Plat de résistance
Zinia Scorier, Marie Royer
2024 - 12 minutes
Belgique, France - Animation
Production : Zorobabel, Promenons-nous dans les bois
synopsis
Au travers d’enregistrements audio pris sur le terrain et d’images animées poétiques, le film dresse le portrait d’activistes qui utilisent l’alimentation comme outil dans leur lutte anticonsumériste.
biographie
Zinia Scorier
Zinia Scorier et Marie Royer ont terminé en 2019 leurs études d’animation à la Haute école Albert-Jacquard en Belgique en coréalisant le court métrage Immersion avec Mathis Dubrul. Ensuite, tout en gravitant entre Belgique et France, elles ont donné vie, bénéficiant notamment d’une résidence en Région Grand Est, à leur premier court métrage produit : Plat de résistance.
Le film a fait sa première au Brussels International Film Festival (BRIFF) en 2024, avant de se voir sélectionné dans de nombreux festivals internationaux, notamment à Odense, au Black Nights Film Festival, à Premiers plans à Angers, à IndieLisboa, à Animafest Zagreb, à Côté court à Pantin ou encore au London Short Film Festival.
Il a aussi reçu en 2025 le Prix spécial du jury au Festival de Drama en Grèce et une mention spéciale du jury au Festival “Le court en dit long”, au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris.
Marie Royer
Zinia Scorier et Marie Royer ont terminé en 2019 leurs études d’animation à la Haute école Albert-Jacquard en Belgique en coréalisant le court métrage Immersion avec Mathis Dubrul. Ensuite, tout en gravitant entre Belgique et France, elles ont donné vie, bénéficiant notamment d’une résidence en Région Grand Est, à leur premier court métrage produit : Plat de résistance.
Le film a fait sa première au Brussels International Film Festival (BRIFF) en 2024, avant de se voir sélectionné dans de nombreux festivals internationaux, notamment à Odense, au Black Nights Film Festival, à Premiers plans à Angers, à IndieLisboa, à Animafest Zagreb, à Côté court à Pantin ou encore au London Short Film Festival.
Il a aussi reçu en 2025 le Prix spécial du jury au Festival de Drama en Grèce et une mention spéciale du jury au Festival “Le court en dit long”, au Centre Wallonie-Bruxelles, à Paris.
Critique
Un coin de terre où l’on fait pousser des tomates là où la ville voudrait du bitume. D’emblée, Plat de résistance propose une lecture politique du monde. Car ce que l’on met dans son assiette n’est jamais tout à fait anodin, et encore moins lorsqu’il s’agit de déjouer les circuits de la société de consommation. À partir de pratiques soustraites à leur logique marchande – récupération, cuisine collective, réappropriation d’espaces partagés –, le film envisage l’alimentation comme une ligne de résistance concrète, faite de circulation, de redistribution et de liens réactivés.
Pour donner corps à ces trajectoires, les réalisatrices croisent des enregistrements sonores captés en 2020 au quartier libre des Lentillères, à Dijon. L’animation ne cherche pas à les représenter : elle les accueille dans une matière graphique rugueuse, faite d’aplats francs, de couleurs saturées et de traits vifs. Une esthétique qui évoque l’affiche militante ou la sérigraphie artisanale, où le dessin prolonge les gestes qu’il évoque – fabriquer, cultiver, distribuer.
Entièrement conçue par les deux autrices – réalisation, scénario, images et montage – l’animation accompagne les récits tout en s’autorisant des échappées plus libres. Elle les amplifie, les déplace, parfois les déborde, dans une matière visuelle souple et mouvante. Le trait oscille entre végétal et urbain, entre pousse et béton, comme si la forme refusait de s’enfermer dans une esthétique trop lisse, trop propre. Dans les moments de partage, les formes se densifient et se réchauffent ; face aux interventions policières, elles se fragmentent, se désorganisent.
Premier court métrage du duo depuis leur sortie de l’école d’animation Albert Jacquard de Namur, Plat de résistance défend une position nette : l’animation n’est pas un ailleurs, mais une manière d’investir le réel autrement et d’en révéler les frictions comme les possibles.
Léa Drevon
Réalisation et scénario : Marie Royer et Zinia Scorier. Image : Jeanne Boukraa, Marie Royer et Zinia Scorier. Montage : Marie Royer et Zinia Scorier. Son : Marie Royer, Zinia Scorier, Will Studio, Vivien Roche, Kinane Moualla et Didier Falk. Musique originale : Chocolat Billy et Les Slugs. Production : Zorobabel et Promenons-nous dans les bois.


