Extrait
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Le rêve indien

Assia Bellaâquouall

2013 - 15 minutes

France - Fiction

Production : Association 1000 visages Production

synopsis

Inaya, passionnée de danse indienne, danse tous les jours dans sa chambre et s’entraîne durement afin d’obtenir un bon niveau. Malgré les moqueries de ses proches et son manque de moyens financiers, l’adolescente désire prendre de vrais cours. Pour rassembler la somme nécessaire, elle va mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition.

Assia Bellaâquouall

Assia Bellaâquouall réalise son premier court métrage avec l’association 1000 visages, fondée en 2006 par la réalisatrice, future césarisée, Houda Benyamina (Divines). Elle a pour but de favoriser l'insertion de jeunes des quartiers prioritaires, des banlieues et des zones rurales dans le milieu du cinéma.

C’est dans le cadre du dispositif Cinétalents que Assia Bellaâquouall a réalisé Le rêve indien en 2013.

Critique

Porté par l’association 1000 Visages, c’est dans le cadre du dispositif Cinétalents qu’a vu le jour Le rêve indien. Cette immersion dans la fabrication intensive d’un court métrage s’inscrit dans une démarche de transmission et de création collaborative avec l’idée que, tout le monde, un jour, peut devenir réalisateur, même un “jeune de banlieue”. Sans artifices et loin de toute forme de manipulation, ces films se réapproprient l’image stéréotypée des quartiers populaires répandue dans les médias. Ici, la réalisatrice récupère et brasse tous les clichés qui traînent au pied des cités pour en faire quelque chose d’étonnamment frais et singulier.  

C’est dans l’intimité de sa chambre que la jeune Inaya consacre son temps à sa passion, la danse indienne. En s’inspirant de spectacles de Bollywood aux chorégraphies hautes en couleurs, l’adolescente s’entraîne sans relâche devant son écran en reproduisant les pas des danseuses. Au-delà de sa détermination à prendre de véritables cours de danse, c’est sa volonté de prouver au monde ce dont elle est capable qui est mise en scène. Le film capture ce moment où les adolescents se heurtent à la réalité du monde, parfois éloignée de celle qu’ils s’imaginaient jusqu’alors. Il met ainsi en exergue la confrontation du regard des autres et l’amour propre de chacun.  

Malgré les moqueries de ses proches et son manque de moyens financiers, c’est avec une “tchatche” et une rage de vivre chevillées au corps qu’elle exprime ce qu’il lui semble juste. La caméra saisit ce tourbillon d’émotions qui la traverse, passant à pleine vitesse du comique au tragique. La protagoniste s’affirme d’une façon aussi bouillonnante que balbutiante, dans un franc parler propre à sa détermination sans failles. Bien qu’en jouant les affranchies dans un milieu plus dur qu’elle, c’est à force de redoubler d’efforts et d’inventivité pour gagner en légitimité qu’elle répond au sentiment d’humiliation par une audace sans limites. Cette histoire suggère une autre issue au clivage de l’argent, une sortie de secours par l’art. Ce pourrait être naïf, mais ces scènes chorégraphiées, expriment avec force le désir d’atteindre ses idéaux. 

Bien que la structure du film présente quelques maladresses, on décèle une énergie sincère chez des acteurs encore amateurs. Ce court métrage fait partie des premières apparitions à l’écran d’Oulaya Amamra, bien avant qu’elle soit révélée par Divines, long métrage d’Houda Benyamina (la fondatrice de 1000 visages) récompensé à Cannes en 2016 et qui lui valut le César du meilleur espoir féminin. Le rêve indien s’adresse à tous ceux qui voient les choses différemment et qui défient les règles. Car ils changent les choses, inventent, imaginent, créent, inspirent. 

Léa Drevon 

­Réalisation : Assia Bellaâquouall. Scénario : Assia Bellaâquouall et Oulaya Amamra. Image : Brice Pancot. Montage : Oriane Loton et Flora Marchand. Son : Nassim El Mounabbih et Dinosaures. Interprétation : Oulaya Amamra, Dany Tshilombo, Gervais Dimwana, Brigt Bikindou, Fayçal bouyachou, Dominique Delorme, Malik Rumeau, Laurence Lebon et Assia Bellaâquouall. Production : Association 1000 visages Production.

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