Extrait
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Esperança

Jeanne Paturle, Cécile Rousset, Benjamin Serero

2019 - 5 minutes

France - Animation

Production : Beppie Films / Le cercle rouge

synopsis

Esperança, 15 ans, vient d’arriver d’Angola avec sa mère. À la gare d’Amiens, elles ne savent pas où dormir et cherchent quelqu’un qui pourrait les aider. Esperança nous raconte son histoire.

Jeanne Paturle

Jeanne Paturle et Cécile Rousset se sont rencontrées à l’ENSAD (l’école nationale supérieure des arts décoratifs de Paris), en 2003. Elles réalisaient alors l’une et l’autre leur film de fin d’études, sous la forme du documentaire animé : Les yeux fermés et Paul.

Plus tard, grâce à l'envie de faire des films ensemble elles réalisent Je suis une voix (2007) qui pose la question de la place de la politique dans nos vies.

Quand elles ne découpent pas des bouts de papier, Cécile Rousset enseigne les arts visuels dans des écoles primaires, et Jeanne Paturle travaille auprès de jeunes en tant qu’éducatrice spécialisée. Pendant 2 ans, elles travaillent dans la même école, celle d’un quartier difficile où elles partagent les interrogations et les difficultés de l’équipe de professeurs. C’est de la rencontre et de l’expérience partagée avec ces jeunes enseignants que naît l’envie du film Le C.O.D. et le coquelicot qu'elles réalisent en 2013. 

En 2015, Jeanne Paturle et Cécile Rousset enchaînent avec Et ta prostate, ça va ?. 

En 2019, elles signent avec Benjamin Serrero le court métrage Esperança

 

 

 

Cécile Rousset

Cécile Rousset et Jeanne Paturle se sont rencontrées à l’ENSAD (l’école nationale supérieure des arts décoratifs de Paris), en 2003. Elles réalisaient alors l’une et l’autre leur film de fin d’études, sous la forme du documentaire animé : Les yeux fermés et Paul.

Plus tard, grâce à l'envie de faire des films ensemble elles réalisent Je suis une voix (2007) qui pose la question de la place de la politique dans nos vies.

Quand elles ne découpent pas des bouts de papier, Cécile Rousset enseigne les arts visuels dans des écoles primaires, et Jeanne Paturle travaille auprès de jeunes en tant qu’éducatrice spécialisée. Pendant 2 ans, elles travaillent dans la même école, celle d’un quartier difficile où elles partagent les interrogations et les difficultés de l’équipe de professeurs. C’est de la rencontre et de l’expérience partagée avec ces jeunes enseignants que naît l’envie du film Le C.O.D. et le coquelicot qu'elles réalisent en 2013. 

En 2015, Jeanne Paturle et Cécile Rousset réalisent Et ta prostate, ça va ?

En 2019, elles réalisent avec Benjamin Serrero le court métrage Esperança

Benjamin Serero

Formé à La Fémis, Benjamin Serero a d’abord travaillé en tant qu’assistant sur des longs métrages notamment avec Mariana Otero et Nicolas Philibert. En 2003, il est lauréat de la bourse « Brouillon d’un rêve » pour son premier film La Retraite. En 2007, En France, son court métrage documentaire est sélectionné au festival Cinéma du Réel.

Benjamin Serero s'interroge sur le regard que peut porter un cinéaste sur des photographes et sur la photographie. Dans Face à Face, Benjamin Serero laisse le photographe Philippe Bazin commenter son propre travail. À l’écran nous voyons les photographies de l’artiste et en voix-off son commentaire.

À l’inverse, dans Le Regard du myope, le cinéaste a suivi l’artiste Christophe Bourguedieu dans un projet photographique en Finlande. Il le filme dans son travail, dans le choix de ses sujets et de ses cadres.

À travers ces deux films documentaires, Benjamin Serero propose plusieurs manières de filmer les photographes et de montrer leur travail.

En 2019, Benjamin Serero réalise avec Cécile Rousset et Jeanne Paturle le court métrage d'animation documentaire Esperança

Critique

Le genre du portrait est autant pictural que cinématographique et c’est à la croisée de ces deux arts que le format court a vu émerger ces dernières années de nombreuses mises en images animées de paroles documentaires, notamment au sein de la jeune création.

On peut citer la série de Portraits de voyage de Bastien Dubois ou deux beaux films d’école : Ginette, de Benoît Allard et Marine Laclotte, et Pieds verts, d’Elsa Duhamel. Esperança a en commun avec les deux derniers de donner à entendre une parole précieuse, recueillie sur le ton de la confidence, dont l’art de l’animation va également donner à voir les hésitations, les silences qui la ponctuent et même ce qu’elle ne dit pas. Dans les trois films, l’univers graphique est conçu au service des mots, avec pour Esperança un trait stylisé dans un univers en noir et blanc composé essentiellement de silhouettes et de certains objets signifiants, seulement rehaussé de quelques aplats de couleurs primaires.

Avec délicatesse et sobriété, le récit documentaire est complété ou illustré de manière littérale ou métaphorique : le temps qui passe est par exemple montré par une ombre qui se modifie au cours de la journée, l’angoisse dans les couloirs du collège par un escalier qui se déplie. Ce travail plastique permet de donner une grande fluidité au récit de vie chaotique racontée par la bien-nommée Esperança. La violence et l’exil qu’elle a vécus sont montrés de façon stylisée et, de la même façon que les traits se métamorphosent (par exemple ceux du numéro d’urgence “115” deviennent ceux du logo d’un hôtel, un lit sous un toit), ils se transforment en quelque chose d’autre, un récit de résistance et de résilience. Ainsi, à la fin du film, Esperança, qui attendait avec sa mère à la gare toute la journée, poinçonne son billet et prend l’un des trains qu’elle regardait passer.

Pour accompagner ce nouveau départ, cette remise en mouvement du personnage, deux très courtes séquences dansées ponctuent le film qui participent elles aussi à la fluidité de l’ensemble. Elles sont comme un intermède, une respiration – au sens propre et figuré – pour que le personnage reprenne son souffle dans un récit parfois éprouvant.

Le trio à la réalisation (dont Jeanne Paturle et Cécile Roussel, qui se sont rencontrées à l’École nationale des arts décoratifs de Paris et ont déjà réalisé ensemble plusieurs documentaires animés) parvient ainsi à mettre en images le récit, mais également la façon dont il émerge et sa fragilité.

Anne-Sophie Lepicard

­Réalisation : Cécile Rousset, Jeanne Paturle et Benjamin Serero. Scénario : Benjamin Serero et Cécile Rousset. Animation : Cécile Rousset, Jeanne Paturle et Marine Blin. Montage : Érika Haglund. Son : Benjamin Serero et Jérémie Halbert. Production : Beppie Films, Le cercle rouge.

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