News 19/05/2026

Unifrance a décerné son Prix du court métrage 2026 sur la Croisette

Pour la 24e année, la Terrasse Unifrance à Cannes a accueilli la cérémonie de remise des prix annuellement attribués par la structure au sein de la production nationale récente de courts métrages.

Œuvrant toujours inlassablement à la promotion des œuvres et des artistes du cinéma français, Unifrance s’intéresse évidemment de près et sans coup férir au format court, remettant traditionnellement son prix spécialement prévu – désormais fort convoité dans le secteur – lors du Festival de Cannes. Et pour 2026, c’est Swapper de Louis-Barthélémy Rousseau (photo de bandeau), produit par Aurora Films, qui a remporté le Grand prix.

Également présenté en compétition fiction lors de la prochaine édition de Côté court, à Pantin, Swapper met en scène une jeune voleuse de cartes bancaires – ou du moins de codes – qui s’invente de nouvelles identités au fur et à mesure qu’elle croise de nouvelles proies potentielles. La mise en scène est marquée par une grande liberté dans la gestion du récit, suivant ce personnage insolite à qui la comédienne Angèle Metzger donne une “coloration” également assez étrange. Et si le film s’enracine sans détours dans la fiction, une certaine frontalité héritée du documentaire (le réalisateur avait signé sur ce registre Début d’hiver en 2021) marquant la narration, dans un Paris nocturne hivernal et volontiers fantomatique (voir le dernier plan, neigeux et presque onirique, du film).

En parlant de documentaire, le Prix spécial du jury est allé à Chambre 206 de Laurie Bisceglia (photo ci-dessus), émouvante chronique d’une transition de genre, sur le temps réduit d’une opération, des jours qui précèdent et de ce qui suit immédiatement l’intervention. Laurie Bisceglia filme ainsi au plus près Clair, son “personnage”, qui s’exprime, se confie, semble parfois même s’adresser directement au spectateur. L’empathie est immédiate à son égard et on saisit sans pathos ce qui est en jeu dans cette charnière de vie absolument cruciale, vitale, à la sortie de cette chambre de clinique lambda.

Deux autres lignes de palmarès ont permis à Cracheurs (de Luis Letailleur, photo ci-dessus) et à Sea Sun and Burn (de Pauline Cancel, photo ci-dessous) de recevoir respectivement le Prix BeTV (qui est un diffuseur belge, pour qui ne le saurait pas) et le Prix Sooner (soit une plateforme concurrente de la nôtre, mais qui n’en est pas moins respectable !).

Le premier, avec Paul Kircher dans le rôle principal, s’empare d’un motif assez rarement représenté à l’écran – les cracheurs de flammes – et s’appuie sur une narration intense de lien filial complexe, envers un père alcoolique et potentiellement violent, avec qui une transmission est néanmoins susceptible de s’établir, autour de cet art du feu.

Le second est une chronique estivale de coming of age lorgnant clairement vers le cinéma d’une Julia Ducournau, mettant en scène une adolescente de 13 ans plutôt godiche, qui reste trop longtemps endormie au soleil et se prenant le coup de soleil du siècle sur tout le corps, ce qui n’améliore guère son capital séduction, déjà bien lesté par ses “poils de yéti”, comme le dit sa cousine…

À retenir : les quatre films primés seront projetés à Paris, en présence des différentes équipes, le lundi 8 juin à 20h30 au Grand Action, à Paris.

Christophe Chauville

À lire aussi :

- Sur les séances de compétition de courts métrages 1 et 2 de la Semaine de la critique 2026.

- Sur la séance spéciale de la Semaine de la critique 2026.