Extrait
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Thermostat 6

Marion Coudert, Maya Av-Ron, Mylène Cominotti, Sixtine Dano

2018 - 5 minutes

France

Production : Gobelins - L’école de l’image

synopsis

Diane ne peut plus faire semblant de ne pas voir la fuite qui coule au-dessus de la table du repas familial.

Marion Coudert

Marion Coudert, Maya Av-Ron, Mylène Cominotti et Sixtine Dano ont toutes les quatres étudié aux Gobelins.

Elles ont coréalisé en 2018 le court métrage Thermostat 6 dont le titre fait référence au degré de cuisson des fours et cuisinières, mais aussi aux dérèglements climatiques au cœur des préoccupations mondiales de l’époque.

Maya Av-Ron

Maya Av-Ron, Marion Coudert, Mylène Cominotti et Sixtine Dano ont toutes les quatres étudié aux Gobelins.

Elles ont coréalisé en 2018 le court métrage Thermostat 6 dont le titre fait référence au degré de cuisson des fours et cuisinières, mais aussi aux dérèglements climatiques au cœur des préoccupations mondiales de l’époque.

Mylène Cominotti

Mylène Cominotti, Maya Av-Ron, Marion Coudert et Sixtine Dano ont toutes les quatres étudié aux Gobelins.

Elles ont coréalisé en 2018 le court métrage Thermostat 6 dont le titre fait référence au degré de cuisson des fours et cuisinières, mais aussi aux dérèglements climatiques au cœur des préoccupations mondiales de l’époque.

Sixtine Dano

Sixtine Dano, Mylène Cominotti, Maya Av-Ron et Marion Coudert ont toutes les quatres étudié aux Gobelins.

Elles ont coréalisé en 2018 le court métrage Thermostat 6 dont le titre fait référence au degré de cuisson des fours et cuisinières, mais aussi aux dérèglements climatiques au cœur des préoccupations mondiales de l’époque.

Critique

Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, vous n’êtes jamais contents. Profitons de ce repas ensemble !”, lance une mère de famille en passant une assiette remplie de melons et de crudités à son mari. L’assiette vient recouvrir dans le cadre le visage de Diane, leur fille, la tête calée dans la paume de sa main, qui ne peut plus faire semblant de ne pas voir la fuite au-dessus de la table. Telle une marmite de soupe au centre des victuailles, un seau d’eau accueille les gouttes qui coulent du tuyau percé au plafond. Si la mère appelle à profiter du repas plutôt que de se préoccuper de la météo (entendez “le changement climatique”), ce n’est pas le cas de Diane, qui décide de grimper sur la table pour réparer ce qui peut encore l’être. Toute la famille l’ignore : le père est démissionnaire, le fils veut aller jouer, la mère apporte les plats qui remplissent l’espace de plus en plus rapidement et le grand-père ronchonne, le nez dans son journal. 

En moins de cinq minutes, Thermostat 6, réalisé par quatre étudiantes des Gobelins, parvient à rendre compte d’une inaction généralisée sur les questions climatiques. Toute la question du film est tenue dans cette alternative : agir ou ne pas agir. Sorte de Grande bouffe écolo, le film s’accélère à mesure qu’il progresse et l’animation fourmille de mets en mets pour recouvrir et remplacer la possibilité même d’une solution. Le tout s’enfonce dans un désaveu global de la situation, malgré l’eau qui envahit excessivement le salon. Thermostat 6 est un film d’infiltration au sens propre, il est une urgence tout entière, bruyante et intense qui soudain se tait. Et c’est précisément dans ce silence brusque, dans ce face-à-face entre la fille et le grand-père, entre deux corps flottants dans le mutisme, au terme d’une cadence finement résolue, que les générations précédentes et actuelles prennent conscience, dans un mouvement commun, qu’il est déjà trop tard. 

Thermostat 6 a ceci de particulièrement touchant, avec une animation colorée, déformante et avec un travail précis du bruitage, qu’il raconte comment fixer dans le blanc des yeux l’irréparable. Il ne propose pas un discours, maintes fois répétées, sur l’importance d’une prise de conscience, mais il cristallise le moment précis du non-retour. C’est une parabole où s’enfoncent dans les eaux envahissantes, les acquis et le confort des anciens qui se retrouvent nez-à-nez avec leur propre déni, à voguer dans les maisons à la dérive. Reste alors une comptine désenchantée et l’histoire d’un festin tragique. 

Arnaud Hallet 

Réalisation et scénario : Maya Av-Ron, Mylène Cominotti, Marion Coudert et Sixtine Dano. Animation : Mylène Cominotti, Marion Coudert et Maya Av-Ron. Montage : Véronique Goupil. Son : Vincent Hazard et Dominique Ciekala. Musique originale : Arthur Dairaine. Interprétation : Camille Claris, Maxime d'Aboville, Bernard Métraux, Céline Monsarrat et Alessia Gouhier. Production : Gobelins - L'école de l'image.

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