Nos soirées 20/05/2026

“Déjà demain” : déjà la der de la saison !

Depuis plusieurs années, la date de juin du cycle mensuel “Déjà demain” nous permet d’accueillir des films sélectionnés dans le cadre de l’imminente nouvelle édition de Côté court, à Pantin. Rendez-vous le 1er juin, donc, au MK2 Odéon, côté Saint-Michel.

Première soirée de juin et programme de premier choix avec la dernière date de la saison 2025-2026 de “Déjà demain”, intitulé générique des séances mensuelles proposées par L’Agence du court métrage autour de l’actualité du court métrage contemporain.

Au MK2 Odéon, côté Saint-Michel seront ainsi projetés cinq films issus du programme de la 35e édition de Côté court, qui s’ouvrira le surlendemain. Son délégué général Jacky Évrard la présentera comme il se doit avant toute chose, à 20h, pour la dernière fois puisqu’il a décidé de raccrocher, mais c’est une autre histoire… Les films présentés sont issus de son ultime sélection, à commencer par Le mouvement tragique des sphères de Simon Rieth (photo ci-dessous), qui sera en compétition Essai/Art vidéo à Pantin et qu’on n’a guère envie de déflorer, sinon convoquer une suite d’adjectifs pour le qualifier : inventif, inattendu, brillant, fort, émouvant, vertigineux, culotté, métaphysique, fascinant, hypnotique… N’en jetez plus, il faut seulement le voir, et sur grand écran obligatoirement.

Un court film d’animation drôlissime produit dans le cadre de la Cinéfabrique suivra, All Clebs are Bad Dogs (visuel ci-dessous), variation en stop-motion autour du slogan ACAB délicieusement irrévérencieuse et qui confirme que l’école créée par Claude Mouriéras “performe” aussi sur le volet de l’animation. Citons bien sûr le nom de qui signe le film, à savoir Hamada Joe Mohamed, originaire de la banlieue lyonnaise. On le verra à Pantin au sein de la section Grand Angle.

C’est aussi à la Cinéfabrique  qu’a étudié Maël Marmey, qui a coréalisé Dans la vago (photo ci-dessous) avec Line Viardot – après Vache à lait, avec Samir Titi l’an dernier, un film présenté alors à “Déjà demain” dans le même cadre côté-courtesque.

Une petite bande en bas d’un immeuble de cité, une fille qui attend dans sa voiture avant de se rendre à un rendez-vous mystérieux : on pense être en terrain connu, sinon balisé, et pourtant ce film de 10 minutes parvient à étonner, notamment par son personnage féminin inhabituel du “sous-genre”, celui de Gab, interprétée par la jeune Laetitia Arab Tani, qui a participé au scénario au même titre que ses congénères réunis autour de cette tranche de vie tordant le cou aux clichés. Le collectif Tribudom a coproduit le film, qui sera viisble également en Grand Angle à Côté court.

Comme Dans la vagoNouvel Hair (photo ci-dessous) a lui aussi été à Marseille par Hadrien Bels, qui y réside en partie, et le premier film de cet écrivain remarqué avec Cinq dans tes yeux en 2020 (aux éditions L’Iconoclaste) a eu les honneurs de la sélection officielle des courts métrages à Cannes cette année, ce qui est amplement mérité au vu de la maîtrise narrative et de l’atmosphère qu’il parvient à faire émerger en un quart d’heure entre les murs d’un salon de coiffure d’un quartier populaire de la cité phocéenne en pleine gentrification.

Le patron s’apprête à vendre, recevant même une acheteuse potentielle désireuse d’ouvrir un coffee shop à la place, tandis que l’un de ses employés caresse le rêve de lancer sa propre affaire. Délicat et profond, offrant un regard sur le monde depuis un point précis, Nouvel Hair se profile comme l’un des probables grands succès de la période qui s’ouvre.

Avec le dernier film de la soirée, on reviendra à Lyon, où Louis Douillez a plongé les protagonistes de son nouveau film, L’amie en commun (photo de bandeau), comédie sentimentale très enlevée et s’aventurant avec bonheur sur le terrain du burlesque, sinon du slapstick, dans les pas d’une jeune femme fantasque jouée par la toujours épatante Céleste Brunnquell qui assiste par hasard à une scène de rupture entre deux amoureux et va se mêler dès lors de ce qui le la regarde pas tellement !

C’est drôle, léger, lumineux, dynamique ; il y a des bouquins, des vélos, des jeux à gratter et un petit chat blanc qui parvient à exprimer ce qu’il pense. Rien que du bonheur, donc, et la confirmation du talent singulier du réalisateur de Saint Lazare et des Fleurs bleues, récemment diffusé sur notre plateforme.

Et Louis Douillez sera présent afin d’échanger avec le public à l’issue de la projection, tout comme Simon Rieth et Lise Viardot. Venez donc en nombre pour les rejoindre…

Christophe Chauville

À lire aussi :

- Sur la programmation de Côté court 2026.

- Sur la séance “Déjà demain” spéciale Côté court de 2025.