Les amoureuses
Catherine Cosme
2015 - 27 minutes
Belgique, France - Fiction
Production : La Mer à boire Productions, Hélicotronc
synopsis
Sara a quinze ans elle passe ses journées d’été au bord de la piscine accompagnée de sa mère, de sa petite sœur et de ses copines. La fin du mois d’août sera traversée par la rencontre d’un jeune homme, Lilian, pour lequel Sara et sa mère éprouvent le même désir.
biographie
Catherine Cosme
Critique
Tout commence autour d’un groupe d’adolescents près d’une piscine. Certains se touchent, s’embrassent. La caméra de Catherine Cosme semble les détailler à leur insu. Deux mains qui se nouent, un index qui caresse un ventre. En voix off, des filles discutent, échangent de maladroites confidences. Leurs mots, parfois à peine audibles, se mêlent aux bruits de l’eau et à leurs éclats de rire. De quoi parlent-elles ? De sexe, évidemment. Très vite, on découvre deux personnages qui n’ont pas grand-chose à faire au milieu de ce groupe : la mère et la petite sœur de l’une d’elles, Sara. Le problème est donc posé : le mélange des générations et l’interpénétration de trois univers que tout oppose. Dans ce camping breton quasi désert en cette fin d’été, ces trois figures féminines vivent en huis clos. Le temps semble suspendu. Et c’est bien sûr l’arrivée d’un homme, Lilian le maître-nageur, qui va tout bouleverser. Celui-ci attire toutes les attentions. Dès lors, plus rien d’autre ne compte. Et chacune, à sa manière, va tenter de le séduire, en un étrange carré amoureux.
Le thème du premier émoi est universel, maintes fois exploré. Ici, Catherine Cosme le démultiplie et démontre qu’il est possible à tous les âges de la vie d’une femme. L’innocence de l’enfance de Mouche fait place à la frénésie de l’adolescence de Sara, puis à la douceur maladroite de l’adulte, Aline, qui semble retrouver des sentiments perdus. Et si, finalement, ces trois générations étaient l’incarnation d’une seule et même femme ?
L’élément aquatique est très présent dans le film, lieu des premières rencontres de Lilian et Mouche, mais aussi d’une scène particulièrement poétique, chargée de tension sexuelle, entre Sara et le jeune homme. Symbole de vie par excellence, l’eau exalte les sens. Mais en un plan, très court, presque cruel, le spectateur réalise que, pour Aline, il n’en sera pas de même. À l’abondance de la jeunesse succède la sécheresse.
On relèvera la performance des trois actrices, justes et sensibles. Très différentes physiquement et dans leur jeu, elles sont pourtant idéalement complémentaires. Il se dégage une vraie tendresse et une profonde empathie de Catherine Cosme pour ses amoureuses. Lorsqu’il se termine, le film laisse une trace forte dans l’esprit et le coeur, quelque chose de beau et triste à la fois, mais surtout de résolument optimiste.
Cécile Guthleben
Article paru dans Bref n°118, 2016
Réalisation et scénario : Catherine Cosme. Image : Léo Lefèvre. Montage : John Pirard. Son : Frédéric Hamelin, Marie Paulus et Jean-Stéphane Garbe. Musique originale : Harold Noben. Interprétation : Cosima Bevernæge, Fantine Harduin, Marc Zinga et Aurore Fattier. Production : La Mer à boire Productions et Hélicotronc.


