Extrait
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Un jour

Marie Paccou

1998 - 4 minutes

France - Animation

Production : ENSAD / 2001 Production

synopsis

Un jour, un homme est entré dans mon ventre. Aussi, ce fut un choc quand il partit.

Marie Paccou

Née en 1974 à Dakar de parents français, Marie Paccou a découvert l'animation à 15 ans grâce au Festival de Baillargues et à Pierre Azuélos.

Entrée aux Arts décoratifs à Paris, elle y réalise Un jour (1998), faisant partie de la première promo cinéma d'animation, avec Sébastien Laudenbach, Marie-Jo Long, Juliette Loubières, Geoffroy Barbet-Massin... Elle poursuit ensuite ses études au Royal College of Art de Londres, où elle réalise Quand tu dors (1998), puis Moi, l'autre (2000), en co-production avec la FilmAkademie de Bade-Wurttemberg. En 2000, Marie Paccou s'installe en Auvergne, où elle réalise un court métrage en peinture animée, Le jardin (2002), produit par les Films de l'Arlequin. Elle y anime de nombreux ateliers, ainsi que dans toute la France.

En 2009, Marie Paccou monte avec la Maison aux mille images la première édition des Journées du film bricolé, puis réalise un documentaire animé, Hubert, l'homme aux bonbons (2010), à nouveau produit par les Films de l'Arlequin. Parallèlement, elle œuvre à la création d'un DMA cinéma d'animation à Cournon d'Auvergne, où elle enseigne la discipline de septembre 2009 à juillet 2011. Elle a aussi enseigné à l'EMCA, l'Université Blaise-Pascal, l'ENS Lyon ou encore l'école d'art de Lleida.

Depuis, son travail se recentre sur des projets plus courts et expérimentaux comme Pas beau (2013). Elle continue les actions d'éducation à l'image au sein de la Maison aux mille images et crée des séries d'objets animés (livres flippés, “kitchenotropes”, “ombrellotropes”) qu'elle expose tant en France qu'à l'étranger.

Critique

Considéré comme un classique, ayant remporté le Prix européen du meilleur court métrage en 1998, Un jour marque  une belle introduction au travail de Marie Paccou. Par le biais d’une histoire vraisemblablement surréaliste, le film centre son récit sur une métaphore qui suscite de nombreuses lectures, tirant son origine d’une confusion de la cinéaste, dans son enfance, à propos d’une expression anglaise concernant le sexe. 

En moins de quatre minutes, Marie Paccou parvient, non sans un certain fatalisme, à illustrer le cycle d’une relation  amoureuse. Bien que d’apparence absurde, le film ne sombre jamais dans la farce, mais s’apparente davantage à une fable, dont la pertinence demeure encore intacte aujourd'hui.  

Il présente une femme qui se réveille un jour en découvrant un petit homme logé en travers de son ventre. C’est alors qu’avec une douce mélancolie, elle s'habitue à son visiteur, se contentant de sa présence. Sans un mot, et à l’aide de quelques ajustements, elle s’accoutume à partager son espace de vie. Ainsi attachée à son hôte, son quotidien s’organise dans une cohabitation paisible et même harmonieuse ; contrairement à sa voisine de palier, qui endure un compagnon plus turbulent.  Mais alors que la protagoniste commence à se sentir à l'aise avec la situation et même à s'estimer chanceuse, elle découvre que son hôte est parti, dévoilant par un grand trou rond le vide qui subsiste lorsqu'une relation se termine. 

Le film est animé en noir et blanc, sans nuances de gris, dans un style graphique semblable à une gravure sur bois. Ces traits contrastés dans le dessin induisent un ton plus acerbe, omniprésent dans le récit, mené par la profonde lassitude qui surplombe les personnages. 

Une certaine résignation se loge dans le film  : un homme vient, reste, puis s'en va. D’autres suivront, mais ils se trouveront être “soit trop gros, soit trop minces, soit trop grands, soit trop petits”. Nous nous réveillons un jour et, de façon inattendue, quelqu'un s’installe dans notre vie. Nous changeons pour l'accueillir et puis, lorsqu’il part, nous restons avec un vide, nous demandant ce que nous faisions la veille de son arrivée.

Léa Drevon 

Réalisation, scénario, image, animation et montage : Marie Paccou. Animation : Marie Paccou et Alexis Appert. Son : Fabrice Gérardi, Éric Grattepain et Emmanuel Croset. Musique originale : Matthieu Aschehoug. Voix : Christine Gagneux. Production : ENSAD et 2001 Production.

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