Les courts français (ou coproduits) à Annecy 2026
Le Festival du film d’animation d’Annecy (21 au 27 juin) a été décalé d’une semaine dans le calendrier cette année, pour cause de G7 organisé à Évian. Mais le programme de la manifestation n’en demeure pas moins toujours royal, y compris sur le volet des compétitions de courts métrages, où la production française tire une fois encore son épingle du jeu.
Il est souvent énoncé qu’au sein de l’énorme Barnum de l’animation qu’est le Festival d’Annecy, dont la 50e édition 2026 arrive sur cette fin juin, les compétitions de courts métrages en constituent le cœur battant. Ce sera encore le cas avec les différente sélections, en tête desquelles s’avance l’officielle, ou les productions françaises ou franco-quelque chose seront en bonne position, comme à la bonne habitude…

Pour les premières, Une fugue d’Agnès Patron et Dieu est timide de Jocelyn Charles font figure de valeurs établies, ayant débuté leurs tours du monde des festivals il y a plus d’un an à Cannes. Plus “neuf” – et très marrant –, Les pelures d’estomac d’Étienne Bonnet (visuel ci-dessus), produit par Girelle Production, relate une drôle d’aventure intime (et médicale !), sans être pourtant jamais nombriliste.
Autres films courts 100% frenchies, La robe peau de Joachim Hérissé, avec son animation de volumes en tissus et étoffes absolument somptueuse (en “Midnight Shorts”), et le fluo et déjanté Skin Flick, film d’école des Gobelins très WTF – c’est logiquement là qu’il sera présenté – complètent la délégation.

Difficile de citer tous les autres, mais on ne s’étonnera pas des attelages de coproduction entre France et Belgique (le curieux La petite reine blanche de Théo Hanosset et Mathieu Georis en officielle, le sensuel et féministe Mon nom est Lilith de Leo Luna Robert-Tourneur en Midnight Shorts – visuel ci-dessus – et Poisson nuage de Noé Garcia, produit par Arnaud Demuynck, en JP), ni du franco-suisse et mignonnet Piccolo piccolo de Marta Gennari (en JP aussi).
Fille de l’eau, fort de son César obtenu au début de cette année, après la Palme d’or du court métrage en 22025, sera aussi présent, ainsi que sa réalisatrice Sandra Desmazières, grande habituée du festival (voir aussi son interview vidéo pour Brefcinema).

En direction de l’Est de l’Europe, le déjà fameux Balconada d’Iva Tokmakchieva est coproduit avec la Bulgarie, Adgwa-Ata de Zsuzsanna Kreif avec la Hongrie – le film ayant par ailleurs été présenté à la dernière Semaine de la critique – et Motherhood d’Anca Damian avec la Roumanie (en plus de la Belgique, encore…).
On verra aussi le très beau et multi-primé Winter in March de Natalia Mirzoyan (visuel ci-dessus), conte de l’exil politique inscrit dans les tourments de l’époque (qui associe en outre l’Arménie et l’Estonie) et le nouvel opus, une fois encore très drôle et immédiatement reconnaissable d’Anna Mantzaris, Please (visuel ci-dessous). Pour le coup, ce sont la Suède, la France, la République tchèque, la Norvège et la Finlande qui se côtoient au générique.

Deux très belles réussites seront projetées en “perspectives” : Porque hoje é sabado d’Alice Eça Guimarães (visuel de bandeau), qui traite de la charge mentale des mères (et qui concourt sous triple casaque : Espagne, France et Portugal), et Sundruð de Fan Sissoko (qui est une cinéaste franco-malienne, remarquée en 2022 pour En surface), prenant place en Islande, où il suit Neema, une jeune immigrée luttant contre la solitude et l’indifférence. On parie volontiers que l’on retrouvera souvent ces deux-là dans les festivals de la période qui s’ouvre.
À lire aussi :


