Extrait

Écho

Yann Gozlan

2006 - 24 minutes

France - Fiction

Production : 2425 Films

synopsis

Carole, une jeune femme enceinte, souffre d’étranges troubles de l’audition, percevant par instants des bourdonnements entêtants. Son mari retenu sur un tournage, elle se retrouve seule dans son nouvel appartement. La nuit, elle entend d’étranges bruits inexpliqués qui vont d’abord l’intriguer puis très vite l’obséder. Sa vie bascule dans l’angoisse.

Yann Gozlan

Né en 1977 à Aubervilliers, Yann Gozlan suit des études d'économie à l'Université Paris IX-Dauphine. En 1999, il s’inscrit en section cinéma à l'Université Paris VIII-Saint-Denis. Après avoir tourné des films expérimentaux en vidéo et Super 8, son premier court métrage, Pellis (2003), dépeint l'univers de la dermatologie et des maladies psychosomatiques. Trois ans plus tard, il réalise Écho, avec Lubna Azabal dans le rôle d'une femme enceinte souffrant d'acouphènes et se sentant persécutée par les bruits inexpliqués dans son appartement où elle se trouve recluse. Le film reçoit alors le Grand prix du court métrage au Festival de Gérardmer.

Son premier long métrage, Captifs (2010), est un film d'épouvante sur fond de trafic d'organes. Le film obtient la même année les Prix de la meilleure actrice et du meilleur film au festival Screamfest de Los Angeles. Le réalisateur poursuit sa collaboration avec le scénariste Guillaume Lemans — débuté sur Captifs — pour écrire Un homme idéal. Ce thriller psychologique, avec Pierre Niney et Ana Girardot, sort en 2015.

Toujours accompagné de Guillaume Lemans, Yann Gozlan écrit le scénario de Burn Out librement inspiré d'un roman noir de Jérémie Guez : Balancé dans les cordes. Plongé dans l'univers du superbike et des courses de moto sur circuit, ce thriller d'action mettant en scène François Civil dans le rôle principal est distribué en janvier 2018.

Parallèlement à ses réalisations, Yann Gozlan a collaboré au scénario de La mécanique de l'ombre (2017) réalisé par Thomas Kruithof, avec François Cluzet. Il est aussi producteur associé avec Wassim Béji sur D'après une histoire vraie de Roman Polanski (2017), adapté d'un roman de Delphine de Vigan.

Dans les années 2020, le réalisateur se révèle particulièrement prolifique, enchaînant Boîte noire (2021), Visions (2023), Dalloway (2025) et Gourou, qui lui permet de retrouver Pierre Niney (2026).

 

Critique

Depuis Boîte noire (2021), Yann Gozlan semble avoir trouvé sa voie typée thriller paranoïaque. Une forme qu’il défend désormais à un rythme de soutenu, notamment depuis Dalloway (2025) et bientôt avec Gourou (en salles à partir du 28 janvier 2026). Gozlan a commencé sa carrière en signant deux films courts sous influence du cinéma de genre, du frisson et de l’angoisse plus méta que gore. 

En 2003, il signait le très cronenbergien Pellis, un film autour de la peau malade, de la peau écran, miroir et écrin. Si, avec ce premier film il abordait la question de la transmission-contamination visuelle, il s’attaquait en 2006, avec Écho, à l’autre versant du cinéma, sa matière invisible : le champ sonore. 

Écho est un film à la croisée d’un septième art angoissant et paranoïaque qui ferait résonner au même endroit le Barton Fink de Joel et Ethan Coen, le triptyque parisien de Roman Polanski ou encore Vertigo. Une jeune femme enceinte, Carole (Lubna Azabal), souffre de troubles de l’audition. Elle perçoit d’étranges bourdonnements. Lorsque son mari, ingénieur du son, part sur un tournage, elle se retrouve seule dans son nouvel appartement et ses crises s’amplifient. La nuit, elle entend d’étranges bruits inexpliqués venu de l’appartement mitoyen inoccupé.

Évitant le scénario potache du “et tout cela n’était qu’un rêve”, Gozlan oriente son film autour de la question d’un corps invisible : le son au cinéma. Et la bonne idée tient à l’association du son à une forme, un relief, rond, répétitif, réflexif donnant lieu à la démultiplication ou faisant avec son motif obsessionnel giratoire du centre de l’écran une espèce d’orifice qui dévore/aspire tout. 

Le propre du film paranoïaque, comme une gravure de M. C. Escher, est de toujours proposer une sorte de renversement de perspective possible. Qui voit ? Qui entend ? L’opposition entre le vrai et le faux, le subjectif et le monde, s’organise dans un monde flottant à dominante bleue. Sommes-nous encore dans le ventre ou bien en sommes-nous sortis ?

Donald James

Réalisation : Yann Gozlan. Scénario : Emmanuel Gozlan, Yann Gozlan et Thomas Kruithof. Image : Vincent Mathias. Montage : Pauline Pallier. Son : Nicolas Bouvet et Mélissa Petitjean. Musique originale : Guillaume Feyler. Interprétation : Lubna Azabal, Mila Dekker, Samuel Jouy et Edith Scob. Production : 2425 Films.