Web et TV 29/04/2026

Des films étudiants écolos sur France TV

Le dimanche 3 mai, quatre courts métrages réalisés au sein du Master “scénario, réalisation, production” de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne seront diffusés dans le cadre de l’émission Histoires courtes de France 2. La thématique commune est cette année : “L’écologie, un sport de combat ?”.

D’abord et avant tout, il convient de rappeler que ce Master proposé à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et qui fête cette année ses 20 ans est assez unique en son genre, permettant à des étudiant(e)s de réaliser leur film dans des conditions professionnelles. Citons, parmi celles et ceux qui y sont passés plus ou moins récemment, Róisín Burns, Louise Hémon,Julien Menanteau, Ambroise Rateau ou encore Simon Rieth.

La formation est accompagnée par la scénariste Claire Vassé, ancienne collaboratrice de la revue Bref, et par le spécialiste de la musique de film Benoît Basirico, tandis que deux enseignants suivent de A à Z la création des films de leurs étudiant(e)s : le cinéaste Frédéric Sojcher et la productrice Gaëlle Bayssière, de la société Everybody On Deck. Cette dernière a donc permis d’être menés à bien les quatre courts métrages présentés à Histoires courtes le 3 mai, réunis sous une même direction thématique.

Le plus long (qui dure 18 minutes), À corps perdu (photo de bandeau), est signé Héloïse Rospape. Le titre joue sur ce qui arrive à sa jeune héroïne, Agathe, qui a été victime d’une grave chute lors de l’assaut donné par les forces de l’ordre sur la ZAD où elle militait et qui voit sa carrière de danseuse compromise par sa blessure. Elle tente de reprendre le fil de son destin auprès de sa prof, une octogénaire d’origine russe toujours coquette et bon pied bon œil, jouée par Macha Méril. On se réjouit de retrouver cette dernière dans une œuvre étudiante qui offre ainsi un double portrait de femme(s), sur fond de résilience – individuelle et, symboliquement, collective.

Le collectif est aussi au cœur de Surtouristes de Léon Lassaly et Balthazar Benaïnous (photo ci-dessus), qui lance un groupe d’activistes du climat sur la Butte Montmartre, surpeuplée en plein été, afin de sensibiliser les consciences. On se délecte du parti pris de mêler les vrai(e)s touristes de ce coin célèbre dans le monde entier, pour un faux documentaire où les sujets filmés peuvent être malmenés, se voyant placés face à la réalité de leur voyage aérien jusqu’à la capitale française. Ça bouge, ça court, ça crie et ça interpelle !

Rouge tomate, de Maxie Rémy (photo ci-dessus), s’empare de son côté, en huit minutes seulement, du motif de l’attentat à la sauce pratiqué dans les musées à l’endroit d’œuvres d’art aspergés en guise de tirage de sonnette d’alarme. Avec un procès au bout pour l’activiste en question, la jeune Cassy, et un doute sur la compréhension de son geste par l’opinion – donc de son utilité ?

Enfin, Quand la violence de Félix Ferreira (photo ci-dessus) interroge l’éventualité d’action incluse dans son titre, pour les groupes militants, avec une tension qui monte au fur et à mesure des dix minutes de récit, angoissante alors que l’une des membres de la communauté rurale, Léa, revient à la maison avec des marques alors qu’elle s’opposait une fois de plus à un agriculteur des environs utilisant des produits polluants.

Un film de cinéma, à l’instar des trois autres, ce qui constitue l’ADN de cette formation universitaire dont les vingt ans d’existence seront fêtés de diverses façons, en plus de ce numéro spécial d’Histoires courtes (qui sera prolongé en ligne sur france.tv).

Christophe Chauville

À voir aussi :

- Un film sur l’engagement ou le non-engagement : Nuit debout de Jean-Charles Paugam, actuellement disponible sur Brefcinema.

À lire aussi :

- Tous les courts français de Cannes 2026.