Côté court 2026 : un Grand prix moyenâgeux, ou presque…
La 35e édition de Côté court – et la dernière avec son fondateur et directeur Jacky Évrard à sa tête – a livré son verdict au Ciné 104 de Pantin samedi dernier. Une quinzaine de prix a été décernée.
Un drôle de trio errant croise sur son chemin deux soldats en pleine démobilisation. Surprise ! Nous sommes en 486 (photo de bandeau), comme le titre du film l’indique, soit mille cinq cent quarante ans en arrière, au tout début du Haut-Moyen-Âge. Ce court métrage signé Brieuc Schieb, habitué des univers singuliers, a reçu le Grand prix André S. Labarthe à l’issue de l’édition 2026 de Côté court, s’amusant délibérément d’anachronismes dans les dialogues et dans la caractérisation des personnages. Il s’agit là d’une coproduction entre Petit chaos et Le Fresnoy.
Le jury de la compétition fiction a aussi récompensé de son Prix spécial une œuvre très contemporaine, Because of (U) de Tohé Commaret (photo ci-dessous), qui s’articule autour de quelques plans fixes sur sa jeune héroïne en plein apprentissage de la dureté de l’existence et du rapport à la masculinité. Rappelons que la jeune réalisatrice avait décroché le Grand prix de la compétition Essai/Art vidéo en 2023, avec son film 8.

Le prix d’interprétation a été remis à deux ex-aequo, incarnant chacune une figure de jeune femme assez “border” : Angèle Metzger dans Swapper, de Louis-Barthélémy Rousseau, et Aliénor de Mezamat dans Les étreintes de Frédéric Schulz-Richard.
Découvert à Clermont-Ferrand en février, Faux bijou de Jessy Moussallem a cumulé le Prix du public et celui de la jeunesse. Autre doublé, celui qu’a réalisé Agnès (photo ci-dessous), réalisé par Nora Arnezeder, connue jusque-là comme actrice (elle avait été, entre autres, l’Angélique nouvelle version d’Ariel Zeitoun en 2013 !).
Son film, qui permet de retrouver Kim Higelin en jeune fille au pair confrontée à un événement plutôt traumatisant aux États-Unis, a obtenu à la fois le Coup de cœur des lycéen(ne)s et le Prix Bande à part. Enfin, pour ce qui est de la fiction, la presse a retenu le moyen métrage d’Antoine du Jeu Détective Smiley et les amis perdus.

Il y a d’autres sections importantes à Pantin, comme on sait, et c’est L’mina de Randa Maroufi (photo ci-dessous) qui l’a emporté en Essai/Art vidéo, un an après sa première cannoise à la Semaine de la critique.
Même chose, exactement, pour Dieu est timide de Jocelyn Charles, lauréat du Prix des étudiant(e)s de la Fémis en Grand Angle – en matière de fiction, tandis que Les mystères de l’horizon de Mathieu Sauvat a été choisi pour le documentaire.

Du côté de la sélection estampillée “Prospective”, voici les vainqueurs : Avis de passage, œuvre auto-produite de Ferdinand Ledoux (Grand prix) ; La nuit de Marina Deak (mention spéciale du jury) et La zone de Timothée Del Zotto, également auto-produit (Prix des étudiant(e)s de la Sorbonne-nouvelle). N’omettons pas de signaler avant de conclure le très important et révélateur Prix de la production émergente attribué à Venin Films, qui réunit notamment Élina Löwensohn, Yann Gonzalez et Bertrand Mandico.
Avec, enfin, l’expression de tous nos remerciements à l’équipe organisatrice du festival pour la séance du très beau cycle “L’amour du cinéma” à laquelle nous avons été associés à l’occasion des 10 ans de Brefcinema (avec la carte blanche en ligne proposée en parallèle à Lucie Borleteau et Antonin Peretjatko) et tous nos bons vœux pour la période qui s’ouvre désormais pour Jacky Évrard, avec qui nous avons apprécié de travailler tout au long de cette période, en fidèles compagnons de route.
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