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07/12/2017

Paul Paviot (1926-2017)

Paul Paviot, qui vient de disparaître, fut une figure importante du court métrage à la fin des années 1950.

La personnalité de Paul Paviot, disparu ce 23 novembre à l’âge de 91 ans est attachée au fameux Groupe des trente, ce collectif, à la fondation duquel il a participé fin 1953 et qui a œuvré, avec succès, à la défense et la diffusion du court métrage. Parmi les premiers signataires du manifeste qui a scellé la naissance du Groupe des trente, aux côtés de Paviot, on trouve des réalisateurs, des producteurs, des techniciens comme Alexandre Astruc, Yannick Bellon, Pierre Braunberger, Ghislain Cloquet, Georges Franju, Paul Grimault, Pierre Kast, Jean Lods, Fred Orain, Jean Painlevé, Alain Resnais, Georges Rouquier.

Dans un dossier consacré à ce groupe longtemps très actif (Bref, n° 20, printemps 1994), Paviot, qui en fut le président à partir de 1958, avait raconté à Luce Vigo les discussions d’alors : « Il y avait ceux qui pensaient que le court métrage était une fin en soi, d’autres une étape sur le chemin du long. Mais nous dépassions ces divergences pour agir et pour défendre d’une même voix le court métrage ».

Au moment de la création du Groupe des trente, Paviot avait déjà réalisé des courts métrages qui parodiaient des films de genre : Terreur en Oklahoma (1950), Chicago-Digest (1951), Torticola contre Frankensberg (1952), tous trois interprétés par Michel Piccoli. Il a aussi mis en scène, en 1954, le mime Marceau dans le documentaire Pantomimes et dans un essai de fiction stylisée, Un jardin public.

Il signe ensuite deux longs métrages Pantalaskas (1960) et Portrait robot (1962), avec Maurice Ronet, avant de poursuivre une prolifique carrière de réalisateur à la télévision.

Son fils, Charles, a raconté avoir accompagné son père, en avril 2009, chez Chris Marker, dont Paviot avait produit un des premiers films, Dimanche à Pékin (1956). Après de passionnants échanges entre les deux hommes, Marker a offert un livre à son vieil ami, dédicacé en ces termes : « Pour Paul, qui portera devant l’Histoire, l’écrasante responsabilité de m’avoir permis d’être cinéaste. » Le Groupe des trente était aussi une histoire d’amitiés.

Jacques Kermabon