Extrait
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Sainte Baume

Laetitia Spigarelli

2021 - 48 minutes

France - Fiction

Production : Les Films de la Nuit

synopsis

Le grand-père de Marie est en train de mourir. Dans la maison où toute la famille se retrouve, l’agitation laisse peu de place aux échanges. Marie décide de se rendre à la grotte de la Sainte-Baume. Mais dans les escaliers escarpés qui y mènent, elle est prise d’un vertige intense.

Laetitia Spigarelli

Née en 1979 et formée au Conservatoire national d'art dramatique de Paris, Laetitia Spigarelli est une actrice et réalisatrice reconnue, très active au théâtre et qui a été notamment dirigée par Olivier Assayas dans Clean (2004), ainsi que dans son épisode du film collectif Paris, je t'aime (2006). Elle a également été vue dans Les amants réguliers de Philippe Garrel (2005), Actrices de Valeria Bruni Tesdeschi (2007) ou encore La frontière de l'aube de Philippe Garrel (2008).

Elle tient le rôle principal du court métrage Décroche de Manuel Schapira, qui reçoit l’Ours d’argent au Festival de Berlin en 2007, et tourne dans de très nombreux films courts, comme Les meutes de Manuel Schapira (2012), qui obtient le Prix de la presse à Paris Courts devant, ou encore TGV d’Émilie Noblet (2014).

En 2018, Laetitia Spigarelli réalise son premier court métrage, Août, dans lequel elle tient aussi le rôle principal. Le film est séléctionné au Festival Côté court de Pantin.

En 2020, elle tourne sous la direction de Christelle Lheureux dans le court métrage 80 000 ans, puis dans L’arrivée du soleil dans votre signe de Lisa Giacchero, présenté au Festival de Clermont-Ferrand en 2022. C'est aussi le cas de son deuxième moyen métrage, Sainte Baume, à nouveau produit par les Films de la Nuit et également présenté à Pantin.

En 2022, elle a joué dans La petite bande de Pierre Salvadori.

Critique

Après Août, tendre déambulation estivale d’une jeune femme (Spigarelli, devant et derrière la caméra) dans un Paris vide, ouvert au hasard de la rencontre, la jeune cinéaste française et actrice s’attèle au genre du film de famille, corpus immense aux infinies variations dont regorge le cinéma français. Avec Sainte Baume, Laetitia Spigarelli imagine Marie (Pauline Lorillard) revenue en terre familiale pour dire définitivement au revoir aux souvenirs de l’enfance, et surtout à son grand-père mourant. Le décor est celui, vivant, d’une tribu retrouvée, agité par les va et vient des uns, les confidences, les histoires racontées des autres dans une cuisine ou encore les rancœurs, les non-dits qui se nichent dans les berceaux des histoires familiales.

Marie, comme l’était la promeneuse solitaire d’Août, est de ces héroïnes adulescentes, fille de son âge et de son temps, mais héroïne éternelle, en décalage avec une forme de stabilité normative que lui renvoient les autres. Jamais très loin des héroïnes rohmériennes et de leurs errances existentielles. Surtout, Marie a le vertige et quand elle se décide à grimper, seule, le massif praticable de Sainte-Baume pour rejoindre son sanctuaire haut perché, elle ne sait pas trop ce qu’elle y cherche mais elle a sans doute l’intuition d’y trouver quelque chose au risque de vouloir se jeter dans le vide. C’est alors que Sainte Baume se transforme progressivement, sans que cela ne vienne perturber la forme de sa chronique. Le cadre familier et la douceur burlesque de ses situations et de ses protagonistes – cette acuité toute documentaire qui nous permet de reconnaître en chacun un peu des siens et des autres – mute au contact d’une force surnaturelle, un mysticisme diffus qui glisse des hauteurs de la montagne à mesure que le silence se fait. Un silence que Marie retrouve dans une grotte, lieu de prière où bientôt elle rencontrera des femmes, d’un autre pays, d’une autre langue, qu’elle reconnaîtra comme des sœurs ou comme des amies.

Un mystère entoure Sainte Baume, celui d’une communication entre les générations, entre les vivants et les morts, entre une mélancolie profonde et la vie retrouvée. La réconciliation advient ici comme un miracle ; la possible lueur d’une croyance à l’horizon, comme un baume cicatrisant. 

Marilou Duponchel 

Réalisation et scénario : Laetitia Spigarelli. Image : Robin Fresson. Montage : Louise Jaillette. Son : Olivier Pelletier, Rym Debbarh-Mounir et Emmanuel Croset. Interprétation : Pauline Lorillard, Emmanuelle Destremau, Lou Ann Pecol, Gérard Goron, Gil Lopes, Erland Pagliero, Hélène Babu et Catherine Lecoq. Production : Les Films de la Nuit.

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Rencontre avec Laetitia Spigarelli