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Festivals
21/05/2017

L’Adami joue la carte belge

Pour la 24e fois, l’opération Talents Cannes est menée à bien par l’Adami, à travers cinq films courts et autant de réalisateurs originaires de Wallonie.

En 2016, les réalisateurs sollicités venaient du cinéma d’animation, pour des résultats très contrastés comme c’est souvent le cas avec cet exercice, reconnaissons-le, et c’est cette fois Marie Gillain, Marie Kremer, Cécile Telerman, Stéphane de Groodt et Patrick Ridremont, tous belges donc, qui se sont attachés à mettre en boîte de courtes fictions destinées avant tout à valoriser leurs jeunes interprètes (qui ne le sont pas).

Une vingtaine d’entre eux sont ainsi mis à l’honneur, parfois entourés de comédiens plus chevronnés tels que Wim Willaert, Fabio Zenoni, Riton Liebman ou encore, dans une brève participation savoureuse, Virginie Efira. La station de Patrick Ridremont (photo de bandeau), qui accueille ce caméo, se distingue d’ailleurs assez nettement de la série, lorgnant vers un registre fantastico-potache décomplexé que l’on n’a guère l’habitude de voir dans un tel cadre.

Pour le reste, Marie Kremer, qui est avant tout une actrice qu’on apprécie souvent, a su tricoter une histoire intimiste touchante, quoique prévisible, à travers Le Pérou (photo ci-contre) et sa fratrie qui s'ignore, tandis que Marie Gillain a choisi de raconter avec Timing un épisode prenant place, non sans une certaine drôlerie épidsodique, dans les arcanes du milieu du cinéma, comme c’est le cas quasiment chaque année.

Le très estimé Stéphane de Groodt poursuit à travers Qui ne dit mot son goût pour le calembour et les conversations absurdes, mais sur un canevas scénaristique plutôt très convenu (en fait une cérémonie de mariage et son “oui” fatal attendu). Encore plus conventionnel apparaît le Chougmuud de Cécile Telerman, qui se voulait pourtant sans doute irrévérencieux sur le motif du speed-dating, mais ne dépasse jamais les limite de la comédie romantique, ce qui n’est pas l’idéal pour l’expression des acteurs, puisque là demeure finalement l’essentiel de l’entreprise. De ce millésime se distinguent ainsi, subjectivement, les jeunes Joffrey Verbruggen, Oscar Copp, Margot Luciarte et Juliet Doucet.

Les cinq films des Talents Cannes 2017 seront présentés sur place une première fois, en salle Bazin, le lundi 22 mai à 15h, puis par l’Acid, en avant-programme de ses longs, et par la Semaine de la critique, en ouverture de chacune des cinq séances de reprise des films primés, le vendredi 26 à Miramar. La série sera aussi visible, tout naturellement, durant le festival Le court en dit long, au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris, au mois de juin.

Christophe Chauville

Plus d'infos sur les Talents Cannes 2017 sur le site de l'Adami.
Photos : © Thomas Bartel/Fulldawa Films.