Extrait
Partager sur facebook Partager sur twitter

Hopptornet

Axel Danielson, Maximilien Van Aertryck

2016 - 16 minutes

Documentaire

Production : Kurzfilm agentur Hamburg e.V.

synopsis

Une situation qui illustre le dilemme. La peur de se jeter à l’eau, l’humiliation du renoncement. Comment sommes-nous lorsque nous hésitons ? Lorsque nous prenons une décision ? Que faisons-nous quand nous sommes seuls, et quand nous sommes avec les autres ?

Axel Danielson

Axel Danielson était pompier dans le sud de la Suède avant d’entrer, à 25 ans, dans la Filmhögskolan, une école de cinéma suédoise. Il a ensuite collaboré avec la société de production Plattform Produktion dont il est devenu actionnaire en 2012.  Depuis, il cumule les métiers de producteur, réalisateur et professeur (à l’Académie de Valand et à l’Université de Göteborg). En tant que réalisateur, il a sorti son premier documentaire Pangpangbröder  / Twin Brothers en 2011. Il travaille aussi étroitement avec Maximilien Van Aertryck. En 2016, ils ont coréalisé Hopptornet (sélectionné à la Berlinale, à la Biennale de Vienne, à Cannes, au Festival Sundance et lauréat des Prix du jury et du public à Clermont Ferrand) et Studio 5 / Because the World Never Stops sélectionné à Toronto. Pour d’autres films, ils fonctionnent en duo ; l’un produit, l’autre réalise. On doit à ce travail d’équipe Extra Material et Second Deputy Speaker de Maximilien Van Aertryck en 2015.

Maximilien Van Aertryck

Maximilien Van Aertryck est né à Paris, mais vit aujourd’hui à Göteborg (Suède) où il travaille pour la Plattform Produktion. Il a étudié le cinéma à l’Académie de Valand, puis il a sorti son premier film, Paesaggio e figure en 2011. La même année, il a réalisé Icebreakers, sélectionné au Festival Visions du réel, en Suisse. Il travaille aussi étroitement avec Axel Danielson. En 2016, ils ont coréalisé Hopptornet (sélectionné à la Berlinale, à la Biennale de Vienne, à Cannes, au Festival Sundance et lauréat des Prix du jury et du public à Clermont Ferrand) et Studio 5 / Because the World Never Stops sélectionné à Toronto. Pour d’autres films, ils fonctionnent en duo ; l’un produit, l’autre réalise. On doit à ce travail d’équipe Extra Material et Second Deputy Speaker de Maximilien Van Aertryck en 2015.

Critique

“Oh la la !”, s’exclame-t-on dès les premières secondes de ce vertigineux documentaire. Un plongeoir s’offre au regard, tout ce qu’il y a de plus basique, avec une échelle, des barrières sur lesquelles sont attachés des micros et une large bande bleue et verticale au sol : la haie d’honneur qui mène jusqu’à l’eau. Mais, à la mine des nageurs qui s’approchent du bord, on se doute qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. Le titre en anglais s’affiche et tout s’explique : 10 Meter Tower. Le dispositif imaginé par Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck est très simple, mais efficace : il s’agit de filmer des gens en maillot de bain, face caméra, (plus ou moins) prêts à sauter de dix mètres de haut dans une piscine.

Seul ou à deux, chacun essaie de se convaincre de faire le grand saut. Un split-screen, au début, crée un effet miroir et place tous ces individus les uns en symétrie des autres, en une sorte de mosaïque. Ce système remet tout le monde à égalité et replace chacun à son état d’être humain. Le film rappelle que l’âge, le genre, le corps, la coupe de cheveux importent peu ; face à un dilemme ou une décision importante, nous sommes égaux. La peur, l’hésitation, la concentration nous habitent, même si ces sentiments se manifestent sous des grimaces différentes que l’on ne contrôle pas. Ce court métrage incarne le doute en nous présentant un panel de réactions et d’interactions. On peut montrer l’exemple, apaiser la peur, se sentir honteux, mais, quoiqu’il arrive, il faut aussi à la fois être courageux pour soi et être fier de soi. Parfois, le mieux à faire reste de ne pas réfléchir et de se jeter dans le vide.

Le vrai tour de force est de réussir à transmettre tous ces questionnements au spectateur qui regarde, impuissant et s’interrogeant sur sa propre capacité à sauter. Le bruit sourd, à la fois familier et angoissant, de la piscine installe un suspense qui saisit véritablement et participe à la sensation de vertige, accentuée par des ralentis et quelques plans latéraux où l’on constate la distance entre le plongeoir et le bassin. Mais comme l’odeur du chlore ne nous chatouille pas les narines, notre angoisse n’est pas si grande et le rire l’emporte. On peut en effet s’amuser des têtes des plongeurs et de leur surprise devant la hauteur. Les réalisateurs prennent la situation avec humour et concluent avec un saut majestueux sur la “Symphonie n°9” de Beethoven, tel un accomplissement final, la libération de la peur.

Anne-Capucine Blot

Réalisation : Maximilien Van Aertryck et Axel Danielson. Son : Gustaf Berger et Lars Wignell. Production : Kurzfilm agentur Hamburg e.V. (Suède).

À retrouver dans