphone ou rire avec leurs amis. Dans l’obscurité, les fenêtres éclairées des immeubles adjacents, seuls points de lumière, soulignent ces moments de vie à la fois proches et distants de nous. En fond sonore, une voix suave, rassurante, parle à la radio et nous évoque l’atmosphère singulière de ces heures suspendues.  L’espace d’un instant fantasmé, les mondes distincts se rejoignent et partagent le quotidien de l’autre. Tous s’introduisent chez la jeune fille, accompagnés de chansons qui basculent entre l’intradiégétique et l’extradiégétique afin de brouiller la frontière entre rêve et réalité. La nostalgie des vieilles chansons françaises se mêle aux bruits ambiants de la ville et c’est ainsi que le contact se créé : les talons claquent sur le sol de la pièce, une bouteille de vin est débouchée, quelques papiers s’envolent sous les hélices du ventilateur qui apporte un peu d’air frais.

Sans aucun dialogue mais par les gestes et la présence, les étudiant(e)s de l’école Georges-Méliès parviennent à rassembler des intimités en leur donnant la chance de se répondre, se compléter. Le temps est arrêté, avancé, puis reculé ; il semble prendre toutes les formes nécessaires au mélange des vies. Tout au long du court métrage, l’utilisation de la 2D pour les personnages s’impose subtilement en contraste à la 3D des décors. La sobriété du dessin des protagonistes leur offre un dénominateur commun, quand le réalisme des immeubles uniformes rappelle les murs qui séparent ces vies qui se croisent, mais ne se rencontrent jamais vraiment.   

Le rêve s’échappe aussi vite qu’il ne s’est formé, ramenant brutalement la jeune femme à sa solitude. Elle apparaît alors centrée dans un plan, faisant face à deux autres solitudes juxtaposées, continuant le cours de leurs vies domestiques. Elles se présentent étonnamment proches les unes des autres, et pourtant toujours divisées. En choisissant la légèreté comme fil conducteur, ce film d'école d’animation reste toujours juste dans ses propositions, valsant entre les sentiments de curiosité et bienveillance sans jamais tomber dans la lourdeur. 

Aliénor Lecomte 

Réalisation et scénario : Inès Brini, Julien Cortey, Judith Herbeth et Léa-Caroline Larcher. Animation : Manon Courtaux. Image : Mathias Rozpendowski et Yann Cornières. Montage : Judith Herbeth. Son : Olivier Michelot. Voix : Andréa Brusque. Production : École Georges-Méliès.

À retrouver dans

Sélections du moment