Extrait
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Le monde en soi

Sandrine Stoïanov, Jean-Charles Finck

2020 - 19 minutes

France - Animation

Production : Caïmans Productions

synopsis

Une jeune peintre préparant sa première exposition s’investit dans sa création, jusqu’à perdre pied avec le réel et sombrer dans un chaos hallucinatoire. Dans la claustration d’une clinique, elle se reconstruit lentement par la peinture et l’observation quotidienne d’un écureuil à travers la fenêtre.

Sandrine Stoïanov

Sandrine Stoïanov est née un vendredi 13 de 1973, Jean-Charles Finck est né en 6-66. Si vous croyez à la numérologie, vous êtes déjà partis. De leur rencontre en 1999 naîtra pourtant un film en 2006 et un fils en 2008. Le fils n'a pas une enfance malheureuse et est le meilleur des Oscar. Le film évoque deux enfances imaginaires, issues de l'absence, deux filles imaginées derrière le masque du réel : Irinka & Sandrinka. Il raconte aussi une Russie de rêve(s), un passé enluminé ; il narre la nostalgie des sources perdues et des chemins qu'on n'a pas empruntés.

Le chemin qu'empruntent Sandrine et Jean-Charles est un parcours du combattant : Le parcours de l'écureuil, un nouveau court métrage plus long, à sortir en 2019, qui une fois encore entrelace divers graphismes, mais adopte un style plus réaliste pour décrire l'irréel du quotidien. Il anime l'encre et parle de peinture, des femmes peintres, d'une femme qui dessine et qui veut peindre, et qui s'abîme et se débat dans les méandres de sa perception angoissée du monde, se perd par la création et se sauve par la création.

Sandrine Stoïanov a fréquenté les Beaux Arts de Reims et d'Épinal, puis l'école d'animation des Gobelins et le mythique Atelier d'Anim. Elle travaille généralement comme animatrice.

Jean-Charles Finck s'est essayé à la bande dessinée avant d'être storyboarder pour des dessins animés tels que Persépolis, mais aussi réalisateur et/ou scénariste de films et de séries d'animation. Son court métrage Le nez d'après Gogol est son œuvre la plus singulière.

En 2020, Sandrine Stoïanov et Jean-Charles Finck réalisent Le monde en soi, le film est présenté au Festival International du Film d’Animation d’Annecy en 2021 et reçoit de nombreux prix tels que le Prix Movistar+ et le Prix du jury des jeunes professionnels par Unifrance ou le Label Short Film Market Picks au Festival du Court Métrage de Clermont Ferrand en 2021. 

Jean-Charles Finck

Sandrine Stoïanov est née un vendredi 13 de 1973, Jean-Charles Finck est né en 6-66. Si vous croyez à la numérologie, vous êtes déjà partis. De leur rencontre en 1999 naîtra pourtant un film en 2006 et un fils en 2008. Le fils n'a pas une enfance malheureuse et est le meilleur des Oscar. Le film évoque deux enfances imaginaires, issues de l'absence, deux filles imaginées derrière le masque du réel : Irinka & Sandrinka. Il raconte aussi une Russie de rêve(s), un passé enluminé ; il narre la nostalgie des sources perdues et des chemins qu'on n'a pas empruntés.

Le chemin qu'empruntent Sandrine et Jean-Charles est un parcours du combattant : Le parcours de l'écureuil, un nouveau court métrage plus long, à sortir en 2019, qui une fois encore entrelace divers graphismes, mais adopte un style plus réaliste pour décrire l'irréel du quotidien. Il anime l'encre et parle de peinture, des femmes peintres, d'une femme qui dessine et qui veut peindre, et qui s'abîme et se débat dans les méandres de sa perception angoissée du monde, se perd par la création et se sauve par la création.

Sandrine Stoïanov a fréquenté les Beaux Arts de Reims et d'Épinal, puis l'école d'animation des Gobelins et le mythique Atelier d'Anim. Elle travaille généralement comme animatrice.

Jean-Charles Finck s'est essayé à la bande dessinée avant d'être storyboarder pour des dessins animés tels que Persépolis, mais aussi réalisateur et/ou scénariste de films et de séries d'animation. Son court métrage Le nez d'après Gogol est son œuvre la plus singulière.

En 2020, Jean-Charles Finck et Sandrine Stoïanov réalisent Le monde en soi, le film est présenté au Festival International du Film d’Animation d’Annecy en 2021 et reçoit de nombreux prix tels que le Prix Movistar+ et le Prix du jury des jeunes professionnels par Unifrance ou le Label Short Film Market Picks au Festival du Court Métrage de Clermont Ferrand en 2021. 

Critique

Le monde en soi nous raconte par petites touches, et de l’intérieur, le récit d’un burn-out à la fois bouleversant et terriblement banal. Bouleversant parce que banal, peut-être. Cette jeune femme au bord, puis au fond du gouffre, cela pourrait être n’importe laquelle ou lequel d’entre nous, car si le film dit beaucoup sur le rapport trouble et ambivalent que l’artiste peut entretenir avec le fait de créer, il parle aussi de nos failles et de nos doutes, des moments de basculement que l’on refuse de voir venir, et de cette douleur indicible qui amène parfois à plonger de soi-même dans l’abîme.

L’alternance entre les scènes de reconstruction et les séquences qui ont précédé la chute, loin d’être une facilité d’écriture, rejoue quelque chose de cette tension. Il y a l’austérité du trait noir très simple, sans fioritures, pour les passages situés dans l’hôpital psychiatrique. Le cadre est fixe, tout est très posé, très épuré. Seule la fenêtre apporte une tache de couleur et de vie dans cette chambre nue où se tient le personnage, au-delà de la tristesse.

Par contraste, il y a une explosion de couleurs pour les flashbacks qui nous dévoilent peu à peu “l’avant”, notamment des rouges et des verts vifs. Le tourbillon de l’art et de la vie, justement, s’y mêlent étroitement. Observer le monde et tenter de le retranscrire, encore et encore.

Les émotions passent ainsi par les images, faisant l’économie d’explications appuyées. Tout demeure minimaliste, rythmé par le montage parallèle de ces deux saisons de la vie du personnage. Cette simplicité laisse la place à des moments presque abstraits qui nous emmènent dans son esprit. On voit, par ses yeux, le monde en train de se décomposer, les gens qui l’entourent devenant seulement des lignes, des esquisses, des dessins à faire ou à terminer, ou au contraire des tableaux célèbres et inégalables.

De cette manière, le duo de réalisateurs saisit le moment du dérapage, qu’il traduit par une longue fuite en avant, hallucinée et cauchemardesque, s’autorisant toutes les audaces. Mais si l’art, dans toute sa dimension impérieuse, a le pouvoir d’écraser, il a aussi celui de redonner du souffle à l’existence. C’est donc en ouvrant une boîte de peinture que la jeune femme retrouve le chemin d’elle-même, parvenant peu à peu à se reconnecter avec la réalité du monde et de ses émotions.

On pourrait trouver le constat facile. Peut-être, si l’on estime que cela l’est de dire des choses vraies. Il est pourtant parfois très beau de rappeler des évidences qui donnent de l’espoir.

Marie-Pauline Mollaret

Article paru dans Bref n°127, 2022. 

­Réalisation et scénario : Sandrine Stoïanov et Jean-Charles Finck. Animation : Sandrine Stoïanov. Montage : Jean-Charles Finck. Musique originale : Pierre Caillet. Son : Xavier Thibault et Laure Arto. Interprétation : Sandrine Stoïanov, Jean-Charles Finck et Camille Condemi. Production : Caïmans Productions.