Enterrement de vie de jeune fille
Yann Berlier, Lola Cambourieu
2021 - 30 minutes
France - Fiction
Production : Alta Rocca Films et Réalviscéralisme Films
synopsis
Maïa va bientôt se marier. C’est l’occasion de se retrouver entre amies, lors d’un week-end à la campagne. Mais la fête laisse place à la mélancolie : Maïa réalise tout ce qu’elle enterre avec sa vie de jeune fille.
biographie
Yann Berlier
Né en 1993 à Montpellier, Yann Berlier est diplômé d’un master de philosophie politique et éthique appliquée. Après avoir enseigné la philosophie, il quitte l’Éducation nationale pour se consacrer entièrement au cinéma.
Il travaille et réalise en binôme avec Lola Cambourieu. Ils ont signé ensemble le documentaire Panthère (2018), puis Automne malade (2019), qui ont été diffusés et primés dans de nombreux festivals. Leur troisième court métrage, La cousinade, a été achevé en 2020. Ces trois œuvres ont été autoproduites, les deux dernières au sein d'une structure baptisée “Réalviscéralisme”.
En 2021, le duo signe Enterrement de vie de jeune fille, cette fois sous l'étendard d'Alta Rocca Films. Leur film suivant, Les enfants perdus, qui associe Réalviscéralisme et L'Heure d'été, est montré au FIFIB, à Bordeaux, en 2023.
C'est le moment du passage au long métrage pour eux, à travers Mauvaise étoile, qui est présenté au sein de la programmation de l'ACID au Festival de Cannes 2026. Le film se déroule dans une banlieue pavillonnaire du sud de la France en pleine canicule.
Lola Cambourieu
Née à Albi en 1991, Lola Cambourieu a suivi des études d’art dramatique au Cours Florent ainsi qu’au Conservatoire de Seine-Saint-Denis. Après avoir joué et mis en scène pour le théâtre, elle se consacre progressivement à la réalisation pour le cinéma et s’intéresse à la porosité entre les formes documentaires et fictionnelles.
Elle travaille et réalise en binôme avec Yann Berlier. Ils ont signé ensemble le documentaire Panthère (2018), puis Automne malade (2019), qui ont été diffusés et primés dans de nombreux festivals. Leur troisième court métrage, La cousinade, a été achevé en 2020. Ces trois œuvres ont été autoproduites, les deux dernières au sein d'une structure baptisée “Réalviscéralisme”.
En 2021, le duo signe Enterrement de vie de jeune fille, cette fois sous l'étendard d'Alta Rocca Films. Leur film suivant, Les enfants perdus, qui associe Réalviscéralisme et L'Heure d'été, est montré au FIFIB, à Bordeaux, en 2023.
C'est le moment du passage au long métrage pour eux, à travers Mauvaise étoile, qui est présenté au sein de la programmation de l'ACID au Festival de Cannes 2026. Le film se déroule dans une banlieue pavillonnaire du sud de la France en pleine canicule.
Critique
Au sein de la très belle programmation proposée par l’ACID à Cannes en 2026, Mauvaise étoile, premier long métrage de Yann Berlier et Lola Cambourieu, invite à regarder dans le rétroviseur de la filmographie du duo. Producteurs, chefs opérateurs, monteurs, étalonneurs, cinéastes touche-à-tout, Berlier et Cambourieu ont déjà signé cinq courts métrages où se dessine un même geste de cinéma : une fiction poreuse au réel, attentive aux corps, aux silences, aux failles de l’intimité. Sur le même mode que Mauvaise étoile, qui aborde les violences conjugales à travers une mise en scène quasi documentaire, leurs courts exploraient déjà des histoires familiales ou amicales traversées par des traumas diffus, des rapports de domination, des tensions affectives contemporaines héritières d’un esprit post-MeToo. Il en va ainsi d’Enterrement de vie de jeune fille, sans doute l’un des plus beaux films du tandem. Réalisé en 2021, le court suit une bande d’amies réunies le temps d’un week-end en Bourgogne avant le mariage de l’une d’entre elles, Maïa. Le dispositif est connu, presque archétypal : cette parenthèse festive et codifiée, terrain propice aux débordements, aux aveux, aux règlements de compte et aux désirs flottants. Mais le film impressionne par sa manière de filmer en se faisant oublier. Les réalisateurs laissent circuler les présences, les gestes, les affects. Les jeunes femmes existent ensemble avant même d’exister comme personnages. Leur sensibilité à l’état brut déborde de chaque séquence : d’une discussion perchée dans les arbres jusqu’au moment où la future mariée refuse soudain de se plier au jeu absurde d’un questionnaire. Peu à peu, une mélancolie sourde envahit le film. Non pas une nostalgie fabriquée, mais quelque chose de plus trouble, de plus organique. À travers une série de portraits sensuels et profondément incarnés, Enterrement de vie de jeune fille devient moins le récit d’un enterrement de vie de célibataire qu’une traversée inquiète de la jeunesse elle-même. Il y a ce renard mort aperçu au détour d’un chemin, le chant du Roi des Aulnes dans une église, une déambulation dans la campagne : autant de signes, de seuils, de passages. Qu’enterre-t-on vraiment ? La fille, la jeunesse ou bien la vie elle-même ? Ce qui importe ici n’est pas tant la fable – notamment cette possible histoire d’amour entre deux jeunes femmes, comme le signe discret qu’une autre vie aurait pu être possible – que les espaces que le film ouvre sans jamais chercher à les refermer. Rarement un film aura saisi avec une telle justesse ce moment fragile où les êtres semblent encore en mouvement, impossibles à assigner, impossibles à enfermer dans une définition stable d’eux-mêmes. C’est peut-être là la plus grande beauté du cinéma de Berlier et Cambourieu : filmer la jeunesse sans jamais chercher à la capturer.
Donald James
Réalisation et scénario : Yann Berlier et Lola Cambourieu. Son : Hugo Rossi et Victor Praud. Montage : Yann Berlier, Lola Cambourieu et Xavier Sirven. Interprétation : Maïa Dennehy, Anaëlle Houdart, Clara Petazzoni et Manon Petitpretz. Production : Alta Rocca Films et Réalviscéralisme Films.


