Le jeune cinéma français en pince pour la rom-com
Le label d’édition Playlist Society a récemment publié un épatant petit livre d’entretiens autour de ce genre parfois mésestimé qu’est la comédie romantique. Amélie Bonnin, Alice Douard, Martin Jauvat et Alice Vial sont, entre autres, au sommaire.
On avait déjà loué ici la qualité de la collection Face B de chez Playlist Society et on va réitérer le compliment à la faveur de ce petit volume : La rom-com à tout prix. En premier lieu l’introduction de haute volée signée Sandra Onana et qui remet en perspective ce sous-genre qui est par essence très peu, voire pas du tout français. Par “peur bleue du mauvais genre”, explique l’éminente critique de Libération, ce qui conduit les cinéastes de l’Hexagone à louvoyer autour des motifs induits, par exemple Emmanuel Mouret (soit “la rom-com des gens qui auraient fait hypokhâgne”) ou Sophie Letourneur, via la “réponse merveilleusement difforme” que fut Énorme.
Et de fait, celles et ceux que le livre réunit se défendent d’avoir fait de la comédie romantique, plutôt portés à se revendiquer de “l’anti”. Et dans les films abordés dans le corpus envisagé, on peut agréer au constat suivant : “Exit les filles pots de fleurs”. Tout comme à celui-là : “Rideau sur les séducteurs gaulés comme des plagistes” – en effet, on parle potentiellement de Macaigne ou de Jauvat !

Les entretiens proposés à la suite permettent de rentrer non seulement au cœur du rapport entretenu par les artistes avec le genre, mais aussi dans les enjeux de fabrication concrets, de l’écriture au montage, en passant par le casting ou l’expérience du plateau, de longs métrages – souvent des premiers – ayant jalonné l’actualité des sorties au cours de l’année et demi écoulée, à savoir Partir un jour, Des preuves d’amour (photo ci-dessus), L’âme idéale ou Baise-en-ville (photo de bandeau).
Il y est question également de La poupée, de Sophie Beaulieu, qui sera pour sa part distribué en avril – avec Vincent Macaigne, notamment, donc (photo ci-dessous).

Exemple parmi les autres, l’entretien avec Amélie Bonnin permet d’aborder la question de l’inversion des rôles entre le court et le long, le travail de repérages des décors, le choix de faire chanter les comédien(ne)s sur le tournage en direct ou encore la représentation à l’écran du transfuge de classe. Chacune des contributions est aussi dense, ce qui permet de saluer le travail de Lucas Aubry et Quentin Mével sur ces entretiens aussi riches que concis. Car si la comédie romantique se savoure particulièrement à l’âge de l’adolescence, pourtant on y revient toujours, dixit la déjà citée Sandra Onana : ce n’est pas faux…

La rom-com à tout prix de Sandra Onana, Lucas Aubry et Quentin Mével,
Playlist Society, collection Face B, 128 pages, 12 euros.
Disponible depuis le 12 mars 2026.
À voir aussi :
- Nos entretiens vidéo avec Alice Douard et Martin Jauvat.
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