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Zohra à la plage

Catherine Bernstein

1995 - 9 minutes

France - Fiction

Production : Movimento Production

synopsis

Zohra, nounou algérienne, accompagne à la plage la petite fille dont elle s’occupe. Cette journée va lui faire découvrir de nouvelles sensations.

Catherine Bernstein

Née en 1964 à Tours, Catherine Bernstein a suivi après le bac des études de lettres modernes, puis de cinéma à Paris. Elle a d'abord été assistante sur des films de tous types, parmi lesquels Un monde sans pitié d’Éric Rochant (1989), La vie des morts d’Arnaud Desplechin (1991) ou encore L'irrésolu de Jean-Pierre Ronssin (1994).

Catherine Bernstein réalise ensuite elle-même différents courts métrages : Zohra à la plage (1996), Asylum (2008) et Nue (2008), pour lequel elle a demandé à sa propre fille Juliette de la filmer. Elle s'est peu à peu principalement tournée vers le documentaire, à travers notamment Alan Turing, le code de sa vie (2013) ou encore Haïm (2014).

Ses derniers films en date sont des productions destinées à la télévision : Fritz Bauer, un procureur contre le nazisme (2018), La SNCF sous l'Occupation (coréalisé avec Laurent Douzou, 2019) et Les identités de Mona Ozouf (2020).

Critique

La réussite et le succès de Zohra à la plage apportent la preuve que brièveté ne signifie pas fatalement film-gag. Certes, ici aussi, le film s'achève sur une chute, mais elle relève d'un comique tendre, chaleureux et humain, celui-là même qui inspire le fil de ce récit. Une Algérienne d'une cinquantaine d'années, employée chez un jeune couple, est emmenée à la plage avec des enfants et y découvre un plaisir qu'elle n'a jamais connu, celui de se dêvetir en plein air, de goûter la brûlure du soleil sur la peau, les jeux au bord de l'eau. Bien sûr, au début elle est réticente, reste assez longtemps habillée à cuire sous le soleil, mais finalement cède à la pression ambiante. 

Ce n'est que cela : une bouffée d'air frais, un moment de vie filmé sans esbrouffe, le portrait d'une femme qui, avec une joie native, découvre, sur le tard, des plaisirs simples, banals pour la plupart d'entre nous. 

Bien sûr, il n'est pas anodin que cette anecdote s'inscrive dans le cadre d'une jeune famille bourgeoise qui emploie cette “nounou” algérienne. Générations, classes, mœurs pourraient y être déclinés sur le mode du conflit. Rien de tel, l'action se déroule avec les accents complices d'une cohabitation bon enfant. Depuis combien de temps cette femme travaille-t-elle pour cette famille ? Quelle vie a-t-elle menée auparavant pour ne jamais avoir connu la mer ? Le film ne pose pas ces questions. Elles constituent un envers, non dit, sur lequel on aurait tort d'insister à propos d'un film qui dépeint avec chaleur un petit bonheur, une libération, et dont la réussite revient en bonne part à la générosité communicative de l'actrice principale.

Jacques Kermabon

Article paru dans Bref n°29, 1996. 

­Réalisation et scénario : Catherine Bernstein. Image : Jean-Philippe Bouyer. Montage : Agnès Brückert. Son : Nathalie Vidal et Mourad Louanchi. Interprétation : Zoubida Boulgroune, Juliette Authier, Nathalie Dorval et Sabine Naud. Production : Movimento Productions.

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