Extrait
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Réplique

Antoine Giorgini

2016 - 19 minutes

France, Belgique - Fiction

Production : Première Ligne Films / Wrong Men

synopsis

Aujourd’hui, Tony passe une audition au conservatoire d’art dramatique. Mais Steven, son meilleur ami censé lui donner la réplique, n’est pas là. Après avoir échoué à lui trouver un remplaçant, Tony quitte les lieux, déterminé à ne plus jamais adresser la parole au traître.

Antoine Giorgini

Antoine Giorgini obtient un bac littéraire cinéma puis un master de filmologie.

Après avoir travaillé comme animateur dans un centre social, Antoine Giorgini réalise un stage en décoration sur des tournages et a travaillé pendant six ans sur des décors de longs métrages.

En 2012, il réalise son premier court métrage, Les brigands, qui a été projeté dans de nombreux festivals et primé à Rio, Angers, Paris et Toulouse. En 2015, il tourne son deuxième court métrage, Réplique, qui participe a plus de cinquante festivals et y récolte une vingtaine de prix, à Clermont-Ferrand, Lille, Bruxelles, ainsi que le Prix spécial du jury UniFrance.

En 2019, il signe Air comprimé, qui a également été présenté au Festival de Clermont-Ferrand.

Antoine Giorgini participe également à l’écriture de longs métrages et continue à travailler sur les décors de films. Le montage de son prochain court métrage est actuellement en cours.

Critique

Antoine Giorgini a travaillé pendant ses études comme animateur auprès d’adolescents, expérience qui a inspiré son écriture et l’envie de raconter des trajectoires de jeunes gens en errance et en quête de sens. Ce fut le cas pour son premier court métrage, Les brigands (2013), de même que pour le suivant, Réplique. Mais si la première séquence ancre ce film dans le registre d’un cinéma social, le réalisateur ne va ensuite cesser de naviguer entre différents registres. Son personnage principal, Tony, semble lui-même refuser d’être cantonné aux faubourgs et provoque le destin en partant auditionner au conservatoire du centre-ville, lieu par excellence de la distinction sociale.

Pourtant, nous n’aurons ni la séquence de l’audition, ni la comédie jouant sur l’intrusion d’un personnage dans un milieu étranger au sien, que le début du court pouvait laisser supposer, mais un basculement inattendu vers une séquence de film policier. Cette manière de déjouer les attentes rappelle d’ailleurs un autre court métrage réalisé à peu près au même moment, La convention de Genève (Benoit Martin, 2016). Celui-ci mettait également en scène des adolescents, avec une fin surprenante qui révélait un personnage.

Dans Réplique, nous entendrons finalement les tirades attendues de la Tempête de Shakespeare par Tony, mais dans un tout autre contexte que celui initialement prévu. Elles révèlent alors le jeune homme et le libèrent, à la fois au sens propre, comme pièce à conviction – il ressort du commissariat apparemment sans trop d’encombres – et au sens figuré – il apparaît aux yeux du policier autre qu’un ado de banlieue en passe de devenir un délinquant. Comme dans le reste du film et également comme dans le théâtre de Shakespeare, cette avant-dernière séquence oscille entre la comédie, le grotesque (avec le lieu insolite et l’incarnation par Steven du personnage de Miranda) et le drame, le sublime (Tony habitant le rôle de Ferdinand avec la conviction de celui qui joue son va-tout).

Ainsi, Tony et Steven traversent leur propre tempête et, à défaut d’incarner véritablement ces personnages shakespeariens, le deviennent eux-mêmes un peu. 

Anne-Sophie Lepicard

­Réalisation et scénario : Antoine Giorgini. Image : Thomas Bataille. Montage : Cyril Slobodzian et Nicolas Sburlati. Son : Matthieu Roche, Thomas Grimm-Landsberg et Laurent Martin. Interprétation : Eddy Suiveng, Tobias Nuytten et Fabrizio Rongione. Production : Première Ligne Films et Wrong Men.

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