Finnegan’s Way
En tête d’affiche et très à son avantage dans "Marvin ou la belle éducation”, d’Anne Fontaine, Finnegan Oldfield est l’un de ces jeunes comédiens qui ont réellement été découvert dans le court.
C'est en effet dans Ce n'est pas un film de cow-boys, de Benjamin Parent, en 2012, qu'on avait remarqué l'acteur franco-britannique, né en 1991 dans le Sussex, en lycéen bouleversé par sa découverte du film d'Ang Lee Le secret de Brokeback Mountain. Certes, il était alors déjà apparu dans quelques films comme, en second rôle, dans le Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu (notamment). Mais le court métrage de Benjamin Parent, “finaliste” aux César, impose sa grande silhouette et ses mèches courtes et rousses. Il lui vaut d'ailleurs le Prix ADAMI d'interprétation masculine au festival de Clermont-Ferrand 2013.
Ensuite, on voit Finnegan Oldfield, en 2013-2014, dans Trucs de gosse d'Émilie Noblet, Panda d'Anthony Lapia (avec une autre débutante prometteuse, Solène Rigot), Le quepa sur le vilni ! de Yann Le Quellec (avec son casting plutôt coloré et ses jeunes cyclistes lancés en rase campagne) ou encore Désolée pour hier soir d'Hortense Gélinet, des films courts largement diffusés.
En parallèle, il est cité comme meilleur espoir masculin aux César pour Les cowboys de Thomas Bidegain, apparaît dans Nocturama de Bertrand Bonello, Bang Gang (Une histoire d'amour moderne) d'Eva Husson et Réparer les vivants de Katell Quillévéré, par conséquent à l'intérieur d'une frange auteuriste estimée du jeune cinéma français. Travailler avec Anne Fontaine constitue un autre pari, dans un registre différent de ceux qu'il a abordés jusqu'alors, à travers l'histoire de Marvin Bijou, le héros du film, qui s'inspire librement de la trajectoire d'Eddy Bellegueule, relatée dans le livre autobiographique d'Édouard Louis. Oldfield s'en tire avec brio, semblant même prendre plus d'assise, à vingt-six ans, dans un style bien personnel, avec un certain flegme sans doute révélateur de son ascendance, du moins pour moitié...
Son patronyme correspondait pour une autre génération à celui d'un fameux musicien folk irlandais (Mike, l'auteur de Moonlight Shadow, pour mémoire), nul doute qu'il sera désormais d'abord associé au parcours du jeune Finnegan...
Christophe Chauville


