Une programmation insolite à Cannes Classics
Section faisant partie de la Sélection officielle, Cannes Classics présente traditionnellement des films de patrimoine en version restaurée et des documentaires relatifs à l’histoire du cinéma. Mais cette année, il y aura aussi des œuvres contemporaines au menu, dont trois courts métrages.
Ce n’est pas la sélection la plus courue sur la Croisette et c’est souvent un tort ! Cannes Classics innove, en 2026, en proposant de découvrir deux productions fraîchement achevées, mais revenant sur des destins de femmes du XXe siècle. Une vie manifeste (photo ci-dessous), le dernier né de Jean-Gabriel Périot, tout d’abord, revient sur la trajectoire d’étoile filante de Michèle Firk (1937-1968), qui fut critique de cinéma (aux Lettres françaises et à Positif), mais aussi aspirante réalisatrice (passée par l’Idhec) et militante anticolonialiste. Envie de Tempête et les Films de Pierre en sont les deux sociétés coproductrices, aux côtés de l’INA et Arte France.

L’âge d’or (photo ci-dessous), premier long métrage de fiction de Bérenger Thouin, ancien étudiant de l’école Louis-Lumière, emprunte son titre à un classique de Buñuel pour relater l’itinéraire d’une femme traversant le siècle dernier, Jeanne Lavaur. La singularité du film semble résider dans son montage associant des séquences d’archives et d’autres qui sont interprétées par des comédien(ne)s, à savoir Souheila Yacoub, Vassili Schneider et Yile Yara Vianello (qui avait débuté enfant dans le Corpo celeste d’Alice Rohrwacher en 2011).
Rappelons que le réalisateur a signé plusieurs films courts, dont Guillaume le désespéré (2012), La course (2014) et La lettre de Carthagène (2018).

Ce millésime de Cannes Classics mettra aussi en lumière des courts métrages mythiques, le mot est faible, à travers le Pelechian Project, consistant à une restauration de cinq œuvres restaurées d’Artavazd Pelechian, en l’occurrence Le pays des hommes, Au début, Nous, Les habitants et Les saisons (photo ci-dessous), présentés par The Coproduction Office en partenariat avec la Cineteca di Bologna.
Les plus anciens lecteurs de Bref connaissent la beauté absolue de ces documentaires sur lesquels l’ancien rédacteur en chef de la revue, Jacques Kermabon, a beaucoup écrit et qu’on a hâte de revoir sur grand écran. Précisons aussi que le cinéaste sera présent sur place, ce qui est déjà un événement en soi.

C’en est un autre, et assez surprenant, de voir trois courts métrages contemporains projetés en séance spéciale… Il s’agit d’abord de Torino Shadow de Jia Zhang-Ke, grand habitué des sections cannoises et qui a tourné ce film dans le cadre d’une collaboration entre le Museo nazionale del cinema de Turin et le Jia Zhang-Ke Art Center (photo de bandeau).

Un film américain, Goodnight Lamby de Dustin Yellin, produit par Darren Aronofsky, et une coproduction franco-iranienne, Zamine Bazi (Playground dans son titre international, photo ci-dessus), l’accompagneront. Amir Hossein Shojaei en est le réalisateur et Saeed Roustaee (connu pour La loi de Téhéran, Leila et ses frères et Woman and Child) le producteur. Tout ce joli monde sera évidemment sur place.
À lire aussi :
- Tous les courts métrages français de Cannes 2026.
- Les saisons d’Artavazd Pelechian par Émile Breton.


