Festivals 02/03/2026

Berkeley célèbre le court métrage (et le jeune cinéma) français !

Un tout nouvel événement se voit lancé sur le campus californien de Berkeley, EB Cinema Week. Entre le 3 et le 6 mars, neuf courts métrages parmi les plus remarqués de l’année écoulée seront projetés, en plus du fraîchement césarisé Nino de Pauline Loquès et d’une séance jeune public.

Frederick Wiseman, récemment disparu, avait filmé l’endroit dans un documentaire marquant (At Berkeley, 2013). L’école bilingue de cette mythique université s’apprête à y présenter une manifestation qui jette à son tour un pont entre la France et l’Ouest américain, en proposant pendant quatre jours des projections de films français, dans le cadre du Mois de la francophonie.

Si les réjouissances se fermeront avec la projection du très beau premier long de Pauline Loquès Nino, doublement récompensé aux César il y a quelques jours (meilleur premier film et meilleur espoir masculin pour Théodore Pellerin), il a été choisi de faire la part belle au court métrage, ce dont nous nous réjouissons naturellement! On ne pouvait pas moins en attendre de la part de Justine Lévêque, directrice artistique de l’événement, qui a grandement œuvré en ce sens durant dix ans à la tête du Champs-Élysées Film Festival, dont l’ultime édition s’est déroulée au mois de juin 2025.

 

Celle-ci a d’ailleurs présenté en ces mots sa programmation : “C’est une grande joie de mener ce nouveau projet et de me rendre à Berkeley pour accompagner des œuvres qui ont émerveillé, bouleversé ou bousculé le cinéma français cette dernière année. Interroger notre époque au travers du cinéma tout en contribuant à la transmission de la culture cinématographique auprès de tous les publics est le moteur de EB Cinema Week. Un magnifique élan envers la jeunesse, une promesse d’accessibilité et d’ouverture infinie. C’est réjouissant.”

De fait, plusieurs des films programmés avaient été remarqués en leur temps au CEFF, comme Au bain des dames de Margaux Fournier, qui y avait même effectué sa première mondiale avant de remporter le César du meilleur court métrage documentaire. Il sera pour l’occasion présenté pour la première fois aux États-Unis, tout comme Big Boys Don’t Cry d’Arnaud Delmarle (autre nommé au César du court métrage de fiction, photo ci-dessus), Ne réveillez pas l’enfant qui dort de Kevin Aubert, Ni Dieu ni père de Paul Kermadec (l’un des nommés au César du court métrage documentaire 2026) et No Skate! de Guil Sela (photo de bandeau).

Le cinéma d’animation hexagonal sera bien représenté lui aussi, à travers Les belles cicatrices de Raphaël Jouzeau (donc, à nouveau, l’un des finalistes aux derniers César), Comme si la terre les avait avalées de Natalia Leon (qui se déroule au Mexique et prendra une résonance particulière sur place, visuel ci-dessus) et Sulaimani de Vinnie Ann Bose. L’hybride Généalogie de la violence de Mohamed Bourouissa, sur le motif des violences policières hélas partagé d’un continent à l’autre, complète cette belle proposition en forme de florilège. 

Durant une semaine, les élèves et les habitants de la Bay Area pourront ainsi voter pour leur film favori, assister à des rencontres en visioconférence avec des cinéastes et participer à des ateliers pédagogiques. L’éducation au cinéma étant une source d’inspiration importante pour la manifestation naissante, les plus jeunes pourront aussi découvrir Le secret des mésanges d’Antoine Lanciaux lors d’une séance spéciale. On souhaite évidemment longue vie à ce nouveau lieu de diffusion du cinéma français à l’échelle internationale, les échanges culturels apparaissant particulièrement précieux par les temps qui courent.

Christophe Chauville

À voir aussi :

Notre interview filmée de Pauline Loquès.

À lire aussi :

- Le palmarès des César 2026.